J’avais imaginé m’en tenir aux deux articles précédents sous le titre « Ignominie », mais une autre malheureuse occasion m’en fournit un troisième exemple. Sortons de France, momentanément. Transportons-nous aux USA, dans le Massachussets.
Un couple souhaite avoir des enfants, mais ils se rendent compte qu’une infertilité les en empêche. Il s’agit de Michael (Mike) et de Catherine (Kitty) Burke. Surmontant leur déception ils décident de prendre du temps, de se proposer comme famille d’accueil pour un ou plusieurs enfants d’une même fratrie, jusqu’à les adopter si la possibilité légale leur en est donnée.
Ils passent d’abord par une société privée, mais ne peuvent payer les sommes demandées, et se tournent alors vers le Département des Enfants et des Familles de l’État (DCF). Là aussi, Mike et Kitty sont longuement entendus, questionnés, jaugés, appréciés… et finalement rejetés.
Qu’ont-ils fait ? Quel défaut profond les a empêchés d’accéder à leur souhait le plus cher ? Ils ont une situation que nous qualifierons de classe moyenne aisée, ils ont une maison correcte, ils travaillent, devraient être particulièrement attendus par le DCF qui souhaite trouver les oiseaux rares accueillant des fratries sous le même toit. Bien sûr, ils sont aussi d’excellente réputation. Leurs antécédents plaident pour eux. Lui, a monté sa petite entreprise après son passage dans les Marines de 2002 à 2006. Il a été envoyé en Iraq jusqu’en 2005 et a quitté le corps avec la fameuse mention « honorablement libéré de ses obligations militaires ».
Après cela il a subi un syndrome post-traumatique chronique. Serait-ce la cause du rejet ? Non car il a été traité, guéri, et, mieux que cela, il en a accru son sens social d’aide et de commisération.
Kitty, elle, a été assistante d’éducation et a monté sa petite entreprise.
Bref, un couple parfait. Alors, pourquoi ?
Ils ont été rejetés parce qu’ils sont… Catholiques romains ! Et qu’ils « n’encourageraient pas un enfant qui s’affirmerait comme LGBTQIA+ » ! C’est ce que craint la personne qui les a interrogés ! C’est la seule raison !
Le couple Burke a eu beau affirmer qu’ils ne feraient pas de pressions sur un tel enfant, qu’ils l’aimeraient de tout leur amour, qu’ils assisteraient à son mariage dans ces conditions, cela n’a pas suffi. Ils ont eu le malheur de ne pas mentir et de dire qu’ils croyaient en l’amour et le respect dus à chacun, et qu’ils croyaient que le sexe n’est pas modifiable. (they believe that sex is immutable).
« Par suite de leurs croyances religieuses, ils n’encourageraient pas une transition médicale de genre (medical gender transition) pour un hypothétique avenir de l’enfant. Kitty exprime aussi « sa préoccupation quant à une transition médicale précipitée, dans l’état de divergences d’opinions médicales des meilleurs pratiques en ces cas. »
Ils expliquent aussi qu’ils auraient « des conversations franches et pleines d’amour avec l’enfant avant toute intervention chirurgicale de transformation de façon à comprendre parfaitement ce qui pourrait se passer dans la vie de l’enfant. Quelles que soient les actions de l’enfant, les Burke continueraient à l’aimer. »
Si vous voulez pleinement apprécier la sublime lâcheté et la perversité profonde de cette décision qui n’est rien moins qu’une exclusion dénuée de tout sens moral de la part de ces fonctionnaires apeurés et serviles au-delà même de ce que la loi du Massachussets recommande, vous verrez tout le dossier et lirez les 37 pages du jugement (en anglais).
Ma conclusion : Bullshit !
Antoine Solmer


