À LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ (1) : RETOUR SUR MAGES

A la recherche de la vérité ( I ) : Retour sur images

   Les fantasmes sur l’immigration sont anciens, et ceux qui les diffusent ont parfois recours à des chiffres fantaisistes ou à des comparaisons abusives, quand ils n’ont pas recours, comme dans les 4 élections de 2022, à une honteuse “mise sous le tapis”, comme sur la thèse du “grand remplacement”, couplée ou pas avec un “grand déclassement” que les Gilets jaunes des premiers jours ont rendu crédible. La question est : Grand remplacement et grand déclassement sont-ils des concepts “complotistes”… ou des hypothèses de travail ? Et… qui décide, en fin de compte ?

 Dans un “Billet” déjà ancien, nous écrivions le 14 juin 2019 : “Un calcul très simple montre que s’il y a en France dans les 6 ou 7 millions de musulmans (c’est un chiffre officiel, donc officiellement sous estimé, auquel on peut ajouter jusqu’à 25 % sans prendre de risques). Un taux de “mobilisation” de 1 % (ce qui est peu) permettrait de rameuter plus de 50 000 djihadistes potentiels. Or dans les 25 ou 30 semaines de désordres ‘’post-Gilets jaunes’’ nous ont appris que 80 000 policiers ne parvenaient pas à contrôler… 1500 ou 2000 casseurs d’extrême gauche… Autrement dit, la France est déjà au delà du stade de la très  grande vulnérabilité”. Or Emmanuel Macron, récemment, a officiellement reconnu que “dix millions de nos compatriotes sont musulmans” (NDLR : il a évidemment tiré de ce chiffre les seules conclusions qu’ils ne démontrent pas : qu’il en faudrait plus et que ceux qui sont là sont tous “des amis” !  Mais personne n’a relevé cette créativité et l’espèce de délicieuse pudeur de ceux qui ne veulent accepter la vérité à aucun prix !).

En des termes moins “strictement académiques”, mon ami Jean Marie le Pen écrivait en 2018 (in “Mémoires- T 1”) : “Cessons de faire les chochottes la bouche en cul-de-poule et ouvrons les yeux : le grand remplacement est un fait, que tous les démographes reconnaissent, mesurent, et que les courbes de naissance et de mortalité annonçaient depuis longtemps’’. Un peu avant, une ’‘Enquête sur le complotisme dans l’opinion publique française”, réalisée par la Fondation Jean-Jaurès et l’Observatoire du conspirationnisme (sic !) montrait que, si 53 % des personnes interrogées estiment que “les pays européens ont le devoir d’accueillir les personnes poussées à l’exil par la guerre et la misère, et [que] c’est aussi leur intérêt économique à long terme”… il y en a 48 % pour qui “l’immigration est un projet politique de remplacement d’une civilisation par une autre, organisé délibérément par nos élites politiques, intellectuelles et médiatiques et auquel il convient de mettre fin en renvoyant ces populations d’où elles viennent”. Ce n’est pas complètement contradictoire, mais c’est assez antinomique tout de même !

Je suis obligé d’aller chercher des références un peu “fanées” – en tout cas,  “pas les plus récentes disponibles”– pour deux raisons : d’abord parce que sous la pression du politique (qui poursuit des voies incompréhensibles), les mots ont totalement changé de sens et la crédibilité des chiffres officiels s’est envolée, avec raison, mais aussi parce que la querelle –déjà présente en Égypte ou à Athènes dans l’antiquité – sur le rôle des “non-nationaux” dans la “Cité’’ est devenue une arme de guerre entre les mains d’un Pouvoir qui l’a instrumentalisée jusqu’à rejeter dans la Géhenne toute personne qui ne partage pas ses visions de cauchemar… On ne peut plus  rien croire de ce qui est officiel et récent. C’est un comble !

