
La journaliste Sarah Belien reprend hier « une lettre publiée par la revue Science, dans laquelle une vingtaine de scientifiques appellent à sérieusement considérer la thèse de l’accident de laboratoire comme origine de l’épidémie mondiale de coronavirus. » [1]
C’est un bon article, clair, documenté. À recommander, certainement parmi d’autres que je n’ai pas le temps de tous lire, car l’essentiel est ailleurs.
COMPLOTISTES HIER, SCIENTIFIQUES AUJOURD’HUI
Hier encore je lisais des accroches où le terme accusatoire complotiste fleurissait, si tant est que la pourriture puisse fleurir, étant habituellement plus proche du fumier que des pétales. Mais acceptons l’image, et rappelons sans cesse que les utilisateurs à tout-va de complotisme sont les pires comploteurs – c…- peloteurs – soit par bêtise, soit par haine, l’un n’empêchant pas l’autre.
PARMI CES SCIENTIFIQUES, LE PROFESSEUR DECROLY
J’insiste sur son nom car je fus le rarissime à en parler et à reprendre ses affirmations sur ce blog, dans l’article intitulé « La science ? Rabelais, toujours. » Il est à relire, car son témoignage, une fois bien compris et retenu, fait froid dans le dos, encore aujourd’hui, et les jours à venir.
POURQUOI DES SCIENTIFIQUES ?
Que des scientifiques décortiquent ce virus, qu’ils le passent au crible de tous les appareils possibles, qu’ils en inventent d’autres pour aller plus loin, n’est que le B-A BA de leur travail. Ajoutons que la course au virus est non seulement nécessaire pour en tirer des traitements (si possible), adaptée à l’éternelle course aux subventions qui suit des modes, quoi qu’en disent les aveuglés, et autrement plus indispensable pour comprendre la vie qui nous entoure et nous percute souvent. Cette percussion peut passer inaperçue, voire être bénéfique, ou au contraire, nous ramener à plus d’humilité, c’est-à-dire à plus d’humus, ces deux termes représentant notre destin final.
Remarquons au passage que ces scientifiques, sans l’appui de leurs admirables matériels, tâtonneraient dans le noir, et se heurteraient à toutes les portes fermées du monde réel. Combien parmi ces scientifiques sont des techniciens hyper spécialisés, on ne saurait le dire, par peur de rabaisser des orgueils. Et pourtant, leur savoir est déjà énorme. Mais à tous niveaux, notre société dévalorise le travail manuel. Elle ne comprend pas qu’il existe une réelle intelligence de l’acte outillé qui va du marteau, de la pioche, etc. jusqu’au plus récent accélérateur de particules.
ET LA « SIMPLE » LOGIQUE ?
Fallait-il vraiment une vingtaine de scientifiques pour évoquer l’hypothèse d’une émergence de ce virus depuis un laboratoire dont on sait depuis des années qu’il a échappé aux contrôles prévus (les nôtres, en tout cas) ? Ce qui montre une fois de plus la collaboration incessante de la bêtise et de la faiblesse de notre prétendue « puissance ».
Était-il vraiment complotiste (au sens des c… -peloteurs) de poser la question première du lien entre ce virus et le dit laboratoire ? La réponse est binaire : oui ou non ? Était-il complotiste, en cas de réponse négative, de se poser la question du travail réel de ce laboratoire ? Pourquoi ses scientifiques ne s’en seraient-ils pas préoccupés ? Cela aurait été étrange.
Et en cas de réponse positive, la question suivante s’imposait. Ce virus en est-il sorti ?
Là encore, réponse binaire : non ou oui.
Et si la réponse est « oui », la question suivante doit oser dire : volontairement ou pas ?
Et les scientifiques, au moins officiellement, n’en sont pas là… sauf le professeur Decroly, lorsqu’on lit bien la fin de mon article (qui n’est qu’une pâle copie du sien, mais qui a eu le mérite d’exister). Je finis par me demander s’il n’est pas le complotiste ultime… en attendant que des suiveurs pérorent : mais je vous l’avais toujours dit…
Ainsi va notre monde, trébuchant, aveuglé, sournois, lâche.
Je crains le scientisme lorsqu’il croit posséder toute la vérité, et davantage lorsqu’il veut gérer ma vie. La vieille devise de saint Thomas d’Aquin, ou antérieure : Timeo hominem unius libris (Je crains l’homme d’un seul livre) reste d’actualité, surtout d’un livre scientifique, mais pas seulement.
- [1] https://www.rtl.fr/actu/international/coronavirus-des-scientifiques-relancent-l-hypothese-d-un-accident-a-l-institut-de-wuhan-7900031668

