
Martyre de Lola ! Je pèse mes mots. Un martyr est étymologiquement celui qui témoigne. Comme certains témoignages ne sont pas les bienvenus, le témoin peut alors en souffrir jusqu’à subir ce que nous appelons aujourd’hui martyre : tourments et, supplices pouvant mener à la mort.
La pauvre petite Lola, innocente de 12 ans, a subi un martyre. Elle est involontairement devenue une martyre, à tous les sens du terme. Par son calvaire, et aussi par ce dont son malheureux sort témoigne : le grand ensauvagement de ce pays et la grande déliquescence de ses gouvernants.
La tartufferie, vous la connaissez tous. Ça commence au plus haut de l’Élysée, et ça redescend tous les échelons, le petit doigt sur la couture du pantalon, sinon sur le pli de la jupe. Pas de différenciation sexuelle, messieurs et dames en rajoutant dans la dégradation tartuffiante. À ce niveau de bassesse, je n’hésite pas à créer ce néologisme : le verbe tartuffier qui affirme le vice constitutif des personnages.
Remarquez qu’il faut une longue habitude de courbettes, de mains baladeuses et de discours insinuants pour mériter le titre. Molière nous avait montré le personnage éponyme. Aujourd’hui, sa pièce remise à jour ne comporterait plus 5 actes, mais un bon millier au moins pour esquisser une galerie des personnages. Du pseudo-Jupiter au dernier des pisse-copies, en passant par les outres gonflées de leur importance. Il faut les voir, les entendre, ces comédiens de pacotille, s’accrocher à leurs formules aussi creuses qu’éculées, à leurs indignations au kilomètre, comme la mauvaise musique du même acabit. C’est un concours du pire.
Alors, il n’aurait pas fallu parler de la pauvre petite Lola ? Pensez, une Blanche, même pas « genrée », « racisée ». Par contre, du côté des bâillons, des couteaux, du sadisme, de la barbarie sauvage, pas de problème. Avec en plus une prétendue « déséquilibrée », une de plus. On sait qu’on manque de psychiatres dans notre pays, mais à ce point, il va falloir en embaucher une armée. En plus, elle n’est pas mal, la coquine. Le blog de Morandini nous dévoile les formes et les postures de la médiatiquement proclamée SDF, marginale (*). Des SDF ainsi accoutrées on en voit peu dans les rues.
On a vu une certaine Élisabeth dépasser les bornes de la décence, gesticuler et accuser qui parle fort et clair — trop clair — d’utiliser la mort de Lola « à des fins politiciennes ». On a entendu le gros Dupond Moretti bafouiller lamentablement pour inventer l’OQTF qui ne doit pas s’appliquer, ou peut-être pas, ou pas comme ça, ou pas maintenant. Quant à ses tartufferies incantatoires, elles nous rappellent que l’avocat surnommé Acquittator aurait mieux été qualifié comme Aquitte-à-tort, et maintenant Accuse-à-tort.
Car, si l’on réfléchit un peu, comment ne pas charger non seulement d’opprobres mais aussi de mise en examen ces prétendus dirigeants responsables qui se font une fortune de n’être ni dirigeants ni responsables, mais seulement bénéficiaires de rentes de situation fondées sur leur incapacité et leur déroutes publiques nuisibles pour le pays entier.
Et cette énorme antienne chaque fois répétée : « le respect de la famille » ! Ont-ils respecté les familles, tous ces coupables par inaction, par peur, par lâcheté, par négation de la réalité et reniement de leurs devoirs ? Ont-ils encore le droit moral de parler, alors qu’ils devraient être chargés de chaînes et en chemise dans les rues, sans même l’honneur des bourgeois de Calais ?
Cet assassinat sauvage est politique, hautement politique, urgemment politique, même si le conditionnement cérébral de l’auteur (ou des auteurs) ne les portait pas dans cette direction. Cet assassinat est politique car il s’intègre dans la politique algérienne de la France telle qu’elle a été bâclée depuis le début de cette Ve République, dont de Gaulle est le principal responsable. Alors, bien sûr, les pauvres successeurs qui n’ont rien vu, rien compris, rien voulu savoir, rien voulu traiter correctement pour les deux parties, sont politiquement pris dans le piège dont ils nient l’existence. Les visiteurs du soir de la France en Algérie, dont ce président Macron qui remercie ceux qui le huent à Oran, cette Première Ministre qui s’y fait balader, en obtenant quelques épluchures de cacahouètes, ont-ils un droit quelconque de refuser la parole à qui leur rappelle leurs méfaits ? Non ! Non et non !
D’ailleurs, ceux qui nous parlent de respect, et de « ce n’est pas l’heure, ce n’est pas le moment », ont-ils eu seulement la décence de demander à leur pseudo « maître des horloges » d’instaurer un jour de deuil national ? Ne serait-ce qu’une minute de silence nationale, avant de prendre le problème à bras le corps avec une vraie force nationale ? Non, car ils en sont dénués, comme de tout honneur, de tout respect.
Non, il n’y a pas de temps à attendre. Les services de police doivent-ils attendre que la famille leur donne une autorisation pour agir ? Les magistrats aussi sont-ils tenus à une telle temporisation ? Alors pourquoi les députés qui ont un devoir d’alerte nationale devraient-ils « fermer leurs gueules » sous les imprécations de quelques malotrus, au masculin ou au féminin ?
Et en vertu de quoi attendre une autorisation de la famille ? Jusqu’à quand ? Après l’enterrement ? Comme si cet enterrement allait enterrer leur douleur, leur désarroi, et tous les terribles sentiments qui s’emparent de qui perd l’être le plus cher de sa vie. Combien de temps attendre ? Un an ? Deux ans ? Toute une vie ?
Allons, reprenons les pieds sur terre. Dans ces affreuses conditions parmi les plus affreuses, s’il y a des gens qui n’ont plus contact avec les réalités extérieures, ce sont bien les membres de la famille, victimes réellement déséquilibrées, amputées, effondrées, perdues dans leur drame.
S’incliner devant leur malheur ne consiste pas à vociférer comme nos tartuffes, mais bien à relever la tête et les manches pour punir et expulser avec toutes les rigueurs de la loi tous ceux qui ont suffisamment fait preuve de leurs nuisances, et ceux qui les soutiennent en attendant de faire pire.
Si les pitres et piètres dirigeants avaient une once de responsabilité envers leurs charges et une once de respect envers la petite Lola (une victime parmi combien ?), ils auraient fermé leur grandes gueules haineuses et pris en urgence les mesures nécessaires.
Mais rien dans leurs conduites passées ni présentes ne nous laisse croire à un tel espoir. Alors il nous reste le mépris total… et la colère qui devient le devoir du peuple.
Antoine Solmer
(*) : https://www.jeanmarcmorandini.com/article-515634-meurtre-de-lola-decouvrez-pour-la-premiere-fois-le-visage-de-dahbiab-soupconnee-d-avoir-tue-la-fillette-au-travers-de-ses-videos-tik-tok-elle-est-loin-d-etre-une-marginale-ou-une-sdf-comme-cela-avait-ete-indique-regardez.html

