JEUX OLYMPIQUES EN TOUTES SPÉCIALITÉS

Je découvre sur un journal médical1 une conversation entre deux médecins de valeur. Il s’agit des Drs Davido et Amouyel. Le premier est infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches. Le second est suis professeur de santé publique au centre hospitalier universitaire de Lille. Il est donc spécialisé en épidémiologie, tant pour ce qui s’est passé, que pour ce qui peut se passer : cela s’appelle des projections. Chacun en comprendra le sens et la nécessité, en médecine comme ailleurs.

Le Dr Amouyel explique : « Un risque sanitaire est une probabilité d’avoir un événement de santé qui se met à augmenter de manière brutale pour tout un tas de raisons. Les Jeux olympiques sont une de ces raisons puisque nous allons recevoir entre juillet et septembre à peu près 15 millions de personnes qui vont venir sur Paris. »

Oublions le « sur Paris » qui devient la formule des cuistres ou des oublieux du bel et bon français. Imaginez-vous Yves Montand chanter « Sur Paris » ? Non… À Paris, « Car le vent, quand il vient à Paris n’a plus qu’un seul souci c’est d’aller musarder dans tous les beaux quartiers de Paris… »

Oublions… mais retenons et revenons aux fondamentaux : les risques sanitaires possibles liés à la présence d’une quinzaine de millions de visiteurs du monde entier en région parisienne. Les risques sont d’origines multiples : la transmission de maladies infectieuses diverses, bactériennes ou virales, mais aussi les recrudescences de troubles respiratoires pour ces visiteurs non habitués à la cuvette parisienne surchauffée en août, les coups de chaleur avec déshydratation. S’arrêter là serait négliger les troubles alimentaires et particulièrement les TIAC. On ne peut s’empêcher actuellement de multiplier les acronymes (TIAC pour toxi-infections alimentaires collectives). Mais TIAC fait tellement plus sérieux ! Ce serait aussi oublier les risques spécifiques aux athlètes (blessures et autres traumatismes pour lesquels l’hôpital Bichat a été nommé centre de référence).

Le Dr Amoyel conclut que « La plus grande force est d’imaginer qu’il va y avoir un risque sanitaire. Donc quand on l’imagine, on essaie de l’anticiper et d’apporter des réponses. » Voilà qui est sage, surtout, avec les risques, on peut tout avoir en termes de surprises, des bonnes et des mauvaises. Sa phrase finale reste toujours d’actualité : « Tout est prévu, sauf l’imprévisible ! »

Mais au fait, pourquoi avoir repris cet article, qui semble échapper au cadre habituel de Geocortex.site ?

Simplement parce que j’ai oublié (presque) de revenir sur un point de cet entretien : le risque sanitaire au-delà des jeux. Le Dr Amouyel ne néglige pas « par exemple une épidémie de COVID – cela pourrait tout à fait survenir – avec un foyer apparaissant sur la fin de la période, on pourrait voir progressivement monter les cas comme on l’a vu pendant près de 2 ans. »

Mais il nous rassure immédiatement :

« C’est peu probable étant donné la couverture vaccinale, mais on peut imaginer que l’arrivée de nouveaux virus ou de nouveaux variants puisse entraîner des poussées épidémiques. »

Nous voici confortés dans la valeur des doctrines scientifiques développées sur tous les plateaux par des experts diplômés en communications redondantes pêchées aux meilleures sources pfizeriennes et autres. Nous voici aussi prévenus, au cas où les mêmes experts à roulettes reprendraient du service pour nous faire gober leurs tartufferies que Molière n’aurait pu imaginer.

Mais nous, on a vu, on a vécu, on a même lu les articles sérieux, on a même entendu les aveux de Fauci and Co, on continue à suivre les courbes épidémiques qui ont déjà donné lieu à des livres (de Pierre Chaillot et d’autres). Et nous sommes sûrs que les Dr Amouyel et Davido n’auront pas de souci à se faire pour leurs postes. Pas comme le Pr Perronne, par exemple. C’est cela aussi, s’occuper de prévention des risques professionnels. Et charité bien ordonnée…

Antoine Solmer

1 https://www.univadis.fr/viewarticle/6620515f-959c-4804-a31a-de767f2827fd?uuid=6620515f-959c-4804-a31a-de767f2827fd&uac=367473BV&u=g7Nnk16ewgsurvmwzseDdfDTo4Dsx%2Fvf65XsKPE0D%2BB7Fr2RXUYFHkI0D%2FJhyvF7&ecd=wnl_all_240603_unimednews_MedNewsFR_5323642&utm_source=adhoc+emails&utm_medium=email&utm_campaign=auto_fr_medicalnews_medupd-ann&utm_content=5323642&utm_term=&sso=true