Je pense qu’il faut reconnaître le talent de la vérité partout où il se niche. C’est pourquoi j’intercale dans mes écrits d’autres points de vue. « Point de vue » au sens propre, à savoir : de quel endroit l’auteur observe les évènements en cours. Entre Fabrice et Napoléon à Waterloo, la différence de point de vue était majeure, concernant le fait fondamental : la bataille et son sort.
Aujourd’hui, je donne la parole à – je prends la parole de – Daniel Pollet dans Riposte laïque[1]. On sent l’exaspération parfaitement compréhensible, et l’incompréhension de la moutonnerie des Français.
J’ai mon explication : Malheur à la ville dont le prince est un enfant vicelard. Surtout dans un pays trop vieux, trop peuplé de vieux de corps et d’esprit, de 7 à 77 an.
Antoine Solmer
÷ ÷ ÷
Je ne plains ni les Parisiens ni les bistrotiers !
Divers reportages et articles nous invitent à pleurer sur le sort des Parisiens embrouillés par les restrictions d’accès à des zones sécurisées et sur celui des bistrotiers voyant fondre leur clientèle comme neige au soleil. Une courte vidéo* résume pourtant bien la leçon non apprise par ces bistrotiers pendant la période covid, et au moins deux livres** d’enquêtes journalistiques révèlent les agissements discutables de la Hidalgo et de sa clique amenant Paris dans son état actuel, urbain, esthétique, hygiénique, financier, culturel, touristique, sécuritaire, de réputation, etc. Depuis dix ans qu’ils l’ont élue et réélue malgré les désastres, les Parisiens n’ont que ce qu’ils méritent, tout comme les Français qui ont élu et réélu Macron malgré tout le mal qu’il avait déjà fait, toutes les saloperies qu’il avait déjà dites de notre peuple, prononcées de préférence depuis un pays étranger.
J’ai connu Paris dans mon enfance, ma jeunesse, c’était une belle ville empreinte de son passé historique, où on pouvait encore circuler et stationner avec un véhicule sans trop de soucis. Il n’y avait pas de rats, pas de campements sauvages, les rues étaient propres et la police faisait son travail normal de circulation et de prévention. Il n’y avait pas d’originalité idéologique interférant avec l’organisation urbaine puisque la ville était administrée par l’État, seulement secondé par des maires d’arrondissements. Le métro était utilisé par des gens allant à leur travail, chacun payait son billet, se tenait convenablement, on y rencontrait des enfants bien éduqués et le personnel de la RATP était omniprésent, en uniforme. On pouvait marcher dans toutes les rues sans crainte, quelle que soit l’heure, on rencontrait des filles seules qui étaient tranquilles et que nul n’importunait.
Les bistrotiers et autres restaurateurs parisiens se sont illustrés, durant la période covid, de la façon la plus honteuse qui soit : ils ont accepté de jouer le rôle d’auxiliaires des flics, lesquels venaient contrôler les QR-codes avec des fusils d’assaut – qu’ils n’utilisent pas dans les banlieues – et eux ils contrôlaient aussi ces QR-codes avant tout autre accueil de leur clientèle. L’un d’eux, vu à la télé, exigeait deux contrôles : l’un fait par ses employés et l’autre par lui-même. Supposons que les flics débarquent dans son bistrot, et voilà le client contrôlé trois fois pour boire un verre ! Ce n’était pas mieux en province : sur la place de la Comédie à Montpellier, l’un d’eux avait barricadé sa terrasse en ne laissant qu’un étroit accès où officiait un employé en permanence. Dans les Cévennes, les gendarmes patrouillaient même sur les sentiers pédestres pour vérifier le port du masque. Cette période restera inoubliable.
