LE SÉPARATISME EST TÊTU

JUMELISME ET SÉPARATAGE
JUMELISME ET SÉPARATAGE

Le séparatisme, parlons-en !

Désolé d’avoir l’humour le plus noir et le plus grinçant possible, mais trop c’est trop. À peine le président (avec dent ?) s’était-il lancé dans sa prédication contre le séparatisme que celui-ci orchestre son entrée en force. En effet quoi de plus séparatiste que la séparation d’une tête et du corps qui la soutenait jusque-là ? Ce pauvre Tchéchène ne faisait que son devoir. Le plus grand problème du monde est quand le plus haut devoir de l’un est la pire abomination de l’autre. Et, pour peu qu’on laisse suffisamment de champ libre pour que l’un et l’autre s’expriment, les curées peuvent commencer.

Les révolutionnaires ne s’y étaient pas trompés en guillotinant le roi Louis XVI. Fouché et tant d’autres s’en expliquent très bien. Risque du métier de roi diront certains. Risques de tous les dirigeants, faut-il répondre, quand les conditions s’y prêtent. Le petit père Staline est mort dans son lit et son élève prénommé Adolphe a fini dans un brasier après un suicide libérateur. Mais Mussolini et sa maîtresse Clara Petacci ont payé le prix fort, sans oublier le tsar Nicolas II, à qui de dévoués communistes ont fait la grâce de l’envoyer ad patres avec toute sa famille.

Bref tout cela procure le double avantage de permettre aux lâches de distribuer leur puanteur morale et aux foules de repartir d’un meilleur pied avec la satisfaction du devoir accompli. Au fond, toutes les civilisations se bâtissent ou se restaurent dans le sang. L’écume sanglante des grands jours. Il suffit de ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment.

Alors, ce pauvre professeur d’histoire qui n’en cherchait pas a trouvé l’Histoire, la grande, celle des pires guerres sur son chemin. Lui n’était pas un dirigeant. Lui, n’aurait jamais dû payer de sa mort – et quelle mort– cette pensée séparatiste mise en action, ce « passage à l’acte » selon le vocabulaire de la psychiatrie pour nous expliquer que dans bien des situations les mots ne suffisent pas.

Et lui, ce professeur, n’avait que des mots. J’imagine un brave homme. La preuve, il avait fait une leçon de morale « citoyenne », le droit à (suite bisounoursienne au choix), l’illustration (éduquons les braves têtes blondes… et même les moins blondes). Le problème du brave homme est de rencontrer un autre homme qui ne l’est pas moins, mais du côté diamétralement opposé. C’est dramatique. De notre point de vue, c’est atroce.

Mais il y a pire : quand aux multiples « passages aux actes » la réponse est une « fuite vers le mot » répétée, compulsive, incantatoire, nulle et archi nulle.

« Ils ne passeront pas ! ». Mais ils sont déjà passés, Monsieur le président. Coucou ! Réveillez-vous ! Cessez de vous shooter aux moquettes de l’Élysée ! En plus, le slogan est assez vieux et assez historiquement marqué. C’est le célèbre No pasarán des républicains espagnols. Il y avait mieux à trouver, mais encore fallait-il avoir quelques notions historiques. Si Manuel Valls avait été à vos côtés, il vous aurait donné un bon conseil.

Par ailleurs vous nous dites que nous sommes en guerre… mais contre un virus. Là vous n’avez pas eu peur de nommer l’ennemi : le Covid. Vous ne vous êtes pas camouflé derrière un « covidisme » de convenance. Cela aurait paru bête. Eh bien ! Il y a plus bête, plus inadapté.

Le séparatisme le plus grave c’est quand la tête de l’État français se sépare du corps de la Nation, quand elle n’est plus attachée que par de vieilles ficelles à des marionnettistes pervers.

Être, vivre et mourir en musulman

Les organisations musulmanes sont étrangement silencieuses, et c’est normal, compréhensible, humain. Il faut les comprendre. Je les comprends. Il y a plusieurs raisons à cela. Ils ont peur de subir le même sort, et en même temps ils méprisent les gens qui se gargarisent de formules sans « passer à l’acte ». Les plus sages d’entre eux – ils sont nombreux – savent bien que le Coran n’est pas facile à lire, qu’il mêle des conseils de sagesse à des invocations à la guerre religieuse. Bien des musulmans en sont conscients et font la part des choses. Mais quand nous agitons des mots et que nos actions ne sont que reculades et traîtrises, qu’avons-nous à reprocher à ces gens ? Pour moi, rien !

Quant aux musulmans qui vivent un Coran de guerre, ils en ont accepté les risques et en appellent à Allah. C’est leur grandeur. Atroce grandeur, mais la guerre en dentelles, c’est dépassé. On peut épiloguer sans fin sur leur prétendue lâcheté, mais la réalité s’impose. Qui, de notre côté, expose sa vie ainsi ? Les militaires, dira-ton, car c’est leur métier. La mission prime au péril de leur vie. Mais quand on se moque de leurs missions et de leurs vies en libérant ou acceptant la libération de tant de plus de djihadistes pour libérer une Mariam Pétronin, c’est tout le Sahel djihadiste qui s’en trouve réconforté. Ici, cela se transforme en double soumission : la nôtre, et celle des musulmans pacifiques qui ne souhaitent pas se trouver sur le chemin de leurs coreligionnaires plus vindicatifs. Qui leur lancera la première pierre ? Pas moi !

Quand la France (je ne parle même plus de ce président – sans dent) voudra s’occuper comme ils le méritent de ses ennemis de l’intérieur, quand elle ne s’en importera pas par bateaux entiers, quand elle fera le ménage dans les descendants et accompagnateurs des « porteurs de valises » de la guerre d’Algérie, quand elle acceptera de retrouver le chemin qui avait fait de cette bourgade nommée Lutèce la capitale d’un pays qui éclairait le monde, alors les musulmans l’aideront de toutes leurs forces, celle dont ils ont été dignes, avant d’être trahis.

Si ce virage n’est pas pris, que personne ne s’étonne de voir flotter le drapeau de la République islamique de France.

Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles… et probablement à l’agonie !