LA VÉRITÉ SUR L’AFFAIRE MARION MARÉCHAL PAR DIANE OUVRY / 1

Après vérification, je vous transmets l’intégralité des dessous de ce qu’il faut bien appeler de façon atténuée, l’affaire Marion Maréchal. J’ai reçu le texte de Diane Ouvry, cheville ouvrière de Reconquête, figure moins connue du grand public que bien d’autres.

Lisez-le. Une page de l’histoire de France, une page de trahison dont le prix à payer sera considérable. Il faut maintenant ranger Marion Maréchal dans le lot des grandes traîtresses de l’histoire.

À moins que quelqu’un en fasse un film. Je propose un titre, en référence à Fritz Lang et Peter Lore : MM la maudite.

Bonne “mauvaise lecture” de ce premier épisode.

Antoine Solmer

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Nous étions entièrement pris par l’actualité politique et l’espoir qui se levait, mais maintenant que les élections sont passées, il est temps de répondre à vos demandes d’explication, avant de tourner la page. Nous vous prions de nous excuser pour la réserve que nous avons adoptée sur cet épisode qui vous a interpellé, désemparé, et sur lequel vous demandez maintenant, et avec raison, la vérité.

Oui, il faut faire ici le récit le plus fidèle possible d’une bien étrange trahison. C’est une histoire qui mêle la politique, la confiance, la déloyauté, l’opportunisme, le mépris, et, à la fin, la chute d’une femme qu’autrefois chacun s’accordait à trouver très prometteuse. C’est, pour Reconquête, l’histoire  d’une longue et douloureuse libération. C’est l’histoire de Marion Maréchal.

Depuis plus de deux ans déjà que j’ai le rôle exigeant de vous tenir au courant en temps réel des actualités de Reconquête et d’Éric Zemmour, je me suis toujours tenue à ma mission de vous livrer la vérité le plus fidèlement possible, de la manière la plus complète possible, et avec tout l’enthousiasme qui nous caractérise.

Toutefois, je dois vous dire qu’il s’agit d’un sujet sur lequel j’ai conservé la plus grande discrétion, le plus longtemps possible, non pas pour vous cacher la vérité, mais pour vous en parler à un moment qui ne nuirait ni à Reconquête, ni à nos idées. Ce sujet, c’est la façon dont Marion Maréchal s’est comportée depuis son arrivée chez Reconquête et la manière tonitruante dont elle nous a quittés. Ce n’est pas l’histoire d’une scission, mais d’une greffe qui n’a jamais pris. C’est une histoire triste et une affaire grave, et j’ai maintenant le devoir de vous en révéler tous les tenants et aboutissants, parce que la vérité vous est due sur ce sujet comme sur tous les autres. Nous sommes le parti du courage de la vérité. L’heure est venue d’avoir le courage de vous expliquer dans les détails pourquoi nous avons tous souffert ces derniers mois, dans nos sensibilités, dans la cohésion qui nous est si chère et finalement, inévitablement, dans les urnes.

Le récit des événements que je vais décrire pour vous est le fruit d’un long travail et d’entretiens avec des dizaines de personnes. Rien n’est imprécis, et encore moins romancé.

L’heure est également venue de vous annoncer une très bonne nouvelle : nous avons retrouvé depuis le départ de Marion Maréchal et de son équipe toute la cohérence politique et humaine qui a fait notre force depuis le début. Nous sommes prêts à nous développer ensemble, à conquérir de nouveaux publics, à accueillir des nouveaux profils, à entreprendre de nouveaux combats. Nous vous consulterons bientôt pour bâtir avec vous cette nouvelle étape de Reconquête.

Mais commençons par le commencement. Venons- en aux faits et à leur chronologie.

CHAPITRE 1 SOUS DE MAUVAIS AUSPICES

Dès 2022, avant même son ralliement annoncé sous le signe de ses « convictions », Marion Maréchal exige énormément de concessions de la part de la direction de Reconquête. Nous sommes en janvier et Marion Maréchal conditionne son ralliement à des circonscriptions pour les législatives, d’abord, comme si elle nous rejoignait sans nous rejoindre. Puis, étonnamment, elle refuse d’adhérer à Reconquête : nouvel indice d’un ralliement à reculons. Elle parle alors de créer son propre micro-parti, allié à Reconquête, et seulement pour le temps de la présidentielle. La chose paraît pour le moins étrange, voire inquiétante, à Éric Zemmour peu friand de ces petits calculs et ennemi des zigzags.

Le temps passe. La campagne avance. De plus en plus de Français s’intéressent à Éric Zemmour. Marion tarde à nous rejoindre. Soudain, à la fin du mois de février, elle fait marche arrière, abandonne ses exigences, et annonce remettre à plus tard les éventuelles négociations sur « ses » circonscriptions. Elle comprend peut-être qu’il vaut mieux profiter de la dynamique d’Éric Zemmour plutôt qu’apparaître trop tôt comme une politicienne intéressée.

