VACANCES N°6 – NOËL EN JUILLET : LE MESSI EST PARMI NOUS

MESSI ARRIVE
MESSI ARRIVE

Vacances n°6 – Noël en juillet : le Messi est parmi nous…

 Plusieurs lecteurs s’étonnent (?) que je ne me sois pas précipité pour consacrer un bon nombre de “billets” à ce formidable événement planétaire qu’est l’arrivée sur le sol de France de Sa Majesté (poil au nez) le Roi (poil au foie) incontesté du ballon rond (poil aux yeux !), le Prince des ‘’dribbles’’ diaboliques et des ‘’petits-ponts’’ de l’Ascension, le maître ès-chèques en fin de mois… je veux parler, bien sûr, de notre nouveau roi-mage, du second Pape argentin, notre nouveau père de la Nation, que dis-je, le Messie tant attendu… Messi, en un mot comme en 40 millions d’euros.

  C’est bien simple : depuis qu’a circulé en coulisses le non-secret très savamment ébruité d’une possible signature (on m’a assuré qu’il sait écrire son nom !) au Péhessegeai – qui, du coup, se retrouve paré des plumes du péon – du plus grand homme de tous les temps (1m69 après, dit-on, le plein d’hormones de croissance. C’est tout-de-même plus que… moins), cette nouvelle bouleversante (j’ai du mal à me concentrer sur mon sujet, ce soir, c’est tout dire !) a été de taille à faire passer en seconde place dans les JT l’insupportable ostension bi-quotidienne de bras-anonymes-piqués-en-direct-pour-sauver-l’humanité-de-l’horreur-covidistique ! (NDLR : et si c’était là qu’était le vrai remède contre le SRAS-cov II : avoir enfin quelque chose à dire qui soit différent de ce qui a été dit, redit, reredit et ainsi de suite, dans les 100 fois par jour depuis début mars 2020, au préjudice de toute information, au détriment de tout ce qui se passe sur Terre et aux dépens de l’information, qui est la seule mission connue des chaînes de radio-télévision ?).

Le PSG, embourbé dans sa folie des grandes heures, a donc rendu officielle mardi dernier la capitulation de Paris sous conditions (40 briques/an), Paris outragée, Paris confinée, Paris “pass”-isée, mais… Paris… messisée’’ aurait déclamé De Gaulle, c’est certain, Paris ville ouverte devant le Messi, comme Jérusalem devant le Christ le jour des Rameaux (“Et la foule l’acclamait à son entrée dans la ville. Elle a tapissé le sol de manteaux et de rameaux verts, formant comme un chemin royal en son honneur ; brandissant des branches de palmiers. Ils sortirent à sa rencontre, et ils criaient : Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !’’). On y est !

Le meilleur joueur du monde (c’est un des nombreux titres de noblesse de cet aristocrate d’‘un monde sans foi ni Roi. Le très britannique David Beckham, lui, au moins, avait été fait ’’Sir” par leur Queen Elisabeth II – pas le transatlantique, la Reine –, avant d’épouser, récompense suprême de volaille, la sémillante et spicy Lady Victoria. Ça, ça avait de la gueule !) débarque dans une Ligue 1 transformée en anti-chambre du tapis rouge du Festival de Cannes. La venue sur l’Aventin de l’Argentin aux pieds d’or (20 millions chacun, par an, pour être précis), dont le départ du FC Barcelone a été surjoué jeudi dernier dans des larmes de façade et de crocodile, a un retentissement sans précédent pour et dans le football français, espagnol, argentin, monténégrin, yougo-slovaque, zimbabwéen, andorran, ossète, transnistre, kirghize et que sais-je encore… Le coronavirus, bien que couronné, lui, n’a qu’à bien se tenir : il va voir combien de buts il va en encaisser, ce prétentieux !

En plein milieu d’une période ravagée par la crise sanitaire et l’éclatement de la société française entre les “pros” et les “cons”, où le réchauffement du Giec nous a fait grelotter tout l’été, en cette époque de merde dans laquelle on bosse tant mal que mal entre deux interdictions inutiles mais gouvernementales à 45 000€ et 3 ans de prison l’une (NB : à l’exception, comme toujours, des dealers, confinés dans leurs quartiers réservés et protégés par des armadas de guetteurs – les “choufs”, petits boulots grassement rémunérés pour étudiants illettrés : ils ne savent pas ce qu’ils font, et sont donc pardonnés, même quand ils déciment un clergé pourtant déjà en mal de recrutement : même l’ANPE ne trouve pas de candidats), bref, en des jours où on ne sait plus trop le goût des choses, la joie du farniente sur des plages fermées ou le bonheur d’un “petit noir” pris avec tous ses copains, même ceux qui ne sont pas encore devenus complètement piqués… cette breaking news stupéfiante nous fait l’effet d’un bouquet de roses ou de crevettes (“des goûts et des couleurs, il ne faut pas discuter”, dit le proverbe) : Lionel Messi joue désormais au Paris Saint Germain. Vous avez bien lu (n’hésitez pas à le relire : ça fait vraiment du bien) : LIONEL MESSI JOUE AU PARIS SAINT GERMAIN, cons se le disent !

