POURQUOI ET COMMENT LE MONDE EST-IL DEVENU FOU ?

Pourquoi et comment le monde est-il devenu fou ?

Devant le déroulement des faits, l’enroulement des jours et le comportement des gens, on a de plus en plus souvent l’impression qu’une menace silencieuse mais “à l’œuvre”, pèse sur le monde. Une impression de malaise plane sur notre civilisation… les informations sur “ce qui se passe” sont incroyables… on entend tout et n’importe quoi… on ne distingue plus le vrai du faux… et le réel nous apparaît parfois comme un engrenage infernal qui débouche, où qu’on aille, sur un nouveau Minotaure : le terrorisme de masse, allié à un antisémitisme de sinistre mémoire…

La question – qui était permise, jusque là – devient plus ou moins incontournable : Pourquoi est-il devenu, en si peu de temps, si difficile de vivre heureux l’un à côté de l’autre, comme on savait le faire il y a peu de temps encore ? Pourquoi les gens se comportent-ils tout d’un coup comme s’ils étaient devenus fous – mais furieux aussi ?“. Je lisais l’autre jour sous la plume d’Elyette Abécassis une explication possible : les théories identitaires telles que l’idéologie “woke” engendrent des clivages irrémédiables dans nos sociétés dont le rôle principal était jusque là de permettre de repousser au second plan nos pulsions mauvaises : chaque groupe – mais bientôt chaque individu, à n’en pas douter – qui croit se découvrir une identité quelconque se retrouve figé et radicalisé dans cette identité, comme “poussé” vers des tensions de plus en plus fortes dont la logique serait de se terminer en guerre de tous contre tous et de chacun contre tous les autres.

Autre moyen de poser la même question : “Combien de morts et d’agressions faudra-t-il pour que les éléments les plus rétrogrades de notre désastreuse “caste-au-pouvoir” (je veux évidemment parler des progressistes confits dans leur lecture périmée d’un monde qui a sombré corps et biens) accepte enfin de protéger les Français – en tout cas, de voir enfin le sort désastreux qui est le leur ?” Les récents soubresauts de la puérilité macronienne (Il a osé dire : “Je leur ai balancé ma grenade dégoupillée entre les jambes, et on va voir comment ils s’en sortent !”. À ses compatriotes… qu’il a pour seule mission de protéger ! ) semblent n’ouvrir que sur une aggravation illimitée de tous les problèmes réels… enjolivés, si l’on peut dire, par la connerie irresponsable des parties en présence dans l’arène… Et tant pis pour les Juifs… et les autres !

Dans un livre passionnant “sorti” en février dernier (La nouvelle Causalité diabolique – Ed. l’Observatoire), la philosophe Perrine Simon-Nahum écrit : “Les courants qui relèvent de l’identité affichent un agenda précis : se défaire des démocraties et faire disparaître l’ordre démocratique occidental, réputé raciste et patriarcal (ce qui serait mal !)… développer “l’éveil” (= woke) d’une impression d’appartenir à une population ostracisée (ce qui serait “le bien”!)… se regrouper face aux autres groupes et aux autres ethnies (ce qui serait une noble finalité !)... et promouvoir un prolétariat qui a changé de nature’’ (ce qui serait pour “eux” le nouveau but de l’action politique, via la haine !). (NDLR : expliquez-moi pourquoi je vois JL Mélenchon en embuscade derrière chacun de ces mots ?).

Dans ce cadre, le combat politique ayant été vidé de toute substance, on peut déverser à sa place un antisémitisme radical, promu et justifié par ou au nom de l’anti-racisme – ce qui est une insulte à l’intelligence… une de plus ! Dans cette vision absurde, Israël devient le symbole de la nation colonialiste et de l’Occident esclavagiste. Ce combat semble bien être la nouvelle forme du combat à mort contre l’Occident, la démocratie et l’homme blanc, “les seuls ennemis”… avec le Juif.

