VŒUX 2024

On a beau essayer d’y échapper, il en arrive toujours. Début d’année, les vœux pleuvent comme veaux qui pissent. C’est un peu plus agréable, bien entendu. Mais tout de même, si l’on veut bien considérer que chaque jour de l’année reprend avec un an de plus celui qui l’avait précédé de 365 jours (ou 366 pour les puristes de la bissextilité), alors nous devrions nous balancer du vœu à tire-larigot chaque fois que le soleil se lève. Comme ce serait lassant, je me contenterai de vous considérer comme 365 fois récipiendaire de ce message par lequel je vous souhaite bien des bonnes choses pour 2024.

Par exemple, que le président Mélenchon, lassé de la France Insoumise, avoue préférer la mise de la France à un sou, ou même l’errance de la mise sous fric. Voilà qui serait clair, et assez précis. Peut-être préféreriez-vous que Marine le Pen, à coups de tiramisu, attire les souris comme Mitsou amusées à voter pour ses Jerry-matous à demi-saouls. À la mi-août ce serait plus romantique. Mais si vous souhaitez changer de calendrier, je ne vous proposerai pas le révolutionnaire équinoxial, plutôt le wokilendrier répétitif qui commence un wokun, se poursuit un wokedeux, se prolonge par le marchepasdanscewokiportebonheur. Évidemment, au bout de trois wokejours à rester éveillé, on tombe de sommeil. Pas terrible pour la santé. J’oubliais, le vœu du macronistan : que le président renaisse au bon sens, bambin renaissant pris en main par ces vieilles fées qui briguent et qui gîtent et s’abritent dans les lycées. Ça doit encore se trouver. Mais ne rêvons pas trop cependant.

Pour les vœux délirants, on en trouve chaque jour à foison. Par exemple que les kyrielles de tribunistes exacerbés s’étranglent entre deux vociférations pour ou contre un certain un vieux train essoufflé en gare de Lyon-Part-Dieu. Ils ont dû se chauffer les oreilles à coups de jaja, ou d’autres tourne-cervelles, ces enfumés. N’ont vraiment rien d’autre à faire. Ça tribunise, ça contretribunise, ça revient, si j’aurai su j’aurai pas signu, je reprends ma signure, je la biffe, je la contre-griffonne. Au moins le début, na ! Qu’on me reconnaisse un peu. Ma griffe, j’y tiens. Mais pas sur tous les torchifs. Mais si j’aurai pas signu, j’aurai pas été bien vu. Duraille, la vie d’artiste en foirail. Faut meugler avec les loups, tribuner avec les tribuneux, les bons, les estampillés pur jus pure gauche. J’veux qu’on m’ressorte du frigo. Qu’on m’entende grognasser un poil, ouk’ je signe ? Ouk’ j’y fais une croix, de bois, pas de fer, pus jamais ça ! Honte à vous, zeur somb’, zeur’ les pu somb’, wagons plombés, les méchants, pas çui à Lénine, pas d’erreur. Révolution ! Moi ! Moi ! Le devant de la scène. Z’avez-vu comme j’sui.e bon-bonne ! Comme j’suie-cochon – ça c’est d’la criture enclusive – qui s’en dédit de ses dis doigts ! Et ça va continuer jusqu’à un nouveau truc. Triste dégueulis ! Lamentables pignoufs confits dans leur graisse gauche sous poil de chameau. Tiens ! Une vieille expression. Autant la remettre au goût du jour, malgré le réchauffe-ment clima-trique. Et puis zut ! Qu’ils aillent se faire lanlère… !

Enfin, on a le droit de rêver, peut-être. Un stage à Biribi ? Un autre au goulag ? Une apothéose dans les laogaï ! Et un dernier spectacle sur la banquise, à poil avec les ours blancs comme spectateurs. Puisque c’est réchauffé, on vous l’dit. Faut pas s’priver !

Enfin, moi, c’que j’en dis, c’est des vœux ajustés, calibrés, mitonnés, minimum pour avoir un peu la paix à la maison, qu’on soye pas envahis par les vociférations de ces cochons de tribunisateurs épileptiques. Du repos, du calme. Du vrai. Pas la peine de bonheur et autres fadaises qu’on court après tellement fort qu’on s’étrang’, qu’on s’étouf’ et que le palpitant y s’tape ses derniers coups d’breloque.

Des vœux quoi ! Que chacun y peut comprend’ !

Antoine Solmer

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