Le danger est devant nous, immense et… de plus en plus proche…

  Un sondage Odoxa annonçait hier que 67 % des français ne croient pas ou peu aux promesses sur l’amélioration de leurs conditions de vie faites par tous les candidats. Et comme ils ont raison ! Un vieux guide me disait un jour, à Chamonix : “Quand ils sont au fond de la crevasse, ils te promettent leur fortune, et quand tu les en as sortis, ils te filent 20 balles ”. Dès le résultat de la Présidentielle prononcé, toutes les promesses vont s’envoler… pour quatre ans et demi… “C’est ça la vie, mon pauv’ Môssieur”, aurait sans doute conclu ma  chère amie, Madame Michu…

Je reçois beaucoup de questions sur l’embrasement de la dette publique. Elle est actuellement financée par la BCE, qui a englouti dans son bilan, jusqu’à la nuit des temps, 30 % des dettes publiques… Heureusement qu’elle est là, car contrairement aux années ‘90 (crise des subprimes puis crise des dettes souveraines des pays méditerranéens), la croissance n’aurait  certainement pas suffi : la population est vieillissante et les gains de productivité très bas dans une économie mondiale dont l’Europe n’est plus, depuis longtemps, le centre de gravité… et surtout, le montant de notre dette a dépassé tous les seuils concevables ! Après la BCE, l’inflation, revenue, diluera un autre pourcentage de ces dettes publiques, mais  ce ne sera pas suffisant, c’est certain. Au fond, c’est très simple : les États, qui devront payer le laisser-aller de leurs prédécesseurs, canaliseront l’épargne de leurs banques et de leurs compagnies d’Assurances nationales vers le financement de leurs propres dettes… Bien plus qu’un danger, c’est une menace, et elle est devant nous.  

On appelle “souverainisme monétaire” le fait de  faire du passif des États (la dette publique) l’actif des banques centrales, et du passif de ces dernières (la monnaie créée) l’actif et la dépense des États. Il permet aux banques centrales de clamer encore leur indépendance… qui n’est plus qu’un faux-semblant… Dans le cas qui est le nôtre, après tout ce qu’on nous a fait subir, l’endettement public ne peut que continuer à croître inexorablement, avec comme seul issue encore ouverte une mobilisation forcée de l’épargne nationale pouvant aller jusqu’à des confiscations partielles (“Au dessus de telle somme, je prends tout” menace un des candidats !).

Le risque, immense, est donc identifié : c’est l’affectation autoritaire par l’État de l’épargne individuelle à son propre financement et au comblement de ses propres besoins (sales). Ce n’est ni un pessimisme quasi-pathologique ni une prophétie hallucinatoire, mais un fait, incontournable : nos sociétés s’étatisent parce que nous achetons à crédit notre bien-être immédiat, et que ce n’est pas l’épargne existante qui finance “notre” dette publique, mais ‘’feu’’ le bien-être de nos descendants… Parlant de la mort de Chopin, George Sand écrivait : “On n’accepte la maladie et la mort qu’à l’instant précis où elles sont devenues incontournables”. Eh ! bien… Pour faire face au choc économique qu’on a branché sur la crise du covid, la BCE a dû aider les États à absorber l’explosion stratosphérique de leurs engagements sociaux. Conséquence : elle, qui fixait les taux d’intérêt à court terme, contrôle désormais l’entièreté de la courbe des taux d’intérêt ! Sans le dire, nous sommes sortis d’une économie de marché. Et l’excès de notre envie – inquiétante dans ses suites – de punir Poutine pour ne pas nous avoir laissé… ne pas tenir nos promesses solennelles, n’arrange rien, au contraire : avec une stupidité égale à l’irresponsabilité “assumée” depuis 2 ans, nous scions consciencieusement les derniers brins qui retiennent la branche qui nous maintient en vie. Disons-le tout net : l’excès des “sanctions” déclarées dépasse notre capacité d’encaissement !  

