DE QUOI ZEMMOUR EST-IL LE NOM ?

2022
2022

De quoi Zemmour est-il le nom ?

  Encore un sujet dont j’aurais bien aimé ne pas parler… Alors que c’est encore un vrai non-candidat (et donc… rien d’intéressant à en dire), le microcosme s’affole, la médiasphère s’exaspère et les dîners-en-ville n’arrivent pas à parler d’autre chose : même le répugnant covid passe au second plan, c’est tout dire ! Eric Zemmour, officiellement absent de la course à l’Elysée, est devenu l’Arlésienne : on ne parle que de lui. Depuis que les nuls l’ont viré de C8 pour le faire taire, il enchaîne émissions à succès, matinales et débats, et il fait les “unes”, de Challenges à Marianne. De kiosques en affiches collées par son Fan-Club, on ne voit que lui. Mais de là à me faire écrire un “billet”… il y a ce qui sépare l’envie du devoir !

D’un autre côté, comment ne pas parler de ce sujet hyper-brûlant ? Eric Zemmour affole les chiffres : ceux des ventes – près de 100 000 exemplaires de son dernier bouquin vendus en une courte semaine – et ceux des audiences. Même pas encore candidat à la présidentielle, Eric Zemmour est déjà le roi de l’audimat, comme il l’a démontré jeudi dernier, lors du débat tellement commenté avec JL. Mélenchon, sur BFMTV. Cet improbable mais excellent non-dialogue “à deux fois un”, fertile en invectives et en belles envolées de part et d’autre, a réuni, selon les heures, entre 3,8 et 4,2 millions de téléspectateurs (pdm entre 18,7 et 20 %, et d’avantage pour les moins de 50 ans : la politique peut donc intéresser les jeunes). Face à ces chiffres-record pour BFMTV, une contre-performance pour France 2 où, au même instant, Valérie Pécresse, en course pour représenter la droite à la présidentielle, débattait avec Gérald Darmanin. Ces 2 ex-stars ex-confirmées ont à peine réuni 1,05 million de téléspectateurs (un petit 5,1 % de “pdm”). Sic transit gloria mundi !

Ce succès n’a rien d’étonnant : le “profil” de Zemmour secoue la France endormie, anesthésiée par cinq ans d’un macronisme délétère aggravé par le traitement de la pandémie. Il occupe la place… que trop d’hommes politiques lui ont laissée par leur inconsistance, leur silence, leur suivisme aux (mauvaises) idées du moment, et leurs contradictions permanentes. Ceux qui se plaignent de son omniprésence sont bien en peine de lui opposer quoi que ce soit, gens ou idées. Or la politique, tout comme la nature, a horreur du vide. Il y a bien quelques ectoplasmes qui essaient de croire qu’une candidature sur l’ex-espace des Républicains aurait un sens : on pense à un Michel Barnier, à une Valérie Pécresse et à son clone masculin Xavier Bertrand, et même à Eric Ciotti, plus original : tous, perdus dans le brouillard, ne survivent qu’en singeant “l’éditorialiste-très-controversé” (alternatives : “polémiste, conservateur, contesté, populiste, raciste” –Un juif raciste ! Ah ! les cons !)…

 Que Zemmour soit l’un, l’autre, ou tout à la fois, au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, Xavier Bertrand n’a pu que se positionner par rapport à lui, et n’a pu imposer sa personnalité – si tant est qu’il en ait une : il réagit, il nuance, il dit qu’il refuse les “amalgames du polémiste” (dont ils parlent tous, sans pouvoir en citer un seul)… pour finir par faire croire qu’il se ralliait à l’idée du risque de guerre civile en France. Quant à Valérie Pécresse, elle n’en finit pas de courir après ce qu’elle croit être “une droite” qui n’est que suivisme et fantasmes, tout en faisant croire qu’elle “se méfie de l’Europe et de l’immigration’’… C’est une nouveauté, dans son discours, qui ne réussira pas à faire oublier qu’elle a couru se mettre en avant à la fête de l’Huma mais qu’elle a refusé d’apparaître, hier, à la “Journée des Conservateurs’’. Espérons que les électeurs tireront les conséquences de ce positionnement !

Du côté du Rassemblement national en revanche, les choses sont assez claires, en le devenant de moins en moins. Les interventions médiatiques des membres du Parti se succèdent, et entérinent une utilisation de plus en plus systématique de la langue de bois journalistique et de la vaine recherche d’un équilibrisme idéologique sans substance. La communication de Marine Le Pen durant ces derniers jours a été occupée par la privatisation de l’audiovisuel et la nationalisation des autoroutes ou par la maladie d’Alzheimer. De la ruralité à l’énergie, elle tire dans toutes les directions pour être sûre de cocher toutes les cases, de visiter toutes les niches. Mais sans une “vision” (qu’avait son Père), ces questions restent des détails de l’histoire, osé-je dire sans jeu de mots. C’est simple : aux énormes saupoudrages irresponsables à coups de millions et de milliards près, on dirait du Macron !

