
LA PANCARTE DIABOLIQUE
Donc, la France est secouée par une pancarte. Catastrophe, elle est antisémite ! C’est ce qu’a dit M. Darmanin, en qui tous les Français ont une confiance absolue. Cela a été répété en boucle par des gens d’extrême importance, puisqu’ils le disent. Quant aux journaux – les bons, les vrais, les fidèles, les merveilleux, les… la cour est pleine – ils s’en pourlèchent les babines, si tant est qu’un canard en soit pourvu. Tournez, rotatives ! Twittez, perroquets !
L’ennui de ne pas être antisémite et de rester lucide, c’est mon cas, c’est de se retrouver entre enclume cacher et sémitisme de combat… et de continuer à penser. C’est grave ! Si je savais jouer de la trompette, je tournerais sept fois autour de l’Élysée-Jéricho. Il faut que je me mette à la musique, c’est plus sérieux.
En attendant, retour à la pancarte. Car, enfin, que dit cette pancarte qui ne brille pas par son bon goût ? Elle dit… pratiquement rien, si l’on veut bien la lire. Un mauvais dessin d’un diablotin de pacotille, une interrogation qui irait à bien des repus du système, toutes religions ou non-religions confondues. Quelques noms de personnes juives ou non-juives. Et, abomination de la désolation, l’interrogation « Mais qui ? » portant vers le qualificatif « traîtres ».
Et c’est tout !
QUI FAIT QUOI ?
Moi qui écris et pense depuis des années – je ne sais plus combien – que la question fondamentale du monde se condense en « Qui fait quoi ? ». Comment me raser demain ? Devant quelle glace ? Miroir, miroir magique, dis-moi si je suis le plus horrible !
Qui fait quoi ? Question de philosophe pistant les idées maîtresses de son monde, à défaut de celui des autres. Question de chasseurs cherchant à se placer au mieux sur la piste du gibier. Question de naïf ému de l’éparpillement de ses impôts en chasse au dahu. Question des gamins de la famille à la fin du repas entre la table et la cuisine. Question du simple curieux, du génie de passage, de l’imbécile invétéré, du fonctionnaire aplati, du caïd à ses sous-fifres, du prof à ses élèves, du pied droit au pied gauche, lequel lui repasse le problème selon un bon rythme, sinon leur possesseur se casse la gu… Et cela depuis que le premier homme a rencontré la première femme, et que ça a marché, sinon nous ne serions pas là.
Mais qui fait quoi ? Mais qui a pensé cette pancarte ? Mais qui l’a écrite ? Mais qui en a tiré des conclusions subversives ? Mais qui l’a déclarée « antisémite » ? Mais qui se conduit comme un incendiaire patenté en ouvrant cette chasse aux sorcières ? Mais qui, veut rajouter une ligne de fracture complémentaire dans ce pays qui craque déjà de tous côtés ? Mais qui sont les vrais traîtres à ce pays, et qui ne s’en cachent pas, en voulant « la déconstruction de son histoire » ?
QUI FAIT QUOI CHEZ LES PRINCIPAUX INTÉRESSÉS ?
Bizarrement, nous n’avons aucune réaction majuscule des personnes « pancartées ». Ni M. Fabius, ni Mme Buzin, ni M. Drahi, pour citer les plus connus en France. Ils ont bien dû sentir le ridicule de la situation. M. Soros doit s’en moquer comme de son premier million de dollars, B.H.L. en fera peut-être un livre remboursable par la sécurité sociale comme soporifique reconnu, le fidèle M. Attal se fendra peut-être d’un communiqué si le patron lui ordonne d’aboyer, et les autres… bof ! M. Attali, qui a largement dépassé l’âge auquel il prévoyait une sorte de transfert des vieux vers des champs de grand repos éternel, doit se poser des questions métaphysiques.
LA TROUPE DES GENS « SÉRIEUX »
Mais je dois me tromper du tout au tout.
La preuve sur Nice-Matin .[1] : le domicile de l’enseignante, Cassandre Fristot, a été perquisitionné lundi matin. « La police regarde si l’on trouve dans son logement de quoi expliquer ou conforter la présomption d’antisémitisme », a précisé la préfecture, interrogée par l’AFP.
