DE LA GRAMMAIRE ANGLAISE VUE D’UN AUTRE ANGLE
Revenons sur la question des pronoms dans la grammaire, version inversée multi-focus. En parcourant d’autres pages du site, nous prenons une leçon d’anglais passionnante. Certes, on y retrouve la confusion (dois-je l’écrire avec un trait d’union ?) entre le pronom personnel et l’adjectif possessif (désolé mais le terme déterminant au lieu d’adjectif me détermine à ne pas l’employer). Broutille, pour ces cerveaux de haute volée. Passons aux choses sérieuses.
Nous apprenons que « l’ensemble formé par les pronoms they/them est acceptable quand vous ignorez si la personne utilise un ou plusieurs ensembles de pronoms. »
Comme on me conseille de visiter la page des ressources [1] pour en apprendre davantage sur « les siècles d’histoire derrière le pronom they associé à une personne unique », je m’y suis rendu. Faites-en autant si vous souhaitez devenir un expert de la pratique du temps de Shakespeare ou du pluriel implicite). Cependant, contrairement à l’attente des intéressés Wikipedia précise au sujet de « l’ascension du langage neutralisant le genre » que l’on a cessé de recommander l’usage de they pour la troisième personne du singulier avec un antécédent non indéterminé au singulier ». Mais comme vous trouverez autant de contre-exemples que vous voudrez…
DES QUESTIONS PLUS ANCIENNES
Qu’en penser ?
D’abord que nous pourrions nous intéresser au fameux (Ta) zoa trekei qui nous apprend en grec ancien que « les animaux court », car le sujet de genre neutre au pluriel induit un verbe au singulier. Une formulation qui vivait encore du temps de Pascal [2] jusque dans les originaux de ses pensées. Sans oublier le parler campagnard, où « je courons » se trouve même repris dans Le Mariage inattendu de Chérubin, d’Olympes de Gouges [3], sans oublier : « Je venions, Madame la Comtesse, pour avoir l’honneur de vous présenter notre biau-fils » et d’autres exemples.
Qu’en penser encore ?
Qu’au moins les discussions sur le sexe des anges reprises par saint Thomas d’Aquin nous portent un peu plus loin que les divagations précédentes de nos inverseurs de sens.
Ainsi dans sa question : « Y a-t-il, en dehors de Dieu, un être qui soit infini en son essence ? » le « docteur angélique » de l’Église (cela lui va d’autant mieux), après quelques objections, précise : « … si nous parlons de l’infini qui se rapporte à la forme, alors il est clair que les êtres dont les formes sont unies à la matière sont finis absolument et ne sont d’aucune manière infinis. Mais s’il y a des formes créées, qui ne sont pas reçues dans une matière, mais qui subsistent par elles-mêmes, comme certains le disent des anges, ces formes-là seront infinies d’une certaine manière en ce qu’elles ne seront pas limitées, restreintes par une matière quelconque. Néanmoins, comme toute forme créée ainsi subsistante a l’être et n’est pas son être, il est nécessaire que son être, lui, soit reçu et par suite restreint aux limites d’une certaine nature. Un tel subsistant ne peut donc être infini purement et simplement. »
Et nous retrouvons ces anges, non seulement pour une question de sexe, mais comme partie de solution à la question précédente :
« …Que l’énergie de l’intelligence puisse s’étendre en quelque façon jusqu’à l’infini, cela provient simplement de ce qu’elle est une forme non unie à la matière, forme totalement séparée, comme sont les substances des anges, ou tout au moins qu’il s’agisse de la faculté intellectuelle, qui, dans l’âme intellective unie au corps, n’est pas l’acte d’un organe du corps. »
Le lecteur féru de philosophie aura reconnu sans peine la trace d’Aristote en cet extrait. Peut-être est-ce un peu plus élevé que des histoires de Q et autres lettres de l’alphabet.
DE LA PRONOMOLOGIE ET DES SEXY FOLIES
Qui pensait s’en tenir là aurait oublié une chose : il existe des spirales infinies et des délires qui les accompagnent. Ainsi nos serviteurs du dieu Pronom se distribuent les rôles de leur nouvelle religion.
La liste des personnes classiques de la conjugaison, même tarabiscotée, ne leur suffisait pas. Ils ont ouvert la porte vers le grand large. Par exemple, le « couple » – si j’ose dire – Ze/hir. À l’opposé, le « No pronouns », comme son nom l’indique, qui vous obligera à répéter sans cesse son, votre, leur, nom (ou un autre, si l’envie le, la gagne). John a mangé le sandwich de John que Zoé a digéré sur le canapé de John… Imaginez la suite et prenez d’avance un rendez-vous pour une consultation spécialisée !
Mais si vous n’avez pas trouvé votre bonheur pronominal, il (elle, nous, tous, l’autre, etc.) vous est proposé Mr (Mister) ou Mrs (Misses) en Mx que vous prononcerez Mix. Cela si le semi-classique vous tente encore. Sinon, sautez le pas, usez du per/pers, ey/em, xe/xem, etc. Osez aussi des « néopronoms ». Par exemple : thon, e, tey, xe, ve, hu, sie, peh, fae…[4]
Si vous croyez que j’exagère, rendez-vous sur le site en question [5]. J’admets avoir un peu « chargé la barque », mais elle était déjà près de déborder, alors, un peu plus un peu moins…
Je poursuivrai cette étonnante enquête spéléologique dans le gouffre pronominal mais en attendant vous êtes tous conviés à participer à la Journée Internationale des Pronoms, le troisième mercredi, 19 octobre 2022.
« Le respect, le partage et l’éducation à la banalisation des pronoms personnels » seront à l’honneur et si vous manquez d’imagination, consultez la liste des activités proposées [6]
À suivre
Antoine Solmer
[1] https://en.wikipedia.org/wiki/Singular_they
[2] http://www.penseesdepascal.fr/XXIII/XXIII1-savante.php
[3]https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Olympe_de_Gouges_-_Le_Mariage_inattendu_de_Ch%C3%A9rubin.djvu/106
[4]https://en.wikipedia.org/wiki/Gender_neutrality_in_languages_with_gendered_third-person_pronouns#Summary
[5] https://pronouns.org/how
[6] https://pronounsday.org/participating

