Au risque de paraître lourd – ce qui m’arrive, j’en suis conscient – et de ressasser les mêmes idées, je voudrais revenir sur les thèmes développés dans nos trois derniers éditoriaux : la France n’est plus gouvernée, ni dirigée, ni conduite. Au mieux, elle est “ad-mi-nis-trée ”. Ce n’est pas pour rien que la porte d’entrée vers les ors et les juteuses prébendes de la République se nomme Ecole Nationale d’Administration – le récent “changement” ayant conservé ce mot-clé : le glorieux “Pom-pom-pom-oom” de radio Londres s’est avachi : “les énarques parlent aux énarques !”). L’aristocratie ne se définit plus par le sang, mais par la maîtrise du jargon technocratique. Et cela est vraiment catastrophique, à tous les étages !
Les vacances et ma nouvelle solitude me laissant un peu de temps, j’ai voulu “aller plus loin”, en réfléchissant à ce sujet très épineux et encore plus négligé : personne ne se demande pourquoi notre ex-belle France, seule parmi les 197 États reconnus par les Nations Unies, est frappée par cette maladie qui fabrique des obligation insupportables, des normes inapplicables, et des interdits inutiles mais humiliants, dans chacun des secteurs de notre vie sociale, publique ou privée… Pourquoi sommes-nos le pays le plus endetté ? Pourquoi, aussi, le plus pressuré par le fisc ? Pourquoi les libertés individuelles s’étiolent-elles plus vite encore que les contraintes inutiles ne s’accroissent ? Pourquoi tout va-t-il si mal, tant de gens sont-ils mécontents, le vrais problèmes ne sont-ils pas traités, etc… Si beaucoup répondent spontanément ‘’Macron’’, ils n’ont pas tort, encore qu’ils ne soit lui-même que le produit d’une filière “En Marche” vers notre désintégration en tant que pays, que Nation, que peuple, que culture, qu’Histoire… et qu’espérances, à terme.
En réalité, il semblerait que tout le mal qui nous est imposé vienne d’une caste de méchants tyranneaux obnubilés par leur ordre paperassier (et totalement inutile quand il n’est pas néfaste à tout progrès réel) et par une volonté maladive que pas un seul de leurs dadas ne puisse être contourné par les pauvres “administrés”: Scrongneugneu, je veux que mes instructions, surtout les plus absurdes, soient appliquées à la lettre, “quoi qu’il en coûte”!). Plus j’avance dans cette réflexion, et plus semble se vérifier cette super-vérité que le fait de voter pour quelqu’un confèrerait (?) à l’élu (sans la moindre justification, bien entendu) une sorte de droit de propriété à la fois sur les êtres, les choses et les événements, et lui donne une autorisation tacite de faire ce que bon lui semble, et donc d’imposer à tous ses idées (ou celles de ses maîtres-à-penser, surtout s’ils sont à Gauche) : “Je suis maire, Président, député, élu lambda… et donc (sic !) j’impose ma volonté à mes anciens électeurs devenus par ce vote-même mes ‘’administrés, donc – un peu – mes serviteurs, mes subordonnés, voire, pour les plus ’‘atteints”, mes esclaves.
Un exemple illustrera cette idée, pas facile à exprimer : c’est très récemment que le Maire de mon ex-joli village de Mougins, littéralement ravagé par une équipe municipale ivre de son pouvoir “puisqu’elle a été élue” (Sic ! Comme si un vote, un jour, à l’issue d’une campagne où chacun a multiplié les promesses mensongères, autorisait les heureux vainqueurs à remplacer leurs engagements irréalisables par une juxtaposition de “n’importe quoi” chargés de montrer “qu’il se passe quelque chose”), a émis un bulletin qui intimait aux contribuables – mais soi-disant “en leur nom” et “pour leur bien” (sic !) –, le texte honteux suivant : “À compter du…, les bacs des ordures ménagères et du tri sélectif devront être sortis à 05 heures du matin, avec une tolérance la veille à partir de 22 heures, et devront être rentrés dès après le passage de la collecte” Le non-dit de ce charabia tyrannique est limpide :
Ces mots (c’est du volapük administratif) ne peuvent avoir qu’un seul sens : “Moi, administrateur, je vous ordonne de trimballer vos poubelles au petit matin blême. Mais, dans mon immense générosité, je ’’tolère” quelques arrangements limitant cette règle issue de mon seul bon vouloir. Mais attention ! Si je constate des excès, je supprimerai d’un mot cette tolérance, Qu’on se le dise’’ (je devrais écrire : “Cons se le disent”!). Ce texte courtelinesque (NDLR : Georges Courteline est célébré à Mougins par divers artères et monuments. La ville lui devait bien ça, au vu de ce qui précède !) illustre parfaitement le thème de cet éditorial : l’Administration est reine, dans notre France républicaine, devenue un pays d’adjudants-chefs, de “juteux” (dans ce que ces braves gens ont de mauvais, d’excessif, de caricatural, de rétrograde). Nos élus règnent de manière incontrôlable sur un pays devenu une dictature qui s’ignore, dans le mépris le plus affiché des vœux, des souhaits, des désirs et des vrais besoins des électeurs qui n’ont plus le droit de penser qu’une fois tous les 4 ou 5 ans… et doivent se soumettre, tout le reste du temps, aux caprices les plus puérils mais les plus néfastes quand ils ne sont pas mortifères, de chefaillons mal formés, incontrôlés, et de plus en plus tyranniques… qui osent essayer de nous faire croire que nous serions toujours en démocratie ! Quel culot !
Je parlais des idées de cet éditorial avec un ami-lecteur, qui m’a soumis un petit texte que je ne résiste pas à partager : “1 % des humains règnent sur le monde… 3 % sont des clones… qui les suivent… pendant que 91 % dorment … parmi lesquels 5 % connaissent ou ont découvert la vérité (le Pouvoir et la Presse-aux-ordres les appellent ’’les complotistes”, dans l’espoir vain d’en détourner nombre de braves gens’’. En résumé, concluait mon ami, “Les 1 % se servent des 3 % pour empêcher les 5 % de réveiller les 91 %”. Et certains s’étonnent que plus rien ne fonctionne et que chacun des sous-groupes de notre société se révolte et veuille tout casser.
Seul ennui : le seul remède connu (et il est, en plus, tellement tentant, quand le “leadership”, la “vista” et les bonnes solutions sont totalement absents du panorama visible et de tout discours ambiant) consiste à tout casser… Or on sait que rien de vraiment et durablement bon n’est jamais sorti de tout mouvement violent… dans lequel, pourtant, mais sans toujours nous en rendre compte, nous somme déjà très largement engagés… Et même, à en croire certains, il serait déjà trop tard…
H-Cl.