Pour la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), ce slogan est « une autre manière de dire qu’on n’aime pas les juifs ».
La preuve sur France-Bleu : [2]
Rudy Reichstadt, fondateur du site conspiracywatch.info explique : « C’est vraiment un élément de langage antisémite qui circule depuis des semaines, c’est assez clair pour qui sait décoder ce message-là. Sur cette pancarte brandie samedi il y avait cette notion de ‘traître’ et ce thème d’accusation de traîtrise. C’est quelque chose qui appartient à l’histoire de l’antisémitisme. »
Mais Le Monde qui sait tout mieux que tous nous explique :[3] « … la question “Qui ?” Une allusion à peine voilée à une théorie complotiste antisémite qui accuse les juifs d’être responsables de la pandémie de Covid-19. »
OUF !
Moi qui finissais par répéter que ce p… de f… virus était né quelque part du côté de Wuhan, me voici rassuré. Car, si ignorant suis-je de la géographie (on est Français ou on ne l’est pas !) je me suis laissé dire que les synagogues ne sont pas légion, dans ce coin. Il n’y a pas plus de traîtres (à quoi ? à qui ?) que de beurre en broche. Il y a par contre, sur cette pancarte, une extraordinaire confusion des genres, des lieux, des personnes, des situations, de tout !
Ah ! Comme je comprends la malédiction de Cassandre. Pas la nôtre, celle de la pancarte, mais celle des Grecs. Elle avait beau dire, elle avait beau faire, ça lui revenait en pleine poire. Quelle pomme, cette minette !
C’EST DÉCIDÉ J’ACHÈTE UN BRIQUET
À la prochaine manif, si je vois une autre pancarte antisémite, je la brûle. Et j’inciterai tout le monde à en faire autant.
Seul problème : les incendies, on sait quand ça commence, mais on ne sait jamais comment ça finit. Et si l’arroseur arrosé fait toujours rire, il est assez rare que l’incendiaire incendié trouve la plaisanterie à son goût.
Mon article pourrait faire penser à tort à une méconnaissance du problème, pire à une mauvaise défense ou à une détestable plaisanterie. Tout au contraire !
En fait cette agitation traduit un septuple malaise :
1/ Il existe certes un antisémitisme que je réprouve, comme je réprouve tout ce qui pourrait détruire Israël.
2/ Il existe une menace chinoise parmi d’autres dans le monde, et la France est devenue un vieux pays « à la ramasse » qui court à sa perte en se gargarisant de mots creux comme « démocratie, État de droit, etc. »
3/ Des personnes jouent de l’antisémitisme comme d’un tambour de guerre et risquent d’attiser une situation française qui commence à leur échapper devant une certaine démographie galopante
4/ Le feu qui couve et qu’ils attisent se retournera contre eux, et surtout contre les plus petits d’entre eux. Car les gros bonnets ont toujours plusieurs places d’avance dans les avions du départ.
5/ Les idiots utiles des incendiaires croient étouffer dans cette fumée nauséabonde leur incapacité notoire à gouverner ce bateau à la dérive.
6/ Ceux qui ne veulent pas croire en notre entrée en dictature sont irrémédiablement décérébrés
7/ Allégoriquement parlant, relisez Le Chancellor, de Jules Verne.
[1] https://www.nicematin.com/faits-de-societe/lenseignante-qui-brandissait-une-pancarte-antisemite-dans-une-manifestation-a-metz-va-etre-suspendue-707158
[2] : https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/decryptage-pourquoi-la-pancarte-de-la-manifestation-antipass-a-metz-est-consideree-comme-antisemite-1628603030
[3] https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/08/10/pancarte-antisemite-a-metz-une-militante-d-extreme-droite-sera-jugee-pour-provocation-publique-a-la-haine-raciale_6091093_3224.html


Ben mon colon, quelle analyse ! Je n’ai pas l’impression d’avoir perdu mon temps.
Démêler des brins, ça fait un bien fou
Il reste encore à faire la tresse des preuves de la dictature – la faire dans le style bien entendu ; c’est lui qui permet de comprendre