LA 5G AVANT LA 10 G ?

RETOUR AU RÉEL DE LA 5G

Nous sommes inondés d’articles sur la future 5G qui se distribuent en deux clans : les publicités déguisées et les fabricants d’anxiété. Remarquons que les deux camps peuvent en espérer des retombées secondaires ; les uns en appareillages, les autres en médications de toutes sortes. Et moi, et moi et moi… comme chantait Jacques Dutronc ? Ou plutôt et notre moi, en tant que personne unique et en tant qu’humain ?

Je passe sur le danger des ondes, formule incantatoire, à laquelle répond son inverse tout aussi incantatoire les ondes bénéfiques ce qui traduit l’irruption de la pensée magique dans notre monde qui se prétend aussi technique que cartésien. Car le débat devrait être clos avec quelques études bien menées et répétées autant de fois que nécessaire. Mais l’irruption du principe de précaution dans la Constitution nous a ramené dans cette pensée magique, puisqu’il déclare que « l’absence de certitudes… ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives…. ». Quel que soit l’enrobage de la formule, le fond demeure. Il s’agit au mieux d’un jeu de grattage à la sauce juridique, au pire d’un retour à la pensée magique de l’âge des cavernes… avant Platon, l’élégance du dessin en moins. Et quand on rapporte ce fameux principe à l’épisode actuel de Covid, on voit bien ce qu’il faut en penser.

Mais ici nous parlons de 5G dont on nous annonce des débits fantastiques, au moins 10 fois plus, avant qu’on nous promette les versions 6, 7, 8, 9, 10, etc. Mais pour quoi faire ? Charger des films 10 fois plus vite, échanger plus de données, se connecter à sa montre pour dessiner des moustaches à La Joconde ou suivre en direct le championnat des gratteurs de poils de c. ? Autres choix à la demande. Cela mérite réflexion, et retour au réel.

500 MILLIONS D’ANNÉES AVANT LA 5G

Le développement cérébral a nécessité des modifications qui sont discutées dans leurs dates respectives et leurs imbrications. Mais chacun s’accorde à lier le développement du néocortex (le dernier en date) à l’accroissement de nos connaissances, disons de notre intelligence (terme tout aussi discuté).

Les premières formations susceptibles d’être comparées à un cerveau remontent à quelque 500 millions d’années. Notre cortex est l’aboutissement provisoire après de nombreux ajouts et modifications d’une longue maturation. La couche la plus récente est la plus externe, le néocortex (les petites cellules grises dont nous sommes si fiers). Elle pourrait remonter à 3 millions d’années. 3 millions d’années pendant lesquelles le nombre des cellules qui le constituent a augmenté, nécessitant plus de surface, au point d’épouser la forme de la boîte crânienne. Mais comme l’os ne suivait pas le même rythme, le néocortex s’est plicaturé pour développer le maximum de surface dans le volume offert. Ainsi se sont créées les circonvolutions cérébrales, jusqu’à une surface d’environ 0.25 m², soit un carré de 50 centimètres de côté. Sans ces plicatures, nous aurions une drôle de grosse tête.

ALORS LA 5 G ?

Pour la clarté du raisonnement, débarrassons-nous d’une opposition systématique à la 5G. Acceptons ces débits 10 fois, 20 fois, 100 fois plus rapides.

Et après ? Verrons-nous un film accéléré 10 fois ? Comprendrons-nous 10 fois plus de ses subtilités ? Découvrirons-nous 10 fois plus vite l’assassin ? Pour cela il faudrait imaginer que notre cerveau, plus exactement notre néocortex, suive la même progression du jour au lendemain, qu’il travaille 10 fois, 20 fois, 100 fois plus vite. Autrement dit que nous devenions 10 fois, 20 fois, 100 fois plus intelligents, que le Français moyen si peu doué en langues étrangères en parle couramment 100, que les mathématiciens prodiges d’aujourd’hui soient demain considérés comme les idiots du village, etc.

Mais cela supposerait que du jour au lendemain notre néocortex soit multiplié par 10, 20, 100… dans le même volume osseux. J’en ai déjà mal à la tête. Et ce n’est qu’un début. J’attends ici qu’on me dise : « Mais il ne s’agit pas du nombre de cellules, mais de la mise en fonction multiplexée de circuits synaptiques peu ou non utilisés. » Pourquoi pas, si… ? Mais avec des si

Retour au réel : Oui, nous pouvons devenir plus intelligents, à condition que le processus d’augmentation quantitatif et qualitatif du néocortex se poursuive dans les 3 milliards d’années à venir, avec les modifications osseuses adéquates. Un peu de patience.

Alors, la 5G ? Ma réponse tient en quelques lignes :

Les idées qui gouvernent le monde sont des synthèses qui tiennent en quelques phrases. Le reste n’est que verbiage ajouté dont la plus grande partie obscurcit le message plutôt que de le préciser. Voir comme exemples le Code des impôts, celui de la justice, du travail, etc. J’oublie volontairement les discours politiques qui deviennent la lie de la société.

Les synthèses sont autant le résultat de très longs travaux, que d’expériences de toute une vie, que d’une illumination soudaine.

Ce qui compte c’est la qualité de ces trois domaines et non la quantité qui tient du bourrage de crâne.

Dans le monde actuel, un travail personnel de réflexion comme le mien et tant d’autres possède déjà tout le nécessaire grâce à l’Internet, qui à mon avis, est déjà saturé d’informations inutiles ou dangereuses.

Par contre, des mathématiciens de haute volée, des astronomes hyper spécialisés, et d’autres disciplines demandent des puissances de travail augmentées. Ceux-là ont vraiment besoin – dans bien des cas, mais pas dans tous – de la puissance de la 5 G, ou plus. Gageons qu’ils n’en auront jamais assez… sans jamais répondre à toutes les questions nouvelles, car tel est notre univers.

UNE FABLE POUR NE PAS CONCLURE

Une fois de plus, nous sommes ramenés à la fable du génie dans sa bouteille. Qui ouvre la bouteille et n’est qu’un commerçant avide ou un curieux imprudent déchaîne un monstre. Qui le domestique devient un homme sage et utile.

Qu’en sera-t-il ? L’évolution actuelle de notre monde ne porte pas à l’optimisme. Mais on ne sait jamais !

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