Le sport, c’est le sport. Un point, c’est tout. Le sport « socialise » les gens d’origines différentes, crée du lien social, et sert de tremplin aux politiques… sauf quand ils s’en éloignent prudemment. Mais, s’il y a le sport, il y a aussi l’après-sport. Et là, la baston commence. Montpellier la douce n’a pas manqué de nous en montrer un bel exemple : Un adolescent écrasé par une voiture et quelques incidents consécutifs.
Résumé rapide : Après la défaite du Maroc contre la France (2 – 0), les passions se montrent. Un drapeau français à la vitre d’une voiture, c’en est trop pour un adolescent de 14 ans (Aytem) qui s’en empare. À la suite de cette « préhension » comme le dit le communiqué de la préfecture, le conducteur, par une manœuvre brutale, a écrasé le jeune homme. C’est évidemment une brutalité écœurante qui méritera une lourde peine. Mais d’emblée, l’affaire dépasse ce cadre, car la victime décédée est musulmane, et le conducteur, probablement gitan.
Alors les représailles sont rapides et plus que musclées. L’un des passagers du véhicule subit un lynchage dont il échappe de justesse. Aux classiques feux de poubelles et de véhicules s’ajoutent des barricades, des tirs de mortiers et autres projectiles contre les CRS. Mais, une fois lancée, la chasse se poursuit. Des expéditions punitives suivent au point que « les gitans sont terrorisés, surtout les enfants. [1].» On les comprend.
Cependant, sur le terrain, le représentant des gitans est plus précis : « Une horde de jeunes armés de kalachnikovs a investi la résidence Jupiter pour défoncer la porte d’un appartement, saccager les meubles et mettre le feu, avant de brûler une voiture puis de s’enfuir. »
Ceux-là aussi, on les comprend bien car : « Les gitans de Figuerolles, notamment à la cité Gély informés qu’une partie de cette bande allait venir ont chargé leurs fusils, prêts à en découdre. Finalement, quand les agresseurs l’ont su, ils ont rebroussé chemin. »
On les comprend de mieux en mieux.
Alors, certes des appels au calme ont été lancés de part et d’autre. Cautère sur jambe de bois, à court terme et à long terme.
Ce n’était qu’un cas, tragique, car il y a mort d’un adolescent qui ne supportait pas la vue d’un drapeau français – comme c’est bizarre – dans un contexte probablement criminel. Mais un cas de plus montrant la déliquescence de l’autorité publique.
Je relève spécifiquement que « Une horde de jeunes armés de kalachnikovs » n’a pas tenté de pousser plus loin lorsqu’ils ont appris que « Les gitans de Figuerolles… ont chargé leurs fusils, prêts à en découdre. »
Pendant ce temps, le gouvernement macronien ne trouve rien de mieux à faire que de lancer une « opération nationale d’abandon d’armes à l’État ». Bien entendu, c’est pour éviter des accidents chez ces maladroits demeurés.
Je crois plutôt que la recherche des vieilles pétoires n’est due qu’à la pétoche en haut lieu. Méfions-nous des Gaulois braillards. Enfin de ceux qui restent, si peu dangereux soient-ils. Car, l’étonnant de l’histoire est que ces sites d’abandon ont été très fréquentés.
Mais pas dans certains « quartiers ». Pas fous les habitants des « cités ». Pas fous non plus les organisateurs. N’irritons pas ces « jeunes ».
C’est à ces petits riens qu’on juge la force vitale d’un pays : moins qu’hier et plus que demain.
Antoine Solmer
[1] https://actu.fr/occitanie/montpellier_34172/montpellier-deces-de-l-adolescent-yaka-maraval-les-familles-gitanes-s-enfuient_55990638.html