La campagne présidentielle n’a pas encore vraiment pris son envol, et les gens sensés frémissent d’avance devant les promesses ravageuses qui vont déferler dès qu’elle aura commencé. Pour le moment, elle piétine, cantonnée dans les limites étroites de la médiocrité des candidats déclarés qui ne rêvent que de se construire un ersatz de destinée et de gloriole, sur le dos de la France et des français. Il est temps de reprendre de la hauteur, et Éric Zemmour l’a compris. C’est pour cela sans doute qu’il suscite un tel engouement, provoque un tel rejet (pas des mêmes) et est menacé de mort. Pour cela et parce qu’il a déjà gagné une bataille, pour le moment : c’est lui et lui seul qui fixe les agendas et qui dit de quoi on va parler (fut-ce pour que ses adversaires de Gauche, étonnés que quelqu’un ose dire leur quatre vérités… après des décennies où on les a laissé dérouler le tapis rouge-sang de leur nullité, de leur prétention et de leurs idées perverses, se déchaînent contre ce perturbateur qui ose dire “il existe une Droite qui n’est pas “de Gauche” !

Quant au microcosme médiatique, il ne sait que réagir stupidement, en contrant avec des chiffres pipés et l’aide d’Hervé Lebras (c’est tout dire !) chaque affirmation de Zemmour, comme ils ont pris la très mauvaise habitude, pendant la crise dite “du covid”, de raconter n’importe quel bobard en le présentant comme scientifique, puisque contre-signé par des prébendiers dont la crédibilité a disparu depuis longtemps. On peut dire : chapitre “contre-productivité, difficile de tomber plus bas. Car si on sait depuis Renan que toute grande nation est un mélange de races, on sait aussi que l’unité d’une nation repose sur un ensemble d’éléments mis en commun : une histoire, des mœurs, une culture… et une religion dominante (c’est même la seule définition d’une civilisation !)… et la volonté de les perpétuer…. 

C’est tout ça, dans le fond, qu’on reproche à Zemmour, en parlant d’autres choses hors-sujet (sa manière d’être, ou de dire, ou de taire, etc…). Quand on les pousse dans leurs retranchements, les sophistes fabriquent des “distinguos” farfelus entre l’est de l’Europe, où c’est la nation qui aurait créé l’État, et l’ouest de l’Europe, et surtout la France, où c’est l’État qui a fondé la nation : les vingt rois qui ont fait la France, puis la République, ont “accouché” d’un peuple de citoyens. Ces raccourcis manichéens mériteraient d’être nuancés, mais ils ne sont pas faux sur le dernier point. C’est précisément là et pour ça que la France se trouve en grand danger.

Depuis une quarantaine d’années, la communauté de citoyens se désagrège au profit (?) d’une “société des individus” qui ne veulent connaître et reconnaître que leurs droits, et aucun devoir. Ils ne voient l’État que comme un distributeur de services et de lois pour satisfaire leurs moindres caprices d’individus sans racines et sans histoire, qui se rêvent “citoyens du monde” détachés de tout ancrage national. Ils ne connaissent ni territoire ni peuple, ils se côtoient sans se fondre dans un ensemble unifié et cohérent, et ils ont le culot d’appeler “république” une juxtaposition d’individus qui n’a rien à voir avec la République des citoyens. C’est dans ce vide abyssal que sont venues se loger des diasporas islamiques de plus en plus nombreuses, liées par les notions archaïques de famille, de clan, de religion, et qui importent ces archaïsmes au sein d’une postmodernité aveugle qui veut ne voir en eux que des individus isolés. Les plus habiles représentants de ces diasporas ont bien compris l’usage qu’ils pouvaient faire de notre libéralisme pour dynamiter les restes de l’État-nation et de la République, s’émanciper de feu-leur tutelle, et imposer dans des enclaves devenues étrangères sur notre sol, la “Charia’a.

“Zemmour”, en fin de compte, pourrait n’être que le nom d’une manière de voir et de prévoir le futur qui ne tient aucun compte des mensonges mille fois répétés, ressassés jusqu’à nous rendre aveugles, sourds… et même muets (de lassitude) devant une menace démographique et civilisationnelle qui est assez probable pour qu’on ne passe pas à côté d’elle sans la voir, et sur qui devrait concentrer toute notre attention… même si –ce que j’admets volontiers– le pire n’est jamais la seule issue (les myopes-par-système appellent cette métonymie synecdotique : “un amalgame”, ce qu’elle n’est pas.). On en reparle bientôt : on n’y échappera pas ! 

H-Cl.

Abonnez-vous à notre lettre d'information et rejoignez les 12 autres abonné·es.

Une réponse sur “DE QUOI ZEMMOUR EST-IL LE NOM ?”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *