COMPRENDRE LE « EN MÊME TEMPS » MACRONIEN : DE L’INEPTIE À L’INAPTITUDE (VII)

Cet article est autant la fin de cette série que l’envol vers une suite qui s’impose. Nous en arrivons à déconstruire – thème cher au président – son propre personnage. Sans aucun préjugé, mais en toute logique. Ainsi, partant de l’ineptie de la formule comme questionnement, nous en arrivons à l’inaptitude présidentielle comme conclusion.

LA PREMIÈRE VERSION : UNE CHOSE AVEC SON CONTRAIRE

Nous pourrions tenter un recensement d’exemples de cuisine politique. Ils sont nombreux. Ils finissent par lasser. On pourrait arguer qu’en politique, ces choses sont courantes. Ce ne serait pas totalement faux, mais fondamentalement incomplet.

Mieux vaut insister sur le fait qu’on est et reste homo sapiens avant de devenir homo politicus, et qu’on ne peut dissocier l’un de l’autre.

Il est plus parlant, plus imagé, plus instructif d’en revenir à cette sinistre pantalonnade de Macron à Saint-Martin. Quoi de plus contraire à l’image présidentielle que ces embrassades à corps dénudés, gestes équivoques et non équivoques (dits « d’honneur »), œillades semi-langoureuses et autres poses dignes des préludes d’un film X.

Bien des personnes, dont je suis, se sont élevées et s’élèvent toujours contre cette dégradation de l’image présidentielle qui dépasse l’homme Macron. Je reste étonné que les médias dit « grands » s’en soient détournés avec des pudeurs de gazelles. Et que dire des politiques des deux chambres, à croire que ce sont des chambres d’enregistrement et de voyeurisme !

Que Monsieur Macron fasse ce qu’il veut dans sa chambre ne dérangera personne, tant qu’il ne passe ni à l’étalage public, ni à l’incitation systématique de la jeunesse, ni à l’appel tacite de certains groupes de pression. Chacun choisira dans lequel de ces trois domaines il s’est le plus manifesté… sinon dans les trois ?

Qu’on me permette ici une semi-plaisanterie. Dire que l’île de Saint-Martin, doit son nom à ce fameux légionnaire romain qui deviendra saint Martin en partageant son manteau pour vêtir un pauvre hère ! D’ici à ce que l’on canonise un des participants à la pantalonnade de l’île, n’y aurait-il qu’un pas ?

Mais revenons au sérieux. L’homme que nous avons tous vu dans ces positions équivoques n’aurait eu qu’une seule excuse : d’être « shooté ». Mais même ainsi… C’est pourquoi son homme de confiance de l’époque, Alexandre Benalla a bien eu raison de dire que, s’il avait été là, cela ne se serait pas passé.

Effectivement, « cela » n’aurait jamais dû se passer. Mais « cela » s’est passé, et en dit long sur le président. Car c’est bien de lui qu’il s’agit, et non de l’homme qui, hors de cette fonction, nous indiffère totalement.

Il faut oser le dire : sur ces photos de Saint-Martin, le plus dénudé psychologiquement du groupe était celui qui portait encore sa chemise.

J’en tirerai plus loin les conséquences psychologiques.

DEUXIÈME VERSION : LES ALLERS-RETOURS

Ici, une seule référence récente vaudra un long discours : les variations serpentiformes d’une loi qui devait porter sur le séparatisme (au sens général) ou sur les séparatismes (ce qui aurait obligé à les recenser). Nous avons vu ce nom se muer en « valeurs de la République » (façon Bordeau-Chesnel ?). Puis associer l’ensemble jusqu’à en faire une salade mi-chèvre mi-chou, alors que le plat principal reste la Constitution qui affirme simplement qu’elle est « une et indivisible ».

Mais quand on a besoin de bombarder de lois inapplicables un territoire déjà envahi, on ne peut que se couvrir de honte à se contenter de ce « en même temps ». Couvrir de honte, oui… à condition soit d’en être encore capable, soit de ne pas dévoiler ainsi ses batteries, ce qui nous amène à la troisième version du « en même temps ».

LA TROISIÈME VERSION : LE TEMPS LONG

C’est ainsi qu’il faut comprendre le « en même temps » macronien : un plan concerté pour plonger la France vers les rangs inférieurs de tous les domaines régaliens et autres.