Cette “nouvelle causalité diabolique”… diabolise Israël – mais aussi tous les Juifs à cause de leur identité multiple et dite “sans essence” – selon le processus bien connu de la diabolisation par l’enseignement du mépris, mais dans sa version numérique. En effet, le “projet” juif va exactement à l’encontre du “projet” identitaire, puisque, pour le Juif, le “vivre ensemble n’est possible qu’à la seule condition de rester différent, car l’identité juive ne se conçoit en principe – que sans violence, à l’opposé du ’’récit identitaire : on est séparé “parce qu’ensemble”. En “poussant les Juifs à la faute” le 7 octobre dernier, notre époque de fous est arrivée à dénaturer des choses qui ont prouvé leur sagesse depuis 5 ou 6 millénaires !

Lorsque, cas assez rare parmi les “catho-cathos”, je suivais ses cours du Lundi sur “La Foi d’Isra’ël”, dans les années 90, mon ami le Grand Rabbin Sitruk (un homme remarquable en tous points) répétait que “le Judaïsme, malgré les apparences du “Casherhout”, n’est ni une identité, ni une religion, ni une politique, ni un Livre – comme le prétendent les Arabes, qui font la même erreur à propos de notre “nouveau Testament”– et encore moins une Loi. Il est avant tout une Parole, qui énonce presque exclusivement un “devoir-être”, et qui renvoie à un Projet d’Alliance’’.

Les Juifs sont donc si différents de tous leurs voisins musulmans – pour qui le Coran est exactement tout ce que la Torah refuse d’être – qu’ils sont ressentis, dans ce moyen-orient rarement sorti des modes de pensée du moyen-âge, comme le symbole à abattre. Quant aux théories dites “modernes” (en réalité : “progressistes”, avec tout ce que ce mot peut trimballer de conséquences mortifères), elles ne sont porteuses que de haine, de pulsions de mort, de discrimination, de racisme inversé qui refuse de se voir pour ce qu’il est et, dans le fond, de “fin de tout”.

On aurait pu s’arrêter là, mais c’eut été trop beau : la fameuse “folie sortie des asiles” dont nous parlons si souvent ici ne saurait s’arrêter en aussi bon chemin ! Tout semble se passer comme si, tout d’un coup, toutes les lignes rouges avaient été franchies et toutes les digues avaient sauté : une simple élection “pour autre chose” ébranle tout le système sur lequel était construit – ou plutôt, on le découvre aujourd’hui, “dé-construit” – notre pays. L’impression qu’ont beaucoup, c’est que nous avons largement “déconné” pendant des décennies, en regardant ailleurs, mais que les folies et les idioties propres à la “macronie” ont brutalement accéléré le moment où il nous faut “passer à la caisse” : on savait que ça viendrait, mais on espérait que ce serait “plus tard”.

L’ennui, c’est qu’une dissolution décidée sur un coup de tête, “parce que la nana qu’on n’aime pas à gagné contre vous, et à plates coutures, encore” – et qui n’est donc ni nécessaire, ni inévitable, ni logique, et surtout pas utile – ne peut mener qu’à des catastrophes en série. Passez en revue toutes les hypothèses qui peuvent en résulter : pas une seule n’est souhaitable… Le président nous a jetés dans un pari raté d’avance, un jeu “à qui perd, perd”, ouvrant ainsi la porte à toutes les folies et toutes les violences.

Au moment où j’écris ces mots, rares sont nos compatriotes qui ne tremblent pas devant la possibilité d’une guerre civile, déclarée ou larvée, voulue ou subie. Qui aurait dit ça… il y a seulement une semaine encore ? Si c’est ça, le résultat du “macronisme” que certains soutenaient (entre 17 et 19 %, en moyenne)… on aurait mieux fait d’en faire l’économie ! Réponse le 7 juillet.

H-Cl.

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Une réponse sur “POURQUOI ET COMMENT LE MONDE EST-IL DEVENU FOU ?”

  1. Israël est malheureusement aussi une métastase de ce monde moderne devenu fou, et n’est-ce pas là un symbole très parlant que les premiers massacres du 7 octobre se soient déroulés sur les lieux d’une gigantesque rave party forcément “extasy-ée” et cocaïnée, dans un chaos total où les tirs aveugles des hélicoptères de l’armée israélienne ont contribué aux lourd bilan à déplorer?

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