Mais il y a plus grave peut-être que toutes ces menaces, pourtant réelles : la numérisation en cours de la monnaie et de l’argent fiduciaire. On ne se rend pas compte à quel point nos dirigeants ont profité de la crise dite “du covid” pour faire avancer en catimini leur toute puissance, notre soumission – et notre condamnation, à des termes de plus en plus proches.  ’’À l’insu de notre plein gré’’, ce processus est déjà largement entamé, et bien préparé par toutes les mesures imposées, les interdictions acceptées et les moyens d’annihiler des réactions négatives des peuples. Cet immense pas en avant (?) vers notre dépendance absolue à l’État sera entouré d’autres longues préparations pour nous mettre en état de sidération et de moindre résistance. On les entend déjà, ces mots mensongers – qui sont efficaces, tant que nous, les victimes, accepterons de nous laisser violer : “C’est… pour notre bien, inévitable, nécessaire, salvifique, incontournable, sécurisé, testé, avec un bilan risques-avantage indiscutable… ”. On les subit sans cesse, depuis deux ans. Tous sont  faux… mais nous avons marché ! En revoilà une couche !

Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt : la numérisation de l’argent liquide – et donc la fin du “cash”– sont en route, vers le monstrueux “Grand Reset” déjà étudié ici le 7 avril 2021. C’est le début de la fin de toute “Humanité”. Les “êtres qui continueront à peupler la Terre seront des cyborgs décérébrés, qui, sans souvenirs, sans Histoire, sans références, ne seront plus ’’humains”.  Big Brother, grâce à de réels progrès (?) en matière de traitements de masse (par exemple la perception des impôts à la base, le télé-travail et le paiement sans contact…), nous enserre dans des carcans inexorables : sans “cash”, nous serons à la merci de l’État qui autorisera tel montant total de dépenses dans le mois… et ce qu’on aura le droit de posséder comme patrimoine. Ne haussez pas les épaules, c’est  déjà bien (?) parti.

Quelques mots d’explication. Début juin 2018, une panne géante avait affecté tous les paiements par carte Visa, en Europe. Cet incident s’inscrivait déjà dans la marche vers une dématérialisation intégrale des monnaies qui se poursuit depuis plusieurs années sous la poussée des banques, qui déplorent la gratuité des liquidités et les coûts de gestion des chèques et des prélèvements bancaires, voudraient profiter mieux des progrès technologiques (portefeuilles électroniques, paiements sans contact, téléphones portables devenus moyens de paiement, “puces de paiement” liées au rythme cardiaque des titulaires de compte, etc…), et sont tentées par la disparition des transactions en espèces et “la dématérialité” de l’argent liquide.  Ce grand progrès (pour qui ?) de la conquête du monde par des technologies numériques devient incontournable, la plupart des États étant séduits par ces simili-progrès qui ne peuvent qu’étendre sans limite leur pouvoir liberticide.

Cette dématérialisation de l’argent “ex-liquide”, et aussi l’apparition des nouvelles “monnaies locales” et de monnaies numériques ou virtuelles (comme Bitcoin ou de Diem-Facebook). (NDLR : dont, en gros, personne ne comprend comment ça marche : “en parler comme si” n’est pas “savoir de quoi on parle” !) posent de nouvelles interrogations quant à la nature même de la monnaie, à la forme des institutions bancaires et à la propriété monétaire. Le 28 octobre 2021, aux journées d’Études de l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) Denis Beau, Premier sous-gouverneur de la Banque de France, avouait : ’’La question, pour la Banque de France : comment faciliter et accompagner une digitalisation du secteur financier, porteuse de gains d’efficacité’’. Et après, on va où, vers quels buts ?

 La crise sanitaire a accéléré ce mouvement : le recours au télétravail a entraîné le déploiement massif de nouveaux outils et de nouveaux logiciels. On m’explique que “Les technologies basées sur les DLT… améliorent le fonctionnement des infrastructures de marché et des moyens de paiement, la vitesse des transactions, une réduction du nombre d’intermédiaires, et une réduction des coûts”. Moi, je veux bien. Mais si on vous dit que… ‘’Un “DLT est (accrochez-vous bien !) un registre distribué (en anglais, distributed ou shared ledger), qui est simultanément enregistré et synchronisé sur un réseau d’ordinateurs, qui évolue par l’addition de nouvelles informations préalablement validées par l’entièreté du réseau et destinées à ne jamais être modifiées ou supprimées, et qui n’a ni administrateur central ni stockage de données centralisé”… vous voyez tout de suite le progrès !

Le résultat est clair : incapables de résoudre les problèmes que leur imprévoyance a engendrés, nos responsables totalement irresponsables sous-traitent à des gens pas mieux équipés qu’eux-mêmes le destin de l’humanité vers… ils ne savent absolument pas quoi. Au fond,  c’est ça, le “progressisme” : aller de l’avant “quoi qu’il en coûte”… même si c’est en arrière ! Décidément, on est vraiment mal barrés.

H-Cl.