MARION MARÉCHAL ARBITRE ENTRE RUSSIE ET UKRAINE ? (4)

Quatrième série de commentaires sur la déclaration de Marion Maréchal à Causeur1. Aujourd’hui la phrase analysée est la suivante : « Bien que je comprenne l’inquiétude de nos amis polonais ou des pays baltes, ce n’est pas la France qui est en guerre avec la Russie. »

«  que je comprenne l’inquiétude de nos amis polonais ou des pays baltes… »

Je crains que Marion Maréchal, ici, ne comprenne rien aux pays évoqués ci-dessus. Parlez en français de Chopin à un ami polonais et vous verrez apparaître ses traits amicaux. Idem si vous évoquez Napoléon et Marie Leczinska, vous aurez un ami. Mais changez de langue, parlez-lui russe au lieu de français et vous verrez son visage se fermer. C’est comme ça et vous n’y changerez rien.

Il existe des siècles de conflits guerriers entre la Russie et les Occidentaux, avec la Pologne au milieu. Servir de punching ball entre ces deux extrêmes finit par lasser et irriter le plus paisible. Et si, par hasard, on ne possède pas cette qualité, cela tourne vite à l’hostilité.

Au hasard des batailles entre Polonais et Russes, on peut associer les peuples baltes. Et cela depuis le treizième siècle au moins.

Sans entrer dans la longue histoire des conflits, les cinéphiles apprécieront Eisenstein et son Alexandre Nevski, célébrant la victoire en 1242 du héros éponyme sur les chevaliers teutoniques au lac de Tchoude, séparant la Russie et l’Estonie. La géographie est mère de la géopolitique.

Plus proche de nous et surtout d’eux, le massacre de Katyn, perpétré en 1940 par le NKVD communiste. Ce massacre de milliers d’officiers polonais et de personnalités hostiles au communisme fut longtemps mis sur le dos des « socialistes nationaux » d’Hitler par les journaux de gauche en France, et autres dits « de droite ». On dirait aujourd’hui « médias de grand chemin ». Pour connaître la vérité, il fallait lire les journaux dits « d’extrême droite », comme si souvent.

Un tel massacre laisse des traces. Contre ceux qui l’on commis et ceux qui l’ont couvert. Ah ! le « cœur à gauche des Français » ! Et l’on s’étonne que la Pologne se fournisse en avions et en missiles aux USA, délaissant l’Union Européenne ! Amis, peut-être. Mais pas absolument. Il est des cas où l’histoire, les craintes, les rancœurs, les finances, et certains liens privilégiés connus ou secrets outre-Atlantique mettent de côté certaines amitiés.

Non, décidément, je crains que Marion Maréchal ne voit trop d’amis d’un certain côté et en oublie d’autres par ailleurs. La géopolitique n’est pas organisée pour des soirées dansantes. Ce n’est pas non plus un feu d’artifice de belles phrases alors que d’autres feux risquent de nous atteindre. Si seulement elle voulait écouter le vent d’ouest qui souffle sur les braises…

« …ce n’est pas la France qui est en guerre avec la Russie. »

C’est exact. Serrons-nous la main, nous sommes d’accord. Mais sur quoi ? Il manque une information capitale. Si ce n’est pas la France, alors qui ? La Russie et l’Ukraine… d’accord ! Seulement elles ? Oh que non ! Ne cessons pas de répéter que cette guerre a tellement été préparée par les USA, depuis des années, tellement stimulée, tellement annoncée, avec ou sans les Nord-Streams 1 et 2, les bases plus ou moins secrètes, la théorie de l’étouffement de la Russie mise en pratique, et la fourniture de « conseillers » même pas occultes, avec tout le saint-frusquin, dont le piratage des accords de Minsk, que, franchement, il ne faut pas être grand clerc pour savoir où pointer son index. Achetez-donc des actions d’entreprises du complexe militaro-industriel US ! Profitez-en, avant la chute !

Les USA… et l’Europe (le machin de Bruxelles piloté par la « fond du der de la hyène » ? Elle n’est pas en guerre, peut-être ? En guerre comme vassale des USA, au point que jamais les jeunes femmes « en vitrine » des quartiers chauds de Hambourg n’ont osé de si sales passes ?

Alors, tout cela finira mal. Et le dernier vote US octroyant des dizaines de milliards à l’Ukraine coûtera encore des dizaines de milliers de morts, au moins.

Dommage, Marion ! Vous aviez bien commencé. Maintenant, ça se gâte.

Antoine Solmer

(à suivre)