Et nous voici donc deux jours après cette marche contre l’antisémitisme de dimanche. Deux jours gris, – météo comprise – après une marche grise qui ne m’a absolument pas grisé, et dont j’aurais été dégrisé si d’aventure elle avait été flamboyante.
Soyons clairs : anti-antisémite je suis, anti-antisémite il faut être. Et après ? Qu’ai-je vu ? Comme toujours au milieu de la foule, pas grand-chose. Stendhal ne me contredira pas, car ce n’était pas Fabrice à Waterloo, mais ce n’était pas non plus Austerlitz. Cependant, ne pas tout voir n’empêche pas de regarder de-ci de là, d’ouvrir les oreilles et de diriger ses pensées. Heureusement, je suis arrivé un peu après Zemmour et Marion Maréchal entourés de leur escorte qui les serrait d’aussi près que possible. Les « hommes en noir », probablement un groupe juif, faisaient le poids. Chacun son métier ou ses capacités. Tant mieux.
Et puis, pour parodier Mao, la longue marche a commencé. Des Juifs, il y en avait l’inverse eût étonné – des non-Juifs également – l’inverse eût été catastrophique – et parmi ces derniers, aucun musulman apparent n’a brillé autour de moi. Je ne dois pas avoir été le seul dans ce cas.
Certainement ils n’ont pas dû entendre ceux qui risquent leurs vies comme l’imam Chalghoumi qui déclare : « Il est important pour moi de montrer l’unité de ce peuple face à cette haine et cette barbarie dont sont victimes nos compatriotes de confession juive. Quand nos compatriotes ne peuvent plus mettre les kippas dehors, ni les mezouzahs ou leurs noms sur les boîtes aux lettres, je trouve que c’est indigne[1]. » De même l’imam Tarek Oubrou à Bordeaux qui affirme et précise : « Je participe à cette marche à Bordeaux, avec les imams de plusieurs mosquées. Participer est une obligation morale et citoyenne dans la mesure où le combat contre l’antisémitisme est le combat de tous. Ce qui touche les juifs peut toucher les musulmans, les chrétiens ou n’importe quel citoyen. Le racisme est une maladie contagieuse, c’est la banalisation du mal, comme le disait Hannah Arendt. Une situation où il n’y a plus de discernement. Mais il ne faut pas importer un conflit du Proche-Orient sur le territoire français[2]. »
Ne nous leurrons pas, la situation est a minima apocalyptique au sens premier du terme (révélatrice) et proche du sens second.
Finalement, cette marche eût été un succès s’il n’y avait eu que des musulmans et aucun des politiques du premier rang.
Car parler de démocratie et voir Sarkozy l’assassin du référendum de 2005, ou Hollande, Borne, Larcher, Braun-Pivet, Valls et toute une kyrielle de responsables de cette immigration dont ils dépendent maintenant pour toutes leurs décisions fondamentales, cela n’est pas sérieux. Tous ces gens, s’ils avaient un grain d’honnêteté – je n’ose parler d’honneur – auraient dû se terrer dans leurs clapiers. Mais une photo de plus, cela peut toujours servir. Le Français est si gogo.
Ah ! N’oublions pas le théâtre du je-t’aime-moi-non-plus. Marine le Pen, acceptée sans être acceptée, venue sans être trop près, etc. Du petit guignol où chacun se tient par la barbichette. Que peuvent-ils craindre d’elle pour peu qu’ils aient en mémoire ses « anti-exploits » ? « Rappelons que Marine Le Pen a pris la présidence du Front National en 2011, puis en a fait le Rassemblement National. Durant toutes ces années Marine Le Pen n’a jamais appelé à manifester pour la Famille, pour la Vie, pour la sécurité des Français, contre le mondialisme, contre l’immigration, contre la politique d’appauvrissement des Français, contre la tyrannie sanitaire, contre le licenciement des soignants et pompiers “non-vaccinés”. Elle n’a pas manifesté pour Lola et toutes les autres victimes de la barbarie. Elle n’a pas manifesté pour les chrétiens d’Orient. Elle n’a pas manifesté contre la pédocriminalité. Elle n’a pas manifesté contre toutes les dissolutions et interdictions frappant le camp national. Elle n’a pas manifesté contre l’antichristianisme qui se traduit pourtant par un nombre de faits de profanations, de sacrilèges, de discriminations et de menaces bien supérieur à tout ce que subissent les autres croyances en France[3]. »
Une centaine de milliers de personnes à Paris ? Une autre manifestation des années 20013, une « manif pour tous », en avait réuni près de 10 fois plus, nombre rabougri par la préfecture de police sagement rangée au garde-à-vous.
Conclusion : Une manifestation grise, qui aurait mérité un bon nettoyage, pas forcément pour « laver plus blanc », ce qui entraînerait les hurlements des bonnes consciences, mais surtout plus français, vraiment français, et pas seulement « de papier ».
Antoine Solmer
[1] https://www.bfmtv.com/societe/marche-contre-l-antisemitisme-pour-l-imam-hassen-chalghoumi-si-on-a-le-sens-des-responsabilites-il-faut-y-aller_AV-202311090416.html
[2] https://www.sudouest.fr/international/marche-contre-l-antisemitisme-le-grand-imam-de-bordeaux-y-participera-c-est-une-obligation-morale-et-citoyenne-17410145.php
[3] https://www.medias-presse.info/la-priorite-de-marine-le-pen/182120/

