LA SCIENCE POUR SAUVER LE MONDE… ET SURTOUT LA RÉALITÉ

PUBLICITE DANS LA RECHERCHE
PUBLICITE DANS LA RECHERCHE

Le magazine La Recherche hors-série de mars-avril 2019 n°29 propose une approche intéressante sur « Ces molécules qui nous empoisonnent » et en sous-titre : « Les solutions des scientifiques ». En illustration, une grande pulvérisatrice trace sa route dans un champ de colza. Retenons notre respiration, prenons nos masques !

Il est incontestable qu’il faut prêter une attention active à ces questions fondamentales, et que des dégâts majeurs devraient – auraient dû – être évités. Mais pour autant, faut-il « se tartiner » un éditorial aussi alambiqué que celui de M. Philippe Pajot, rédacteur en chef de la dite revue ?

PARIS VROUM VROUM

Donc, comme l’écrit ce super-scientifique : « Chaque jour, je me déplace à pied et à vélo dans Paris. Chaque jour, je suis pris à la gorge en passant dans des artères pleines de véhicules dont les moteurs tournent à plein régime… »

Bigre ! Paris avec des artères pleines de moteurs tournant à plein régime ! Je voudrais bien savoir où, quand, combien, quels types de voitures ce « témoin » a-t-il vu lors de ses sorties cyclistes ? Des Renault Clio (vitesse max entre 160 et 210 km/h) ? Des Peugeot 308 (vitesse max entre 186 et 250 km/h) ? Des Toyota Yaris (vitesse max entre 155 et 230 km/h) sauf les modèles hybrides (vitesse max entre 165 et 175 km/h) ? J’arrête de citer des voitures contemporaines. Personnellement je n’en ai jamais vu dans Paris à ces « pleins régimes ». Et avec les embouteillages chers à Mme Hidalgo…

Bref, il y a peut-être quelques fumées d’origine douteuse dans cet article, mais lesquelles ?

Et l’indignation de M. Pajot éclate : « Pourtant, on continue de voir tous les jours, dans les différents médias, des publicités pour les voitures. »

DEVANT MOI MARCHAIT NATHALIE

Si encore il s’était plaint de publicités envahissantes, je l’aurais suivi sans rechigner. Mais spécifiquement pour les voitures ! Ah quel courage ! Mais oserait-il s’insurger contre certains produits à usage féminin exclusif, contre les lingeries fines, contre les shampoings et colorations de toutes natures ? J’en doute, féminisme oblige. Courageux, mais pas téméraire.

Enfin, il décolle : « Pourtant, le transport aérien bénéficie d’une exonération des taxes sur le kérosène et on nous vante les vacances au soleil à prix cassés. »

Encore du sens unique, encore de l’aveuglement : il aurait été honnête de mettre en balance l’exonération des taxes sur le kérosène et l’accumulation des taxes sur les carburants pour automobiles, n’est-ce pas ?

Quant à ces horribles journaux vantant les vacances, j’invite Monsieur le rédacteur en chef de La Recherche à lire ce même magazine. En troisième de couverture, il y verra une superbe vue de Moscou vantant une croisière fluviale de 12 jours (en canoë ?) avec vols au départ de toute la France (planeurs ?), et taxis à domicile inclus (vélos-taxis ?). Enfin, comme le prix pour les lecteurs semble être préférentiel, M. Pajot a du se mettre des écailles sur les yeux. La pub’ des autres c’est mal !

ALLO LOBBY ?

Pourtant, « tout n’est pas complètement sombre » comme nous rassure ce rédacteur en chef : « Car les scientifiques cherchent des solutions… à condition que les décisions adéquates soient prises et que les citoyens les acceptent. » Nous sommes d’accord, ou plutôt nous le serions, si des informations neutres et réelles leur étaient fournies. Ce n’est pas ce qui ressort de cet éditorial. Mais l’article finit en apothéose : « Poursuivre la recherche fondamentale, informer et se prémunir des lobbys de toutes sortes … un défi majeur pour le XXIe siècle. » Au vu des lignes précédentes, je crains que les lobbys de toutes sortes évoqués ici aient été préventivement classés dans le « camp du mal » et qu’un voile pudique ait été jeté sur ceux du « camp du bien ».

J’ai du mal à penser que j’ai lu un éditorial « scientifique ».