Nos “meneurs d’opinion” cherchent à résumer la thèse du “Grand Remplacement” – expression formidable forgée par Renaud Camus dans son Abécédaire de l’In-nocence (qui remonte à 2010) – à une ‘’acception-rejet’’ décrite ouvertement comme conspirationniste, qui désigne clairement des responsables et condamne la solution envisagée pour l’endiguer, cette “remigration”; néologisme qui a entraîné, il y a peu, ictères et aigreurs d’estomac chez nos fausses grandes âmes… sans âme.

La phrase mille fois répétée puisque réputée imparable (sauf qu’elle est totalement fausse : elle  parle, pour l’évacuer, d’un autre sujet : la possibilité d’une cohabitation entre des chrétiens et des musulmans !) est bien connue : “Environ un Français sur quatre a au moins un parent ou un de ses grands-parents issu de l’immigration”… ce qui est arithmétiquement vrai (peut-être) mais sociologiquement faux (sûrement) : c’est employer le même terme pour désigner deux phénomènes différents à en être opposés ! Après tant de siècles où l’immigration en France et l’émigration hors de France étaient non-significatives, tendant vers zéro, le XXe et surtout le XXIe siècles ont changé le paradigme. Notre pays n’a cessé d’intégrer des gens venus d’horizons très différents et de cultures parfois éloignées mais reliées à son histoire, ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui. À un processus exclusivement intégrateur et intra-européen a succédé un processus mondial qui est au mieux agrégateur, et au pire (et de plus en plus fréquemment) prédateur….ou pire.

À l’opposé complet de leur concept impossible de “vivre ensemble” qui, en l’absence d’une acceptation par les néo-entrants d’une règle unique et intangible, réputé, en quelque sorte, “préexistante” à chaque nouvel arrivant qui devra s’y soumettre intégralement, l’intégration est un processus au long cours qui s’organise autour des valeurs de civisme, de civilité, de civilisation, d’urbanité, de respect de la parole et d’in-nocence – du latin “non nocere”, = ne pas causer de nuisance(s) – ou, si on préfère, d’une aspiration permanente à la réduction des nuisances. Une façon plus “ramassée” de dire tout cela serait : “le respect strict et non discutable des mœurs du pays d’accueil”. Tout ce processus, facile à caricaturer s’il n’est pas toujours facile à vivre et à réussir, ne s’est pas toujours déroulé sans difficultés : les miracles sont rares, en économie et en sociologie ! Au sentiment de rejet (réel ou ressenti, là est toute la difficulté) éprouvé par les uns, souvent soumis à des vexations ou des discriminations xénophobes, répond le très fort sentiment de dépossession de ceux qui ont l’impression de ne plus être chez eux… chez eux. 

C’est de ce malaise identitaire que vient la thèse contestable mais officielle de la non-existence ou de l’impossibilité de tout “grand remplacement”…. et plus encore une opposition par système de ceux qui supposent (sans pouvoir évidemment le justifier) que l’homme est intrinsèquement bon, n’a pas d’arrière pensée, ne convoite pas le bien (ou la femme) de l’autre, et est décidé à limiter son apport à son nouveau pays à … ce dont le dit pays a besoin, rien d’autre ! Foutaises, que toutes ces théories qui ne peuvent mener qu’à la mort. On chercherait d’ailleurs en vain un seul pays, un seul instant dans l’Histoire de l’Humanité, où quoi que ce soit de tel ou de proche ait fonctionné… ne serait-ce que quelques petites minutes !

H-Cl.

NB : Nous avons sagement spécifié : méfiance extrême avec tout ce qui est “politicaille”. Deux, trois mots, pourtant : l’abstention confirme l’indifférence hostile des Français à tout discours officiel. C’est  mérité… Ensuite, à l’heure où je poste ce “billet” il reste des grands vides… qui permettent de répondre à ceux qui m’ont reproché d’être pessimiste que “dans l’absolu, il ne peut y avoir de relatif”. Ici, la catastrophe est historique, tant les “Nupes’’ annoncent des catastrophes irrattrapables ! Nous n’avons donc pas fini “d’en baver” ! Et enfin… que c’est bon, de voir les Ferrand, Castaner ou Attal “jetés’’… et de penser à l’humiliation de Macron voyant qu’il a tout faux à peu près sur tout  !

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