
Pour ne pas mélanger les genres, j’ai préféré ne pas ajouter mes propres lignes directement à l’article de Bernard Lugan. La longueur en fût devenue excessive. Je reprends ici ma « plume ».
UN SONDAGE ? POURQUOI PAS !
Il est des évidences qui amènent à penser, telle que celle des « anciens sujets » qui reviennent dans l’ancienne métropole. Dans le meilleur des cas on pourrait les diviser en tiers : favorables à la France, indifférents, ou hostiles. Bizarre qu’en ces temps de sondages incessants, celui-là n’ait point éveillé l’intérêt des professionnels. J’ai bien écrit « dans le meilleur des cas ». Et si c’était le pire !
L’ÉCONOMIE EN PERSPECTIVES
Je passe sur le « pillage colonial » au sujet de laquelle une discussion directe avec les représentants de cette tendance est impossible. Aucun argument n’a jamais éteint une haine. Je révise donc mon option optimiste des trois tiers d' »ex sujets ».
J’apporterai cependant une ouverture différente sur « la France ruinée », et cela de deux façons.
La première, sous réserve d’inventaire. Il a tout de même existé des plus-values provenant de l’Algérie vers la ville de Bordeaux, et plus précisément au quai des Chartrons. Car, n’en déplaise aux oenologues un peu trop cocardiers, bien des « Bordeaux » ne méritaient leur appellation qu’après ajout discret de vin d’Algérie destiné à en relever le degré. Il faut se souvenir que l’accord des Chartrons de 1913 se traduit par une vieille formule locale : « ce qui entre dans nos caves, c’est du vin. Ce qui en sort, c’est du Bordeaux. » Comprenne qui peut et qui veut !
Mais je ne voudrais pas manquer d’ajouter la question du gaz et du pétrole, non cités dans cet article (peut-être par ailleurs ?). Je crois savoir que nous en importons suffisamment pour que cela nécessite une réévaluation.
Et même si mon questionnement financier me valait en retour une volée de bois vert, je n’en tiendrais pas moins fort à son complément obligatoire : il est des marchandises pour lesquelles le comptable doit compter et ne pas ouvrir le bec. Les matières premières indispensables à l’indépendance d’un État en font partie.
Les communistes l’ont très bien compris qui répètent inlassablement (plus ou moins fort, je l’accorde) à chaque mise en oeuvre d’un bateau de guerre, qu’on pourrait à la place construire tans d’écoles, d’hôpitaux, etc.
Alors, poursuivant ce raisonnement, armons tous nos soldats de solides bâtons, cela fera bien des économies… et la Suisse pourra nous envahir en un week-end. Au fond, ce ne serait peut-être pas une mauvaise idée ? La Suisse ou des gens un peu moins gentil…
Quant aux construction du génie civil ou militaire en Algérie, elles ont certes nécessité des investissements. Mais ils étaient totalement nécessaires puisqu’il n’y avait rien ! Et la suite devait prendre une allure de croisière, un fois l’équilibre atteint. Je crois savoir (à moins que les lois de la dynamique n’aient été modifiées) que toute action consomme davantage pour son lancement que pour son entretien. Regardez toutes les courbes de consommation de tous les systèmes du monde. Depuis le démarrage de votre voiture, ou de votre congélateur, jusqu’aux plans économiques les plus simples.
Et là aussi, il faudrait prendre en compte le niveau atteint par rapport aux satisfactions des habitants, ce qui aurait changé l’histoire de France si…
POLITIQUES POLYTOCS
Il faut maintenant en venir à la politique.
Celle du fameux Jules Ferry d’abord. Ce n’est pas sa phrase qui me gène, mais tout ce qui s’est passé derrière en termes de décisions jacobines prises de Paris par des fonctionnaires qui ne connaissaient rien au terrain local. Et cela, c’est un malédiction française qui dure, qui dure… Il y aurait des livres complets à écrire sur ce seul point, avec ses conséquences désastreuses.
Et puis, le final en beauté : le lâchage de l’Algérie française par un de Gaulle souverain, méprisant, poussé par sa haine des territoires hors métropole, et par sa myopie géopolitique majuscule concernant la montée de l’islamisme poussant le mouvement des indépendantistes dits « algériens » alors qu’ils étaient français !
Myopie et trahison, ça fait beaucoup. L’abandon politique alors que la guerre était gagnée : comment appeler cela ? La trahison des musulmans fidèles à la France (et pas seulement les harkis), le viol de la Constitution française où était garantie l’intégralité du territoire, l’expatriation (et non le rapatriement) de près d’un million de Pieds-Noirs.
Une solution géopolitique tenant compte de la réalité que l’on connaissait aurait pris en compte un esprit musulman n’ayant rien à voir avec le salafisme, l’énorme disproportion entre les troupes FLN et ALN réduites à presque rien, et la masse des musulmans tranquilles, la possibilité pour l’Algérie d’être une zone tampon avec le salafisme, au pris de quelques accommodements à décider sur place.
Au lieu de cela, les accords d’Évian passés à la poubelle de l’histoire gaullienne (et ça continue), les politiques lamentables de Giscard et Chirac (regroupement familial, etc.), les fausses sorties du Macron de service, l’ensemble obligeant ce pays en faillite à surenchérir en agression anti-française, et à faire construire ses routes, et autres, par les Chinois.
Tout gagné ! Cocori...
Antoine Solmer

