
DISCOURIR OU COURIR APRÈS LA RÉALITÉ ?
Donc le président Macron a discouru (j’ai failli écrire dyscouru). Il a utilisé le terme « séparatisme », a réussi à pointer l’index (martial ?) vers une ou plusieurs variantes d’islamismes, et en a profité pour s’intéresser aux enfants de trois ans bientôt embastillés par l’EDNAT, ce volcan qui produit surtout des nuages de cendres, sans la flamboyance ni l’enrichissement des sols de son presque homophone qui domine Catane. Alors bien sûr on va faire une loi sur le séparatisme. Roulements de tambour, commentateurs attitrés de se pourlécher les babines médiatiques, et Français de s’esbaudir.
Sauf que… tout d’abord, de la parlotte mentonnière à l’action musclée, il y a un abîme, surtout en politique, surtout spécialisée dans le « en même temps ». Sauf que… C’est de cours de français que de petits musulmans ont besoin, et même les non-musulmans, faits par des professeurs un peu moins intoxiqués au sirop de dysorthographie, de dyslexie, et autres joyeusetés éducatives. Sauf que… dès le lendemain, la dite loi n’est pas encore mise au four démocratique qu’elle en ressort en catastrophe. On oublie le séparatisme, ce sera « projet de loi renforçant la laïcité et les principes républicains ». C’est-y pas beau ça ? Enfumage, enfumage !
SÉPARATISME… VOUS AVEZ DIT SÉPARATISME… COMME C’EST BIZARRE !
Mais de toute façon, l’enfumage avait commencé bien avant cette dernière bouffée. Car, que veut dire le terme séparatisme ? Tout simplement qu’une séparation s’érige entre des personnes. Or il me semblait bien qu’une certaine séparation s’est érigée depuis le 7e siècle entre la civilisation musulmane et la civilisation chrétienne. Il me semblait même qu’au sein de la religion musulmane une certaine séparation avait mené à quelques conflits entre Sunnites et Chiites. Il me semble bien que l’incantation névrotique du « vivre ensemble » psalmodié à longueurs de discours n’est que la traduction ampoulée de la réalité du terrain : des peuples se sont séparés sans en avertir le président. Il me semble bien qu’on se paye de mots, une fois de plus – un des critères de la Gauche archétypique – et que, malheureusement, les ravis de la crèche font cercle autour du prétendu sauveur. Tant pis pour eux et leurs moutons ! Au fond, ils se ressemblent en bêlements et en destin.
UN PETIT TEXTE AU PASSAGE
Mais si un président, un vrai, avait parlé pour agir, qu’aurait-il dit ? Oh, très simple ! Il aurait juste lu quelques lignes de la Constitution :
Article premier : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.
Article deux : La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.
Article cinq : Le Président de la République veille au respect de la Constitution… Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités.
Ensuite, il aurait fait usage de son pouvoir. Mais n’est pas Jupiter qui s’en prétend.
Il n’y a pas besoin de loi en attente de conflits juridiques et de détricotage. Il y a juste besoin de courage politique. Il n’est pas interdit de rêver tout haut quand la France s’endort, satisfaite des ronflements élyséens.
Bref, nous sommes en guerre contre le Covid et en attente de « projet de loi renforçant la laïcité et les principes républicains ». Et si « on » s’était trompé de discours ?

