RUNGIS, SES CHARMES, SES CHARS ET MACRON QUI CHARRIE

 

Rungis a pris la suite des halles de Paris. Le pavillon Baltard a pris la fuite vers Nogent-sur-Marne et dans le trou qu’il a bien fallu combler par un nouveau temple de chaud ping pour une société du nycthémère multi ethnique amère, Marco Ferreri avait tourné Touche pas à la femme blanche, ce qui, rétrospectivement devrait lui valoir les foudres certaines d’âmes à ozone à tendance crap à lutteuse.

Les halles, c’était le ventre de Paris, revu par Zola où le romantisme ne fleurissait pas, mais où les coups volaient bas entre les gras, style cochon, et les maigres, façon hareng saur. Bref, ça puait. Mais c’était aussi, le passage obligatoire vers les bouis-bouis où l’on se réchauffait au petit matin d’une soupe à l’oignon… y crouton aurait rajouté Astérix. Et c’était aussi la quasi-certitude de nuits agitées lorsqu’on prenait la garde à l’Hôtel-Dieu, quand il était encore un grand hôpital. J’ai connu, j’ai vu. C’était un autre monde.

Mais les halles, ses dames de petite vertu, ses forts et autres petits métiers dont les basculeurs – j’en ai reçu quelques-uns après une agitation ayant laissé des résidus bleuâtres – c’est parti à Rungis. Pour les dames, je ne sais pas.

Alors Rungis a repris le flambeau, sous sigle MIN (marché d’intérêt national), et occasionnellement morgue de passage en 2003 (la canicule) et en 2020 (le covid). Décidément, il y des endroits qui finissent toujours par ne pas sentir la rose… au sens propre ou figuré.

Et ça ne risque pas de changer. Voici que des visi-tracteurs y sont attendus, et que des blindés, sont prévus sur place. Et pourquoi pas des chars de combat ? Probablement pour faire des concours de gros moulins. Je ne vois pas d’autre raison. Des chars… ni de fleurs, ni de marchandes des quatre saisons, mais du blindé façon boîte de conserve à roulettes, marque Carnaval-à-Macron. Peut-être viendra-t-il y faire un tour, costumé en tant que kyste de service. Après la boxe contre Tyson – non, ça, il n’osera pas – il voudra peut-être s’imposer comme chef de véhicule blindé, appuyer sur les petits boutons qui font bouger le canon, et même envoyer un joli petit obus contre un méchant visi-tracteur. Un rêve. Voilà qui donnerait une jolie photo. Un peu plus amusant que de recevoir les Bleus qui sont si beaux, après Rihanna et ASAP Rocky. Mais avec eux, c’est du sérieux, de l’urgent, la vraie place d’un grand chef à la posture inébranlable. Les autres, les bouseux, les péquenots, les pue-la-gadoue qui viennent se plaindre pour des clopinettes, qui croient qu’on les attend encore pour bouffer, alors qu’il est si simple d’importer de l’autre bout de la Terre. Non, mais !

On peut en rire. On devrait en pleurer. La France se ratatine, part en ce que vous voulez, et les fausses solutions vont pleuvoir. On va transférer des budgets, d’un bureau à l’autre, d’un ministère à un ou deux autres, d’une commission à une banque, qui repartiront un peu partout et l’on finira par oublier, après tous ces transferts, de quelles poches, ils venaient. Des nôtres. Pour le reste, Macron finira pas s’acheter la panoplie du petit jardinier. Et l’on aura descendu une marche de plus.

Sauf si… Il arrive que la pétoche fasse des miracles plutôt que des éclaboussures.

Courage et soutien aux paysans !

Antoine Solmer

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