“Dans vingt ans, on parlera de lui comme on parle aujourd’hui de Maradona”, commentait sur une chaîne officielle un adorateur anonyme à court d’arguments convaincants mais arborant son “Q à l’air code” si envié. Car il existe des esprits corrosifs, malintentionnés, pervers (et même mère verte) qui voient là un coup de marketing sportif sans équivalent (pour sûr, ce sont des complotistes et des “antivax”, ça c’est certain !). Mais non, braves gens qui me lisez ! Nous parlons en ce moment du joueur de tous les superlatifs, du cador des tas d’or, du plus grand de tous les temps, tout simplement. Ce type-là est capable de jouer au football comme Chateaubriand savait écrire aux pommes, a un pied gauche comparable à un Stradivarius et un talent aussi haut que son centre de gravité est bas lorsqu’il court. Enfin… quand il court… Car il se dit sous cape qu’il arrive fréquemment à ce génie d’un mètre soixante-neuf de fonctionner sur courant alternatif… Pour vous donner une idée, quand un joueur lambda termine les matchs en ayant cavalé onze ou douze kilomètres, il n’est pas rare que notre lutin-à-butin hors normes, lui, n’en fasse que sept, et toujours dans le même sens. Mais après tout qu’importe : même si Messi ne joue pas la moitié du temps, c’est l’autre moitié qui nous intéresse.

Car trêve de mauvais esprit : Lionel Messi est capable de tout sur un terrain de foot. De marquer, énormément (759 buts en 961 matches) et aussi de faire marquer les autres, énormément aussi (315 passes “décisives”), d’improviser par cœur, de dribbler trois joueurs dans une cabine téléphonique ou d’empiler les “penalties” perforants imparables. Lionel Messi c’est 6 Ballons d’Or, 4 Ligues des Champions, 10 championnats d’Espagne, 10 coupes d’Espagne, une Copa America, une médaille d’or Olympique… Ce joueur capable de passer un coup d’inspirateur à n’importe quel moment de n’importe quel match, a déjà mis la postérité au pas on ne sait pas qui pourrait l’égaler, mais on sait déjà qu’il est inégalable à jamais.

Évidemment, quand on est forcé de quitter son club de toujours, le FC Barcelone, parce que celui-ci n’est plus capable de vous suivre financièrement, et qu’on débarque au PSG parce que c’est le seul à pouvoir s’acheter vos services (en ryials qataris), on ne le fait pas pour des clopinettes. Aussi, juste avant la divulgation des chiffres en euros qui vont suivre, j’invite tout lecteur à s’asseoir : cela pourrait engendrer chez lui une légère ankylose du cerveau, temporaire mais gênante. Pour pouvoir bénéficier des dribbles de sa star, le PSG déboursera donc très grosso et un peu modo 40 millions d’euros par an, nous l’avons dit, déjà. Ça fait tout de même 3,3 millions d’euros par mois, 109 000 euros par jour, 4 500 euros par heure, 76 euros par minute et 1,26 euro / seconde, quasiment un SMIC annuel toutes les 4 heures, jour et nuit, dimanches et fêtes carillonnées ou pas, compris ! Et vous ? 

Ah ! Suis-je bête ! J’avais oublié de vous dire que tous ces chiffres étaient à prendre et à comprendre “nets”, sans vous méprendre ni vous surprendre : quelqu’un d’autre – je dirais… un prince qatari, comme ça…– se chargera de payer ses impôts… Mon rêve depuis tant d’années… Depuis que je sais ça, je chante, sans désem ni parer, la mélopée napolitaine “Qatari, Qatari…” mais seul m’entend un “cuore ingrato” (italien : cœur ingrat) ! N’est pas messie qui veut ou en rêve !

À de telles altitudes, les chiffres ne parlent plus, ils interpellent. Pensez que 4 clubs du championnat de France (i.e. Angers, Brest, Troyes et Clermont), ont un budget inférieur aux seuls émoluments annuels du Messi, ce qui donne une petite idée du déséquilibre des forces en présence… Mais au PSG-Q, on ne radine pas avec l’amour… Dans l’autre plateau, pour contre-balancer l’indécence de ces chiffres, il y a la part du rêve… Car quel amateur de football, à part moi, ne rêve de voir jouer une attaque “Messi + Neymar + Mbappé’’ ? Quel passionné du ballon rond ne fantasme pas à l’idée des scores que pourraient produire ces trois hommes-canon à répétition ? Il y a là un champ de possibles encore plus excitant que les pires délires masturbatoires, plus fort même que se faire piquer le bras, c’est tout dire !

 L’arrivée du génial petit argentin au PSG donnera inévitablement un coup de projecteur à un championnat de France de foot emberlificoté dans une crise qui saigne tous les clubs sauf un, juste après le fiasco “Médiapro” qui a privé le foot professionnel français d’un cadeau-Bonux annuel de 795 millions d’euros pour la Ligue 1 et de 34 millions pour la Ligue 2. (NDLR : le contrat signé avec ce groupe espagnol devait catapulter les droits télé hexagonaux à la hauteur – inimaginable, donc non-atteinte – de 1,153 milliard d’euros par an sur la période 2020-2024… à ceci près que ce vaisseau de l’amiral Jaume Roures n’est jamais arrivé à bon port). 

 Si on ajoute les arrivées d’Hakimi, de Wijnaldum, de Ramos, de Donnaruma et de Messi à un effectif déjà empêtré par le nombre de ses stars, le PSG-Q (“Q” pour qatari, bien sûr) fera figure de favori quelle que soit la compétition dans laquelle il s’alignera. Bien entendu, la chose n’ira pas sans une énorme pression et sans une obligation de résultat pour les nantis parisiens, joueurs et encadrement : il n’y a pas si longtemps, on a connu des Galactiques du Real-Madrid a qui la chose n’a pas totalement réussi… La situation actuelle d’un PSG doté –mais encombré, aussi – du Messie Messi (mais non ?), avait été envisagée et résumée par Louis de Funès dans “La folie des grandeurs” : “Les pauvres, c’est fait pour être très pauvres ! Et les riches très, très riches !”. Bienvenue en France, cher Messi. Mais si, mais si…

H-Cl.