
Si vous n’avez pas pris conscience de la nécessité « la plus absolue » de porter le masque on vous l’imposera avec « la plus extrême fermeté ». Les gestes-barrières, etc.
Or, hier, un article d’Emmanuel Lévy, sur Marianne, soulève un gros lièvre [i].
Il y est question de la présence du fameux virus dans les eaux usées d’Île-de-France qui s’avère être un indicateur « fiable de la présence et de l’évolution de l’infection au sein de la population ». Mais cet indicateur est soigneusement épargné à la population française, alors que le Canada, la Suisse et le Luxembourg l’affichent clairement.
Avant l’inflation économique, nous avons déjà l’inflation virale. « Fin octobre, 1,2 million de morceaux de génomes de SARS-Cov-2 par litre sont actuellement véhiculés dans les eaux d’égouts de la capitale. C’est 5 fois moins que lors du pic, à 6 millions d’unités/L du début avril. » Amis mathématiciens, suivez la courbe.
Si j’avais un bon esprit, je dirais que confiner ces résultats sert à éviter une peur panique chez nos concitoyens. Avec un peu de mauvais esprit, j’imaginerais qu’il est plus profitable de jouer sur les concours de records de cas et de décès, interventions télévisées qui permettent d’afficher « la plus extrême émotion ». C’est tout de même mieux que de plonger dans les égouts ; question d’image. Pas de ça au 20 heures !
Un deuxième article complémentaire (The Times of Israel)
Mais j’ai peut-être un esprit plus que mauvais. Ce nouvel article évoque « le plus extrême problème » qui tient en trois phrases :
- « Des copies de virus ont survécu après le traitement conventionnel des eaux usées » selon Nathan Jeffay de The Times of Israel[ii] . Heureusement, à un taux de 1% seulement, et actif « seulement durant quelques jours ».
- « On craint également que les humains puissent être infectés directement par des eaux usées contenant de l’ARN de coronavirus».
- Une désinfection complémentaire pourrait traiter le problème, mais elle est onéreuse et peu pratiquée dans le monde.
Tout cet article du Times of Israel mérite d’être lu et digéré.
Et comme je bats des records de mauvais esprit, je reviens sur un article récent :
Trois scientifiques expliquent la recrudescence du virus[iii]
L’un est chercheur en immunothérapie low-doses et immuno-métabolisme. Le deuxième est ingénieur en physique des matériaux. Le troisième, spécialiste en prévention et santé au travail. Ainsi leur équipe trace la course du virus dans son ensemble.
Il résulte de leurs travaux que :
- Les masques ne sont efficaces que par leur effet de barrière contre les postillons (gouttelettes de l’ordre du millimètre, forte charge virale possible.
- « Leur port (des masques) n’est d’ailleurs pas pertinent en extérieur, si la distance d’un mètre peut être respectée en France. »
- La transmission par aérosol est peu probable à exceptionnelle (diamètre 0.75 micron, très faible charge virale, passe la barrière du masque). « Il faudrait donc parler pendant 137 heures avant d’être certain d’émettre la moindre particule virale dans une des particules de cette taille. »
- « Le masque ou tout autre dispositif barrière est donc indispensable pour retenir les grosses gouttelettes ou postillons qui ont potentiellement des charges virales fortes et cela particulièrement pour les professionnels qui préparent les repas. »
- « Le Sars-CoV-2 est présent dans les selles: cette notion n’est pas assez connue et, par voie de conséquence dans les toilettes, où les concentrations virales peuvent atteindre 108/gr, soit en moyenne 100 fois plus que pour la salive (150gr de selles par jour) »
- « On peut donc légitimement s’inquiéter de la contamination de toutes les surfaces partagées comme les mains courantes, les barres des bus, les poignées des caddies, voire possiblement les aliments et les étals de fruits et de légumes dans les supermarchés où plus de 3000 personnes par jour peuvent se succéder en moyenne »
- Le point fondamental est donc de se laver les mains, ce qui n’est pas l’habitude favorite des Français. « Une étude de Santé Publique France en 2016 (9) a mis en évidence qu’environ 21% d’entre eux (soit 14 millions par extrapolation) ne se lavent pas les mains systématiquement en sortant des toilettes alors qu’on sait que le virus est bien présent dans les selles. »
- « Le Sars-CoV-2 est un coronavirus qui a une bio persistance inédite sur les mains (9 à 11h), beaucoup plus longue que le virus de la grippe (1,8h). Il persiste environ 5 journées sur les plastiques et sur l’inox, et ce jusqu’à 28 jours dans le froid et dans l’obscurité (10)
Pour conclure simplement, ces trois chercheurs notent :
- « inquiéter la population sur le risque de transmission par « aérosols » en le présentant comme étant le risque principal, est de notre point de vue, à tous les trois, une erreur de communication sanitaire. »
- « Le masque, ou tout autre écran anti-postillons, est donc indispensable, en particulier pour ceux qui préparent les repas pour les autres. »
- « Le risque de contamination des mains après un mouchage, ou en sortant des toilettes, ou des aliments et des boissons par la projection de postillons est par conséquent à prendre en compte à la lumière des informations disponibles. »
- l’importance d’avoir sur soi un petit flacon de gel hydroalcoolique plutôt qu’un masque en milieu extérieur, moins utile dans des zones bien aérées où la distanciation sociale est respectée qui plus est.
Combien de PV à 135 euros dans des conditions douteuses ?
Nul ne le sait, mais pour « le plus extrême rendement… » !
[i] https://www.marianne.net/societe/sante/covid-19-quand-nos-eaux-usees-alertent-sur-laugmentation-de-lepidemie?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20201105&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiNTk4MGVmZDc2ZWZmZjQ4MWJjZTI2Mjk0MjZiNDRhYWIifQ%3D%3D
[ii] https://fr.timesofisrael.com/le-coronavirus-survit-dans-les-eaux-usees-traitees-experts-israeliens/
[iii] https://infodujour.fr/societe/41298-covid-trois-scientifiques-expliquent-la-recrudescence-du-virus

