ALEXIS CARREL / RÉFLEXIONS SUR LA CONDUITE DE LA VIE / EXTRAIT N° 10 : EUGÉNISME ET AMÉLIORATION DU MILIEU

Voici le dixième extrait d’Alexis Carrel que je vous propose. Attention, le seul titre peut en faire frémir certains : “Eugénisme et amélioration du milieu”. Il faut dire que les réflexes de type pavlovien ont été fortement amplifiés ces dernière années. Mais comme Geocortex.site est un espace de liberté et de réflexion, allons-y !

EXTRAIT N° 10 : EUGÉNISME ET AMÉLIORATION DU MILIEU

Peut-être l’ascension spontanée de la conscience dans la race, prendra-t-elle fin par notre faute.

Pour éviter ce malheur, quelle règle de conduite faut-il adopter ? Pour le moment, nous ne pouvons contribuer à notre progrès mental que par l’eugénisme et par l’amélioration du milieu. La connaissance et la pratique de l’eugénisme constituent une obligation stricte. L’eugénisme est une vertu indispensable au salut de la civilisation d’Occident.

Certes, il n’élève pas le niveau de l’esprit de l’élite, mais il augmente le nombre de ceux qui atteignent ce niveau. Nous avons le devoir de constituer, grâce à l’union d’individus ayant un bon pedigree, des familles de valeur organique et mentale croissante ; une sorte de noblesse biologique héréditaire: des souches d’êtres humains capables de bonheur, capables aussi d’entraîner les faibles et les déficients dans la voie qui nous est indiquée par la nature des choses.

Le rôle de l’État est d’aider de la façon la plus généreuse les individus et les groupes sociaux qui adoptent l’eugénisme comme règle de conduite. Car il n’y a pas de meilleur moyen de promouvoir la grandeur d’une nation que d’augmenter le nombre des citoyens supérieurement doués. La seconde manière d’aider à l’accroissement de la force mentale de nos descendants est de procurer à chacun des conditions de vie permettant le développement optimum de ses potentialités affectives et intellectuelles. Cette règle consiste d’abord à placer les enfants dans un milieu physique et chimique approprié, et à leur donner de bonnes habitudes physiologiques : et, en second lieu, à les entourer d’influences psychologiques capables de développer leur esprit dans la totalité de ses activités naturelles.

Le développement optimum de l’enfant demande une certaine stabilité de la vie. Il faut enraciner de nouveau la famille dans le sol où vivaient nos ancêtres.

Il faut aussi que chacun puisse avoir une maison, si petite soit-elle, et se constituer un jardin. Que celui qui a déjà une ferme, l’embellisse, l’orne de fleurs, empierre la route qui y conduit, détruise les ronces envahissant la haie, brise la roche qui gêne le passage de la charrue, plante les arbres dont l’ombrage séculaire abritera ses arrière-petits-enfants.

Il faut enfin conserver pieusement les œuvres d’art, les vieilles maisons, les châteaux, les cathédrales, où s’est exprimée l’âme de nos pères.

Nous devons, en outre, nous opposer à la profanation des rivières, des tranquilles collines, et des forêts qui ont été le berceau de nos ancêtres.

LES RÉFLEXIONS QUE JE VOUS PROPOSE

        D’ABORD, PARLONS AU CHIEN DE PAVLOV

J’ai posé en prologue que le titre de ce dixième extrait pouvait faire émerger des réflexes pavloviens qui ont été lourdement amplifiés ces dernières années. Dans certaines cervelles mal — ou “trop bien” — éduquées, l’image d’un personnage moustachu pourrait venir à l’esprit sans l’ombre d’un doute. Un personnage à l’esprit quelque peu troublé et aux actions “définitives”. Ah ! Ça y est ! Vous frémissez de tous vos poils (c’est de circonstance), les babines se retroussent, de fortes canines s’exhibent, un grondement s’échappe et un son encore inarticulé se fait entendre : Hitl…

Stop, Médor ! Couché ! Gentil… Ne gronde pas contre l’élève. Pas seulement ! Regarde plus haut, vers l’autre moustachu, son modèle : tonton Staline. Le brave petit père du peuple, qui n’hésita ni sur les balles perdues, ni sur les goulags, ni sur les famines organisées, ni sur la gestion” psychiatrique” des “schizophrènes débutants” qui osaient lire quelques poèmes,  passer en douce deux ou trois samizdats, avant de disparaître corps et biens entre caves de la Loubianka, taïga “accueillante” et autres îles Solovki… ou en enfer.