Faut-il rappeler son émergence-surprise comme présidentiable puis comme président, dont on nous dit qu’elle s’explique par la volonté de changement des Français. Comme si la dite « volonté » avait pesé lourd devant le bombardement médiatique des forces financières internationalistes !

Faut-il rappeler ses discours de flagellation de la France devant l’Algérie ? Faut-il rappeler ses dérobades devant Mme Merkel ? Faut-il rappeler Mme Pétronin, l’otage « libérée » qui n’a pas eu de plus grande urgence que de préciser sa conversion et sa décision d’y retourner ? Cette gifle a claqué plus fort que celle récemment appliquée par un quidam énervé. Elle a surtout montré la faiblesse entretenue de la politique française en Afrique, dont nous venons encore d’avoir des preuves récentes, etc.

En complément, il faudrait aussi parler de ce qu’il ne fait pas. Par exemple : a-t-il eu seulement l’idée de rayer d’un trait de plume le délire de l’écriture inclusive qui nie la langue française, laquelle est constitutionnellement « la langue de la République » ? Rien que cela en dit plus long sur le personnage que bien des livres.

En ce temps long, le « en même temps » de Macron n’a qu’une excuse : succéder, ainsi exprimé, au long cheminement descendant de ses prédécesseurs : des rodomontades de matamores grandiloquents en représentant en Kärcher sans eau, sans oublier les cavalcades clownesques en scooter !

MAIS IL Y A PIRE : LE MAÎTRE DES HORLOGES

Comme on l’a vu, l’expression « en même temps » a fait florès, au point d’en faire oublier une autre : « le maître des horloges » ainsi que Macron s’est souvent défini au début de son quinquennat.

Il n’a pas été le seul. Mais avec cette persévérance, ces répétitions, cette intoxication qui ressemble fort à une auto-intoxication, on ne peut manquer de se poser bien des questions sur le personnage.

Il y a certes une explication triviale : celle de ne pas rester à la traîne de ses adversaires politiques. Mais la richesse de la langue française lui aurait fourni bien des équivalents, des plus subtils aux plus musclés. On imagine un François Mitterrand…

Il existe une explication voltairienne. Car ce grand esprit, déiste – tout en « écrasant l’infâme » – comparait notre monde à une horloge si bien réglée qu’il ne pouvait la / le  concevoir sans un maître « horloger » aussi pétri de bonnes intentions que de bonnes pratiques.

Je crains que l’horloger de Voltaire, si haut placé soit-il, ne se compare en rien avec le « maître des horloges » en lequel ce président se voit. Car, manifestement, ce qu’il souhaite, c’est, non pas une mise à l’heure commune, mais bien un désaccouplement de tous les temps, de tous les rythmes, de toutes les fréquences. Plutôt démoniaque que déiste, semble-t-il !

C’est par sa cacophonie du temps qu’il faut comprendre ce président. Il a dépassé la célèbre formule « diviser pour régner » en « dérégler les horloges pour déstructurer le peuple ».

C’est ainsi qu’il faut expliquer toute sa politique. Il ne s’en est d’ailleurs pas caché, puisqu’il veut publiquement « d’une certaine façon déconstruire notre propre histoire. »

Et cela va jusqu’à la gestion de la crise sanitaire du Covid. Ses incohérences, ses voltes-faces, ses variations incessantes traduisent sa volonté de « déboussoler » les Français chez qui nous voyons monter les peurs, les pertes de volonté, les conflits, les délations. Belle réussite pour le chef de la « guerre » au virus !

La devise initiale de la division des ennemis, devenue cette tumeur maligne qu’est la déconstruction du temps par Macron, appliquée à la sidération du peuple, est la caractéristique la plus indigne d’un président d’une quelconque république dite démocratique.

Chaque Français doit alors se poser la question fondamentale suivante : Pourquoi M. Macron poursuit-il « sa » déstructuration de la France ?

Trois champs de recherche s’ouvrent :

  • Sur ordre ? De qui ? Pourquoi ? Pour quoi ?
  • De lui-même, en pleine conscience ?
  • De lui-même, pour traiter ses failles psychologiques ?

De toute façon, aucune de ces trois pistes n’exclut les deux autres, et une conclusion s’en dégage : Partis d’un questionnement sur l’ineptie possible d’un « en même temps », nous la voyons se concrétiser à la « sauce Macron ».

Il faut alors passer de l’idée d’ineptie à celle d’inaptitude à la fonction présidentielle.

Les bulletins de vote doivent fournir la réponse.