QUELQUES LIGNES DE FORCE POST ÉLECTORALES

Pendant que les pantins s’agitent, que les marchands du temple élyséen et autres lieux mal famés jouent avec leurs dés pipés, je poursuis et persiste à me concentrer sur les lignes de force qui sous-tendent cet ensemble désaccordé, seulement réuni pour casser le peu qui surnage de l’ancienne gloire française.

Tout d’abord, une première remarque psycho-politique.

Un de mes amis avec qui nous avons plus que de multiples points communs me faisait part hier de ses vues sur cette dissolution.  Il pense que la dissolution macronienne (dommage qu’il ne se soit pas auto-dissous, ce “président à dix sous”) était préparée de longue date, car le résultat des européennes avait été largement anticipé par les sondages. De plus, comment imaginer que l’Élysée n’ait pas disposé de meilleurs sondages ou d’autres sources plus fiables. Macron avait donc tout son temps.

Ajoutons les avantages gouvernementaux : démontrer une fois de plus la nullité des oppositions (si tant est qu’elles s’opposent plus que verbalement). Enfin, en jouant sur un nouveau gouvernement hétéroclite, la macronie première version n’aura pas à affronter l’impossible exercice que représentera, dès la rentrée, la préparation de la loi de finances.

Macron a donc satisfait son ego surdimensionné, a prouvé l’efficacité de la magie opérante de ses mensonges et contre-pieds incessants, et a réussi à dissoudre un peu plus l’identité de la nation dont il veut la disparition. Attali peut être fier de sa créature, le mondialisme a remporté une victoire décisive. (Attali fut-il le nouvel Attila par procuration ? Et Macron son poulain sous les pattes de qui l’herbe ne repoussera pas ? )

Espérant ne pas avoir trahi sa pensée (les remarques entre parenthèses sont miennes) je rajoute un point. Même si Macron n’avait pas anticipé sa décision de longue date, son esprit pervers, lui, ne pouvait que sauter sur une telle occasion. D’autant plus que son viol de Constitution portant sur les délais d’organisation est passé comme une lettre à la poste. Ce qui m’amène à ajouter une réflexion sur la “valeur” négative de la “démocratie”… et des “veautants” qui la sanctuarisent.

LE VIEUX TACITE

Me voici obligé d’en appeler à un vieillard des lettres latines pour en revenir à l’actualité. Ce “vieillard” romain de quelque 2000 ans avait cru “historiquement normal” d’écrire : “Les Gaulois combattent pour la liberté, les Bataves pour la gloire, les Germains pour le butin”.

Cela sonne fort et clair. Cela donne aussi des leçons de géopolitique. Elles sont toujours actuelles pour les descendants de ces Germains, avec qui les journaleux veulent nous faire croire que nous sommes en “couple”. Elles le sont un peu moins pour les nouveaux Bataves. Quant aux Gaulois… qu’en penser ?  Peut-être faut-il continuer la lecture : “C’est à leurs yeux paresse et lâcheté que d’acquérir par la sueur ce qu’ils peuvent se procurer par les armes.” En quelque sorte, ils parodiaient la célèbre prophétie de Churchill, gauloisement traduite par : “du sang, pas de sueur et des armes”. Les temps ont bien changé.

LES GAULOIS COMBATTENT-ILS ENCORE ?

Certainement : les uns contre les autres. Ce fut leur péché mignon, comme pour tous les Celtes d’ailleurs. Leur différence, peut-être due à l’exiguïté relative du territoire, fut de se connaître mieux entre tribus proches… donc d’avoir tout le temps de faire mûrir leurs discordes, jusqu’au point de n’avoir ni langue totalement commune, ni religion commune.

On sait que César vint mettre de l’ordre romain dans le capharnaüm gaulois et ce qu’il en advint : un changement de civilisation et des Gallo-Romains.  La pax romana pouvait établir ses frontières par colonisations successives, jusqu’à la lutte finale, la prise de Rome, etc.

Heureusement, Clovis remit de l’ordre dans les désordres, et ajouta une religion sanctifiant une bataille, à moins que ne soit l’inverse. Chacun choisira son bon sens de la formule. Telle fut la recette miracle qui établit la France : un chef fort, prêt à casser la tête du premier imbécile venu chercher son vase à Soissons, une politique à longue vue comprenant l’alliance du sabre et du goupillon, et sachant manier l’un et l’autre aussi fortement que possible.

À CONTRE-TEMPS

Il semble bien que nous vivions depuis trop longtemps dans des temps “anti-clovisiens”. Le “trop fameux” plus jeune président était déjà un vieillard comparé à Clovis qui fut roi à 15 ans, et eut, par ses différentes femmes (selon la coutume de la polygamie germanique) le don de pratiquer des alliances autant charnelles que diplomatiques. Bref, il fit de son royaume en germe un condensé de pouvoirs à venir.

Une quelconque ressemblance avec l’Élyséen actuel et sa non-politique française” ? Aucune ! Que dalle !

À suivre

Antoine Solmer

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