Car s’il faut hurler contre un pourvoyeur d’eugénisme, c’est bien contre celui-là. Lui et ses petits copains du communisme. Ceux qui l’ont précédé et ceux qui lui ont succédé. D’ailleurs, n’est-ce pas l’un des piliers de cette peste multicolore que de vouloir changer l’homme, celui qui ne vote pas comme il faut, celui qui n’écrit pas comme il faut, qui n’applaudit pas comme il faut, qui n’attend pas les lendemains qui chantent. Ah oui ! Bel eugénisme que celui-là et bel eugéniste que celui du coco, quel que soit son grade dans le parti… et même au-delà, car le communisme n’épuise pas la donne de la Gauche. Il n’en est qu’une version datée. Le wokisme et autres fadaises n’en sont que des resucées cancéreuses, des métastases cérébrales. La Gauche, toujours la Gauche, insoumise ou pas, qui n’apprend rien que les meilleures manières de décérébrer l’humain.

Alors il faut dire, répéter, remâcher, chanter, hurler, psalmodier, twister (référence au merveilleux chanteur que fut Jean Ferrat, mais aussi “merveilleux” compagnon de route) que l’eugénisme d’Alexis Carrel et celui de la SARI (Société à Responsabilité Illimitée) Staline et camarades, n’ont rien de commun. Au contraire, tout les oppose.

        CE POUR QUOI CARREL PLAIDE

Son interrogation, suit celle de Valéry (les civilisations mortelles) et la précise. Nous pourrions être les premiers responsables de notre perte de conscience de nous-mêmes. Nous pourrions devenir des décérébrés (ce qui ne serait peut-être que demi-mal) ou des fantômes d’une civilisation perdue.

Carrel n’était pas pessimiste. Il était lucide. Il avait compris ce qui se passait à l’est de la France, l’est proche et l’est lointain. Et peut-être n’avait-il pas besoin d’aller si loin. Il avait aussi l’exemple de la France : celle qui résistait à toute résistance, avant de “résister” au-delà de toute nécessité, la 24 heures finissant, et le jour de gloire des vieilles rancunes dardant ses premiers rayons.

Mais Carrel n’est ni homme de désespoir ni homme de vengeance. Il est “seulement” médecin et humain, ou plutôt humaniste. Et contre le sombre avenir qu’il pressent il propose le “progrès mental”. Encore une fracture profonde d’avec la Gauche et son progressisme technique forcené d’où doit accoucher l’homme nouveau.

Carrel n’a pas cette outrecuidance délirante. Il vise l’homme volontaire (“les individus et les groupes sociaux qui adoptent l’eugénisme comme règle de conduite”) dans un milieu favorable  : (“Le rôle de l’État est d’aider de la façon la plus généreuse”). Rien à voir avec les camps de redressement, sinon de concentration, ou avec les déclarations de guerre, si virales soient-elles, préconisées par McKinsey et compagnie aux oreilles macroniennes.

Et puis, en tant que médecin humaniste, Carrel ne se trompe pas. Il ne préconise pas un dopage dégradant, mais bien une force intellectuelle plus et mieux distribuée dans le pays. Aucun “transhumanisme”, aucune “puce neuronique”, aucune robotisation. Seulement l’adaptation de la vieille formule : “mens sana in corpore sano” (un esprit sain dans un corps sain).

Peut-être les Romains, à qui nous devons cette belle formule, se préoccupaient-ils surtout des adultes ? Carrel, lui, pense immédiatement aux enfants, à la stabilité de vie qui est leur second berceau, afin qu’ils s’insèrent au mieux dans la maison familiale, qu’ils s’élèvent au milieu des champs que cultivaient leurs ancêtres, qu’ils s’éduquent au son des cloches qui enchantaient leurs familles depuis des siècles. Et que, sans devenir des perroquets écologistes à cervelles rabougries, ils s’opposent “à la profanation des rivières, des collines, et des forêts qui ont été le berceau de nos ancêtres.”

Alors, si ce programme est repris, amplifié par le plus grand nombre de volontaires, sans que des maniaques des normes irresponsables ne les dégoûtent, alors, par l’exemple (qui est un ordre tacite) et la fraternité, ce bel eugénisme tranquille et humaniste, profitera au plus grand nombre.

Cela — Carrel ne le dit pas, mais je l’affirme — s’appelle la Droite, la vraie droite. Celle pour laquelle tous les hommes de bonne volonté devraient militer. Celle contre laquelle la Gauche bave et enrage.

Antoine Solmer

 

 

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