Les bistrotiers parisiens, comme tout le monde, ont été avertis par les gens lucides, qui s’informent en dehors des médias de grand chemin, et que les idiots appellent complotistes. Non seulement le zèle pervers qu’ils déployaient était démesuré, mais on leur a bien dit que ce système n’était nullement exceptionnel, qu’il reviendrait pour d’autres motifs, d’autres usages. On les a prévenus que s’ils acceptaient toujours, les malades qui nous gouvernent ne s’arrêteraient jamais. Mais ils ont préféré jouer aux shérifs avec l’assurance du camp du Bien. Ils ont accepté l’argent du gouvernement, ces fameuses indemnités que nous payons tous encore aujourd’hui, mais qui étaient dépendantes de conditions absurdes : il fallait prouver le chiffre d’affaires de l’année précédente. Personne n’a pensé à ceux qui débutaient ! Ainsi une jeune femme ayant investi tout son argent, un prêt bancaire et son enthousiasme dans un salon de coiffure récemment ouvert a dû le fermer sans indemnités ; avec le prêt à rembourser et une banque indifférente ; alors elle s’est suicidée. Ces bistrotiers se sont-ils préoccupés de son sort ? Ont-ils fait preuve envers elle de solidarité ? Non mais ils ont intégré les rangs de tous ceux que l’on paie à ne rien faire, sans vergogne.
Aujourd’hui le QR-code est revenu. Surprise ! Des kilomètres de grilles barrent les rues, les trottoirs, les portes cochères, l’accès aux magasins. Il y a des flics partout. Il faut un QR-code pour accéder à sa propre rue, son propre logement. On ne peut même plus garer sa voiture dans son garage. L’obsession de la sécurité est entrée dans le domaine de la psychiatrie. Il y a même des flics étrangers. Les raisons de cette présence sont déjà l’objet d’articles inquiétants. Le stress et la contrariété se lisent sur les visages. Quand on a pu accéder à son travail, rentrer chez soi ou dans son hôtel, on est bien content et l’envie d’aller flâner serait aussi incongrue que celle de manger des gâteaux secs lorsqu’on a soif. Alors on fait cuire des pâtes, on allume la télé, on regarde au dehors le désordre installé par la Hidalgo et le Macron pour qu’ils aient leurs Jeux olympiques après un improbable bain dans la Seine toujours aussi repoussante, puis on va se coucher en essayant de ne pas penser au lendemain fliqué et aux grillages hideux barrant des rues désertes. On pourra toujours rêver de l’après, quand les JO seront finis. Encore que la Hidalgo veut transformer les voies réservées aux JO en exclusivité pour le covoiturage, ça fera toujours un peu d’embouteillages en plus… Comme à Montpellier où on a multiplié les pistes cyclables en lieu et place de voies banales et où ne circulent que de rares vélos, quand il ne fait pas trop froid ou trop chaud.
Dans ce contexte les bistrotiers, hôteliers et autres restaurateurs qui pensaient gagner le pactole du siècle en sont pour leurs frais. Qui aurait envie d’aller boire un verre à côté d’un grillage après avoir dû présenter un QR-code à l’obtention difficile ? Qui aurait envie d’utiliser le métro dont plusieurs stations sont fermées alors qu’on ne peut pas utiliser sa voiture ? Qui aurait envie de déambuler à sa convenance dans des rues encombrées par des gens contrariés, ou désertes comme en temps de guerre ? Qui aurait envie de payer très cher pour compenser l’hystérie des JO et le manque à gagner de la désertification ? Qui aurait envie de tout ça ? Alors les gens ne viennent plus spontanément, décommandent leur réservation, se préservent de cette ambiance désagréable et inquisitrice, renoncent aux petits plaisirs conviviaux, touristiques, ordinaires qu’offrent les bistrots et les restaurants dans un pays normal. L’état de siège ne leur convient pas, c’est compréhensible. Alors si les bistrotiers pleurent, tant pis pour eux, ils n’avaient qu’à pas faire un zèle indécent pendant la période covid, là où les politiciens mondialistes ont testé la docilité, la soumission, la bêtise des foules peureuses et stupides. Ils ont glorifié le système fliqué, y ont participé avec enthousiasme. Ils semblent ignorer que ce système reviendra encore, en bien pire, avec de multiples applications. Ils ont chanté le QR-code ? Et bien qu’ils dansent maintenant !
Daniel Pollett
[1] https://ripostelaique.com/je-ne-plains-ni-les-parisiens-ni-les-bistrotiers.html

