ENCORE DES VACHERIES AU SALON DE L’AGRICULTURE

Macron est donc allé au Salon de l’Agriculture. Une fois de plus, je trouve que l’invasion du mot agriculture traduit la perte de sens du mot paysan. Et je ne suis pas le seul à le regretter. Mais un paysan qui parle de son pays (aux deux sens du terme), voilà qui ne plaît pas à l’inféodé au couple concubin de l’UE et des USA, qui se croit l’amant de service dans un vaudeville.

Je sais bien que Littré défend le mot agriculteur apparu au XVIIIe siècle, parce qu’il vient du latin agricultor. Donc, il a certaines lettres de noblesse. Littré a joute que « Voltaire s’en est souvent servi ». Là, le brave lexicologue se laisse prendre au piège de ses attirances politiques, car je n’imagine pas que la bénédiction de Voltaire suffise à sanctifier ce terme.

Malgré cela l’honnêteté intellectuelle reprend ses droits chez Littré qui a défini agriculteur tant comme nom que comme adjectif. L’agriculteur est « celui qui cultive la terre ». Et Chénier écrivit ; « abandonne pour moi le soc agriculteur»

Pour enfoncer plus profond le soc, Littré ajoute : « AGRICULTEUR, CULTIVATEUR, COLON. L’agriculteur est celui qui s’occupe d’agriculture ; il se dit par rapport à la campagne en général ; il se prend adjectivement, et l’économie politique distingue les peuples agriculteurs des peuples chasseurs et pasteurs. Cultivateur se dit par rapport à un champ particulier qu’on exploite ; il désigne celui qui laboure, qui sème, qui taille, qui récolte. Aussi dit-on un petit cultivateur, et non un petit agriculteur. Le colon fait partie de la population des campagnes ; il y habite : voilà tout ce que le mot indique. »

La distinction entre les trois activités fondamentales (agriculteurs, chasseurs et pasteurs) est suffisamment claire : un Salon de l’Agriculture, c’est une vacherie faite aux éleveurs.

Mais si cela avait été la seule vacherie ! Le maître en vacherie Macron s’était une fois de plus distingué en voulant inviter le clan des Soulèvements de la terre. Comment, dans ces conditions, s’étonner des imprécations qui lui furent adressées ? Ajoutons que l’Élysée (qui dans ce maquis ? Le portier ? Le garde de service ? Un huissier anonyme ?), donc, l’Élysée ou un Élyséen quelconque qui devait être le pire de tous, s’est fendu d’un communiqué évoquant une « erreur de communication. »

Le plus risiblement triste, de la part de ces châtelains de pacotille, est qu’ils ne se rendent même plus compte de leurs bourdes. « Erreur de communication » ! La vérité toute brute : Ici, on fait de la com’ ! Ou, parodiant Dante : « Vous qui entrez ici, perdez toute espérance… de vérité. Vous n’aurez que de la com » ! »

Macron, c’est ça : un “com’ mû niquateur”. Il se gargarisait déjà « d’emmerder » certains Français, et trouvait le premier groupe sélectionné pas assez important. Il en remet donc une couche, par tous ses moyens adaptés.

Des psychiatres se sont déjà penchés sur son cas, sans jeu de mots. Le temps passant, leurs dossiers s’enrichissent. Les mensonges compulsifs, la jouissance sous les huées, les colères de petit maître, d’enfant déjà bien gâté, et last but not least, les crises clastiques (de destruction) des objets politiques dérobés aux Français.

À sa décharge, il n’a eu la vie facile. Obligé de se battre contre de méchants agents du fisc qui le harcèlent si bien que sa fortune totale est de 400060,86 €[1] ! Pauvre malheureux ! Juste de quoi acheter un studio de 40 m2 à Paris ! Et puis, son adolescence malheureuse, souffrant de harcèlement scolaire : ses parents « le changent d’établissement pour l’éloigner de Brigitte Trogneux, sa professeure de théâtre et de français avec qui il entretenait une relation[2]. »

On comprend ses complexes, ses frustrations, son besoin thérapeutique de se défouler sur quiconque ne s’aplatit pas devant ses fulgurances d’intelligence ou de langage. Voilà ce que ses interlocuteurs paysans du Salon n’ont pas compris. Honte à eux, qui ont de gros tracteurs dont les prix, pour moins de 200 chevaux vont jusqu’à 120000 € HT et dans les 350000 € pour avoir près de 600 cv.

Vous rendez-vous compte ? Ces gens, avec un seul tracteur moyen, quelques brouettes, quelques hectares, et s’ils rajoutent deux ou trois vaches, sont presque plus riches que le président ! On comprend ses complexes, et sa façon un peu débridée de tenter de les résoudre.

Mais finalement, c’est bien triste. Pour lui, je m’en moque. Mais pour nous, pour la France…

Antoine Solmer

[1] https://business-cool.com/decryptage/analyse/emmanuel-macron-fortune-etudes-parcours/

[2] Idem.