
L’INDIGNATION NE DOIT PAS ÊTRE UNE QUESTION DE COULEUR DE PEAU
Le Parisien de ce 14 juillet 2020 riquiqui, dans l’article de Florian Loisy, reprend les propos récents de Patrice Quarteron, ce quadragénaire spécialisé en boxe thaï et kickboxing, aussi impressionnant par ses mensurations de poids super lourd (1.98 m, 118 kg) que par ses victoires (49 sur 46 combats). En effet, ses déclarations méritent qu’on les lise, qu’on s’en imprègne, et qu’on les commente. Il avait récemment critiqué les propos de Camélia Jordana comme « scandaleux et mensongers ». Mais voici quelques nouveaux extraits :
« … pour Bayonne ou la gendarme Mélanie. J’ai été choqué par le silence de tous ces artistes engagés : Omar Sy, Yannick Noah, Camélia Jordana. Ils sont toujours solidaires lorsque cela concerne un jeune Noir ou Arabe. Mais on ne les entend jamais lorsqu’un Blanc se fait tuer lâchement et gratuitement, alors même qu’il ne faisait que son travail. L’indignation ne doit pas être une question de couleur de peau. »
« Je ne soutiens pas systématiquement la police, d’ailleurs j’ai eu des propos très critiques sur certains aspects de leur métier : leur inaction face à la vraie délinquance notamment. »
« Les gens honnêtes en ont marre d’être laissés à l’abandon dans ces cités à la merci des dealers et de la délinquance. »
Voilà un beau pavé dans la mare jeté avec la force nécessaire et probante. En effet, ce boxeur est né et a vécu dans les fameuses cités où, rajoute-t-il, il connaît : « … cette mentalité qui dit qu’un Blanc, dans la tête de certains, n’a pas le droit de donner d’ordre. Il ne doit rien dire sous peine de se voir massacrer. »
Mais dire la réalité lui vaut des bordées d’insultes qui fleurent l’égout et de menaces qu’il attend de pied et de poing fermes, si nécessaire. Mais parler, surtout parler vrai, à la France et de la France, vaut mieux que de démolir un ennemi, sauf en cas de légitime défense, bien entendu… à moins que ce ne soit « mal » entendu par un juge rougeoyant.
Il est donc bien et bon de relayer le témoignage et le courage de Patrice Quarteron. Merci au journal Le Parisien et à tous les autres qui en font de même.
UN JOCKER ?
Toutefois, était-il nécessaire que le journaliste assaisonne son reportage d’une de ces petites phrases-jockers : « … des propos lui valant notamment d’être applaudi par l’extrême-droite. »
Comment faut-il l’interpréter ? Comme une sorte de retrait défensif ? Comme une pique empoisonnée ? Comme un témoignage indirect sur la pensée de gauche dont chacun reconnaît les indignations sélectives ? À moins que les trois solutions ne soient valables « en même temps », c’est-à-dire dans le flou des échappatoires…
LE RÔNIN NOIR
Mais oublions ces questions oiseuses. Mieux vaut garder en mémoire le surnom de rônin noir attribué à Patrice Quarteron. Il s’agissait certes de valoriser son image de samouraï et d’y associer sa couleur de peau. Je l’adopte sans hésiter. Plus encore, je l’associe à la très célèbre histoire des 47 rônins, devenue au Japon, et maintenant en France, le symbole de la fidélité et de l’honneur.
Oui, rônin noir, le surnom de Patrice Quarteron lui va comme un gant… de boxe.

