
J’avais écrit dernièrement quelques lignes recensant les principales approches du programme économique d’Éric Zemmour. Ce genre de résumé gagne en valeur si l’on en extrait la pensée qui l’anime, et même qu’il anime. Bien sûr, d’autres l’ont lu différemment. Par exemple le journal Les Échos dans un article de Cécile Cornudet, intitulé : « Le Pen-Zemmour : la fracture économique.* »
UNE PENSÉE
J’ai bien dit « la pensée qu’il anime », ce « il » étant Zemmour lui-même, profondément lui-même, l’homme et pas seulement le candidat. C’est ce que ne saisit pas la journaliste des Échos, dans son introduction, si conventionnelle : « Le Pen la sociale, « socialiste » reproche son adversaire. Zemmour le libéral, « ultra » ajoute sa rivale. Les deux ont montré samedi en meetings l’étendue de leur fracture économique. »
On dit « socialiste », on dit « libéral ultra » et la messe serait dite ! Je préfère m’arrêter là et changer de repère. Ces qualificatifs ne veulent rien dire s’ils ne sont accompagnés d’exemples et de longues explications sur lesquelles une vingtaine de spécialistes prouveraient la valeur de leurs opinions divergentes. Je refuse de me perdre dans ces querelles de clochers. Je préfère m’en tenir à la vie, la vraie vie.
Car l’économie fait partie intégrante de la vie, qu’elle soit menée par le dernier des vagabonds de la rue, à la recherche de la moindre pièce, ou par le plus haut nabab brassant des milliards. Entre les deux, il y a une classe qui ne souhaite rejoindre ni l’une ni l’autre de ces deux extrémités, et même qui les ignore. Et, en parasite, alors qu’il devrait n’être qu’une aide : l’État, le captateur par excellence.
Le problème fondamental d’un candidat humain, donc réaliste est de tenir compte des trois personnages précédemment cités et de celui qui les parasite.
LES FONDAMENTAUX : LE CATACLYSME ÉTATIQUE
Il faut revenir aux fondamentaux :
l’État n’est rien sans l’argent qu’il prélève des poches — d’un maximum de poches, de toutes les poches — de tous les travailleurs, et de toutes les entreprises.
L’État est un monstre froid qui pille « légalement » les entreprises et les travailleurs sur une base de moitié, et qui joue aux bienfaiteurs moralisants quand il leur rétrocède des rogatons en grandes pompes.
Et si l’État peut le faire, car il possède une force coercitive, il ne « sait » pas le faire, car le rendement de ces prélèvements est si bas, en terme d’action bénéfiques pour le public, que toute entreprise privée menée de cette façon ferait faillite. Et bien, c’est ce qui se passe actuellement.
Rajoutons que l’inflation des fonctionnaires au service de l’État fait de la majorité d’entre eux une « clientèle captive », les meilleurs d’entre eux étant parasités par les professionnels de l’irresponsabilité toxique, et de l’insuffisance professionnelle qui, dans un entreprise bien organisée, leur donnerait à un stage de la dernière chance, ou à une issue négociée.
Nous sommes arrivés à un point qui sera bientôt insupportable. Les raisons en sont au nombre de sept, au moins.
LES SEPT PLAIES PUBLIQUES
– L’importance et la multiplicité des taxes de toute nature qui pénalisent autant les travailleurs que les entreprises, tant dans l’importance numérique des prélèvements, que dans l’énergie gaspillée à les tenir à jour.
– La non-rentabilité des impôts et taxes due aux « pertes en lignes » de toute nature, même s’ils donnent naissance à des réalisations étatiques que toute autre forme d’entreprise bien menée aurait menées à bien à moindre coût, et plus vite.
– Le principe de redistribution qui allonge les circuits monétaires entre la poche du travailleur d’où il sort, et la poche où une maigre partie lui reviendra, après un circuit fantasmagorique, destiné à nourrir des bataillons de fonctionnaires.
– Ce principe de redistribution amène l’État à se mêler de ce qui ne le regarde pas. L’État veut confondre assurance et prévoyance, aide aux forces vives de la Nation, et contrôle mesquin et culpabilisant. Ne parlons même pas de la crise du Covid qui a vu s’agglomérer autour de l’État une belle compagnie de moissonneurs, donneurs de conseils en toute liberté.
– En outre, n’oublions pas les multiples lignes budgétaires tirées d’on ne sait quel chapeau, aides plus que litigieuses (entre autres les millions de subvention distribués à la grosse presse « mainstream », qui les rend à sa façon.
Sans compter les étranges « caisses noires » qui obligent à un mensonge permanent : puisque passifs et actifs doivent s’équilibrer, ce qui oblige à des ajouts « poétiques ». Il serait plus honnête et moins cher d’admettre leur existence globale, le détail ne nous intéressant pas.
Sans compter non plus les mesures budgétaires qui fleurissent dans les décrets DMOS, naviguant entre rattrapages rétroactifs et grignotages compulsifs, tout cela au nom de grands principes de moralité et de service public, qui ont bon dos.
FINALEMENT, CE QUI GUIDE LE PROGRAMME DE ZEMMOUR C’EST LA FAILLITE DE L’ÉTAT
Il n’est nulle question de libéralisme à degré variable, ni de socialisme plus ou moins accentué, mais de réparer les fractures économiques, structurelles, et « intéressées » qui caractérisent l’État français.
Il est question de frapper les gouffres où s’entasse trop d’argent, et surtout, trop d’argent inemployé, mal employé, et employé à des causes qui ne le regardent pas.
Nous payons tous ces inepties, cachées sous de grands mots, dont le fameux système de santé que le monde entier nous envie, mais qui plonge aussi profondément que l’éducation (à remplacer par une véritable instruction), etc.
Relisez bien le programme d’Éric Zemmour, ligne par ligne, à la lueur de mon article et non des grands mots ronflants.
Zemmour c’est la vraie « chasse au Gaspi » et le flot qui devra nettoyer les écuries d’Augias, si célèbres pour leur malpropreté majuscule.
Il y a du pain sur la planche. Tranchons !
Antoine Solmer.
*https://www.lesechos.fr/elections/presidentielle/le-pen-zemmour-la-fracture-economique-1384920

