L’ANTISÉMITISME PUE
Avec un titre comme celui-ci (L’ANTISÉMITISME DE PACOTILLE, C’EST BON POUR LES JARRETS), les pisse-copie et autres excréments qui se veulent de si haute moralité se réjouiraient de me faire passer pour un antisémite, ce que je ne suis pas. Mais je dois préciser, d’autant moins antisémite qu’il y a plusieurs civilisations sémitiques, dont celle des Arabes et celle ces Juifs. Encore, à l’intérieur de ces deux groupes majoritaires il existe des sous-groupes qui tiendraient certainement à me rappeler que je les oublie. Non, braves gens ! Si j’oublie quelqu’un, c’est par ignorance et non par malversion (je ne veux pas écrire malversation) de ma pensée. J’ajoute que l’article dit défini de notre langue française permet, sans aucune honte (pour lui) d’indéfinir les noms auxquels on le rapporte. C’est comme ça. L’article défini regroupe tant d’indéfinis en lui qu’il en devient indéfiniant (aujourd’hui, c’est la fête aux néologismes) et pratiquement indéfinissant. Et pour faire plaisir aux Ouoks l’article prétendument défini indéfinie sexuellement (du verbe indéfinier qu’il me plaît de néologier) les participants d’un groupe. Ainsi le veut la grammaire qui se cache derrière la notion de groupe, ou celle de métonymie. Et qu’on ne me parle plus du cartésianisme français, sinon pour en montrer les limites. Si j’avais le temps, je vous en dirais ce qu’en pensait le regretté Henri Ey, psychiatre de renom.
Antisémite, je ne suis donc pas, pour diverses raisons. La première est que se f.. sur la gu… parce que quelqu’un est d’une autre origine me paraît digne de la première rencontre entre les hommes de Cro-Magnon et les Néandertaliens. On imagine peu de salamalecs et beaucoup plus de grognements.
Antisémite, je ne suis donc pas, parce que, me mettre à dos deux civilisations pareilles reviendraient à perdre beaucoup trop pour tout le monde.
Antisémite, je ne suis donc pas, parce que la Shoah (traduction par l’hébreu de catastrophe) est encore dans les mémoires et que cela ne s’oublie pas, au moins à quelques générations près, dont je respecte la douleur, et même la haine, si nécessaire. Mais ne nous prenons pas, ni les uns ni les autres, pour des puits mémoriels sans fond. Tous les peuples, sans exception, à quelque moment de leur histoire ont mérité le qualificatif génocidaire ou au moins exterminateur. Et quand on lit la Bible, on apprend ce que veut dire au fil de l’épée. « On passa aussi au fil de l’épée tout ce qui s’y trouvait de vivant, en vertu de l’anathème. On n’y laissa pas âme qui vive et Haçor fut livrée au feu. Toutes les villes de ces rois, ainsi que tous leurs rois, Josué s’en empara et les passa au fil de l’épée en vertu de l’anathème, comme l’avait ordonné Moïse, serviteur de Yahvé[1]. » Quelques lignes plus loin, pour que nul n’en ignore : « Et toutes les dépouilles de ces villes, y compris le bétail, les Israélites les prirent comme butin. Mais tous les êtres humains, il les passèrent au fil de l’épée, jusqu’à les exterminer. Ils n’y laissèrent pas âme qui vive. [2]» Autres exemples pour qui en veut.
Bref, je ne suis pas antisémite au sens où je l’ai développé. Et aussi pour une autre raison, compte tenu des mes antécédents possibles. Si je poussais cet antisémitisme à ce point, peut-être devrais-je me pendre ? Allez savoir !
Et puis, plus littérairement parlant, quelles merveilles de pensée nous ont léguées ces civilisations. Ici encore, si nous portons la haine vers tout cela, autant jouer à Farenheit 451. Le film est bon, mais lisez le livre, c’est encore plus chaud.
ET LES JARRETS, ALORS ?
Ici, je reviens à mon titre. Quelle relation avec le bienfait pour les jarrets ? C’est simple : la « manif » de demain de la place de Invalides (avec ou sans jarrets) jusqu’à celle d’Edmond Rostand (où se situait le Capoulade, du temps où les fringueries à deux balles n’avaient pas envahi le Boul’Mich’, tant sur le trottoir des cocus que de l’autre côté).
Mais attention, il y a manif’ et manif’, et pas meeting comme nous l’apprend la très sémiologique Yaël Braun-Pivet, présidente d’une assemblée dite nationale dans laquelle certains députés apparaissent à ses yeux comme non-nationaux. Mais elle croit que « la concorde nationale est indispensable[3]. » J’ai dû louper un truc ! On vieillit sans s’en rendre compte. Elle va plus loin : Il ne faut pas « salir le message… avec des polémiques stériles. » Bref, elle revisite une vieille chanson de Renaud quand il tenait debout : « Toi tu m’fous les glandes, t’as rien à foutre dans mon monde, arrache-toi d’là, t’es pas de m’a bande, casse-toi tu pues et marche à l’ombre. »
Soyons honnête, la digne femme n’a pas chanté, du moins, sur ces paroles. Mais le sens y est. Elle a des lettres. Il nous reste à deviner lesquelles en revisitant le vocabulaire d’un autre Rostand, celui qui faisait parler Cyrano.
Alors, pour être franc, dans cette ambiance méphitique, j’avais une forte envie de ne pas y fo…re les pieds, pour éviter tout dérapage porte-bonheur. Mais un certain Éric et une certaine Marion vont y participer. Alors j’en serai. Car ces deux-là représentent la seule issue pour que la France sorte du bourbier dans lequel elle s’enlise, président après président, chacun jouant à surpasser l’autre dans la bêtise mortifère, ou pire que la bêtise. Il faut qu’ils y soient, ne serait-ce que pour couper autant d’herbe que possible sous les pieds de leurs opposants (j’ai failli rajouter : traîtres, mais je m’abstiens). S’ils n’arrivaient pas au pouvoir, le mieux serait de disparaître avec un peu d’honneur, s’il en reste.
Quant à ce dernier des présidents cités, je le vois à l’aise dans le costume du roi Ferrante, tel que décrit par Henri de Montherlant dans La Reine morte :
« Je ne crois pas que Ferrante y songe aujourd’hui. Mais aujourd’hui et demain ne sont pas fils de la même mère, et moins que jamais sous le coup du Roi. Il est naturellement incertain, et son art est de. faire passer son incertitude pour politique. Il noie le poisson par hésitation et inconsistance mais il arrive à déguiser cette noyade en calcul profond. Il affirme les deux choses contraires à la fois spontanément, parce qu’il est irrésolu et systématiquement, afin de brouiller ses traces. Il mélange avec danger des éléments inconciliables ; nul ne sait ce qu’il pense, mais c’est parce qu’il n’a pas de pensée précise, hormis, quelquefois, sur son intérêt immédiat.) Combien de temps croira-t-il de son intérêt immédiat d’épargner don Pedro et vous ? »
Je rappelle que ce Ferrant meurt à la fin, après avoir massacré la beauté et la vie.
Toute référence à des évènements contemporains ne serait que pure coïncidence, car tout cela n’est qu’un mauvais film.
Antoine Solmer
[1] Josué 11.11, 12
[2] Josué 11.14
[3] https://www.bfmtv.com/politique/parlement/marche-contre-l-antisemitisme-braun-pivet-et-larcher-affirment-qu-ils-ne-defileront-pas-a-cote-du-rn_AD-202311080990.html