Après des mois à tergiverser, elle rallie donc officiellement Éric Zemmour le 6 mars 2022, dans le cadre de l’élection présidentielle. Elle refuse dès le départ les conseils de l’équipe d’Éric Zemmour. A l’époque, je suis déjà responsable de la presse pour Reconquête, et je me souviens de notre étonnement quand Marion a refusé le JT de TF1 que nous lui offrions sur un plateau, pour préférer annoncer son arrivée lors d’un meeting. Nous avions trop peu de temps de parole pour espérer qu’il soit retransmis… Résultat ? Aucune chaîne de télévision ne diffusa son discours. Forcément, la portée médiatique ne 7 fut pas du tout la même.

Lors du meeting de Toulon organisé pour l’accueillir, elle insiste dans son discours pour dire qu’elle ne rallie pas Reconquête, mais seulement la candidature d’Éric Zemmour à l’élection présidentielle. Réécouter ce discours est très instructif, car Marion manifeste d’ores et déjà publiquement des divergences stratégiques. Mais à ce moment, dans l’équipe de campagne nous ne voulions pas y voir de mal. Nous pensions qu’il s’agissait là d’une simple volonté d’exister et de s’affirmer, sans grandes conséquences pour la suite. Tout le monde désirait surtout que Marion prenne toute sa place dans l’organisation et s’y sente bien.

Au lieu de prendre toute la mesure de la confiance qui lui est témoignée, et de s’efforcer d’entrer pleinement dans la dynamique générale de Reconquête, Marion Maréchal affiche alors de plus en plus de divergences, et de manière de moins en moins discrète, au long de la campagne présidentielle et des législatives. Le sentiment qu’elle n’est pas seulement avec nous, mais aussi parfois contre nous, naît chez certains. L’avenir va leur donner raison au-delà de tout ce qu’ils imaginent.

À l’issue des législatives de 2022, Marion Maréchal décide enfin de rejoindre Reconquête… mais elle conditionne encore son arrivée à la création d’un Bureau exécutif qui remplacerait les processus de décisions alors en place. Elle martèle que, Reconquête n’étant plus « une aventure personnelle », cet organe deviendrait nécessaire pour une « aventure collective ». Petit à petit, il va devenir clair qu’elle veut effacer le rôle central d’Éric Zemmour par le sien.

L’ennemie prioritaire – la cible vivante – est désignée : ce sera Sarah Knafo. Initiatrice de l’existence de Reconquête, elle est profondément attachée à ce parti et à ses particularités et les cadres de Reconquête sont profondément attachés à elle. Elle doit donc être neutralisée.

Il y avait pourtant déjà, bien sûr, des organes collectifs de décision, mis en place dès les premiers jours de préparation de la campagne présidentielle, début 2021. Et la prétendue « aventure personnelle » avait rassemblé 130 000 adhérents, un record ! Mais, à compter de cet instant, Marion Maréchal participera de moins en moins à l’aventure collective, rechignant à remplir les missions où elle devait se mettre au service des autres.

Souvenez-vous l’institut 2050, l’école de formation des cadres de Reconquête dont était personnellement chargée Marion Maréchal et qu’elle a lancé il y a un an, à la veille de l’été 2023. Elle ne s’y est jamais investie. Parce qu’elle a refusé d’y consacrer le temps et la concentration nécessaires, le projet n’a mené nulle part. Pas un seul cadre n’a été formé en un an. Seule action concrète : la location d’une salle, qui aura coûté le gaspillage de 10 000 €, faute d’organisation. Puis, plus rien, jamais. Un énorme gâchis, et pas uniquement financier, car de nombreux militants attendaient beaucoup de ce projet. Leur déception n’est pas chiffrable.

De la même manière, Marion était en charge de l’actualisation du programme de Reconquête. Elle n’a jamais fourni une seule ligne afin de le mettre à jour, et le programme final qu’elle devra fournir pour les Européennes contiendra du copié-collé du programme du RN de 2019… Elle se contentera d’inviter quelques fois à déjeuner les responsables des pôles thématiques du programme, qui se plaindront par la suite de n’avoir plus du tout été encadrés et de n’être appelés en catastrophe que pour les émissions de Marion. Le pôle programme, qui était riche de 400 contributeurs de très haut niveau pendant la campagne présidentielle se réduira à peau de chagrin sous l’ère Marion, et ce n’est qu’à son départ en juin 2024 que les bonnes volontés se manifesteront de nouveau. Mais nous y reviendrons.

Pour tout ce « travail » dont on cherche vainement les traces, elle exige d’être rémunérée par Reconquête via l’entreprise de l’un de ses proches, Thibaut Monnier, cofondateur de son école, qui s’accorde au passage une commission. Même chose pour la collaboratrice de Marion.

Vous l’avez compris : Marion promet, mais elle déçoit très vite ceux qui croient en elle. Et ce n’est qu’un début.

À suivre

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