
Comme il est étonnant d’écrire cette simple expression Pâques 2021. Encore plus étonnant d’écrire simple. Car s’il est simple pour un chrétien croyant de l’écrire, il est aussi simple pour un incroyant de trouver simple celui qui l’écrit. Mais il est encore plus simple pour un quelconque ministricule, au sein de son ministri-culte de pondre un œuf mal tourné, sur lequel est écrit « Aller fêter Pâques n’est pas un motif dérogatoire. [1]» Donc le ministre délégué aux transports s’est manifestement retransporté « au sein de sa famille “une structure intellectuelle de gauche”.[2] » Comme quoi tout s’éclaire, pourvu qu’on allume les cierges des Lumières, sauf celui de la sainte fête pascale.
Cela dit, écrirons-nous Pâques 2022 ? Au train où avance ce ministre retransporté, la prochaine épidémie de chutes de météorites redoutée imposera de ne rien fêter à tendance sanctifiante l’an prochain… sauf peut-être un 14 juillet, ou alors un 2 septembre. Pour la première date, je pense que les explications sont superflues. Pour la seconde, reportez-vous à l’année 1792 et au mot massacres.
Nous sommes loin de l’esprit de Pâques ? Pas tellement si l’on considère les petites cérémonies préparatoires du vendredi saint d’il y a quelque 2000 ans. Encore moins si l’on pense davantage en termes de résurrection qu’en termes d’enterrement civil.
Pourtant, dans cette France qui fut, du temps de sa grandeur, la fille aînée de l’Église – une fille bien souvent turbulente – la fête de Pâques 2020 fut déjà escamotée, et la présente « n’est pas dérogatoire » sans oublier que « les repas en famille et les rassemblements ont été expressément interdits dans les départements confinés, les offices religieux peuvent être maintenus pendant le week-end de Pâques. » D’ailleurs, le bonhomme aux hublots « a précisé que les jauges actuelles seraient maintenues pour éviter un trop grand nombre de personnes dans les églises. »
Le plus simple serait peut-être de l’interdire.
Il y aura bien quelqu’un pour me rappeler « la » covid ! Alors je lui répondrai de penser « au » covid, ce virus qui se moque comme de sa première protéine spike des gesticulations distanciatoires, bals masqués étouffants, et autres attestations anti-rogatoires, mais bureaucratiquement auto-sanctifiées.
À bien y réfléchir, cet article est destiné autant aux chrétiens de toutes moutures qu’aux religions voisines ou lointaines, sans oublier les athées de derrière les plus vieux fagots. Car, pour chacun de nous, l’essentiel est de croire qu’après les périls mortels, une vie peut renaître. Comment ? Sous quelle forme ? Pourquoi ?
That’s the question !
[1] https://www.sortiraparis.com/actualites/a-paris/articles/246971-week-end-et-fetes-de-paques-ce-qui-est-autorise-et-interdit-en-france
[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Djebbari

