HAWAÏ, ÎLE DE RÊVE, OU PRISE DE GUERRE ?

LASERS VERTS
LASERS VERTS

Hawaï, île de rêve, ou prise de guerre ?

  Je n’ai jamais oublié ma première visite à Hawaï. Entre les films-au-sirop des années 50, « starring » Elvis Presley (comme par hasard dans le rôle d’un chanteur-séducteur), les souvenirs des « ukulele » des disques 78 tours de mes grandes sœurs, la réputation des couchers de soleil sur la plage de Waikiki (« Red sails in the sunset… »), le nom-même de Honolulu et les volcans « en exercice »… le prestige du lieu et la magie du nom jouaient un rôle dans l’émotion ressentie : pas question que je résiste ! Bingo ! Mais retrouver tout cela devant soi est un vrai traumatisme.

C’est avec ces souvenirs en tête que j’ai découvert récemment, en « surfant » sur mon écran, que la Subaru-Asahi Star Camera, qui diffuse en direct les images prises par le télescope Subaru à Hawaï, avait filmé des rayons-laser verts tombant en pluie sur le volcan Mauna Kea (que je connais bien, pour y avoir beaucoup chauffé mes semelles, à les faire fondre !). La question suivante a été, bien sûr : « Pourquoi attaquer, et au laser s’il vous plaît, un volcan endormi sur la grande île d’Hawaï, ce joyau étoilée de l’Oncle Sam et du drapeau US, Stars and Stripes ? » 

Car ces lasers ne provenaient pas d’un satellite de la NASA : compte tenu de l’alignement des planètes… et du ciel, ce jour-là, ils ne pouvaient provenir que du satellite chinois Daqi-1/AEMS… « qui mesure les polluants, entre autres choses », a déclaré sans rire Roy Gal de l’Institut d’astronomie de l’Université d’Hawaï au quotidien The Hill, source ensoleillée de mes informations… affirmation complétée par Ray L’Heureux (sic !), ancien chef d’état-major des Pacific Marine Forces : “A mon humble avis, il serait bizarre que les Chinois -qui sont parmi les plus gros pollueurs de la planète– se mettent brutalement à s’intéresser aux polluants au point de collecter des données de ce côté-ci du Pacifique”. (NB : « Qu’en termes galants… ». Il doit y avoir d’autres raisons à l’intérêt des Chinois pour Hawaï…).

Ce même jour – coïncidence ?–  un désormais célèbre ballon espion chinois est entré dans l’espace aérien de l’Alaska, dans un grand bruit totalement silencieux, très loin au dessus des Aléoutiennes (que j’ai tant aimé survoler), pour un petit « trek » touristique de huit jours qui l’a conduit à travers tous les États-Unis et le Canada, s’offrant un magnifique aperçu de au moins deux membres de la « triade nucléaire » américaine : sa force de dissuasion nucléaire et les bases qui abritent les missiles balistiques intercontinentaux Minuteman III (le troisième, les sous-marins, étant plutôt du côté de Norfolk, sur la côte est). Ce gros ballon balourd, officiellement plein de matériel de surveillance – mais pas que ! – s’est baladé, tranquillo, jusqu’au 4 février, avant qu’un F-22 de l’US Air Force ne l’abatte. Ce non-dirigeable dirigé est également passé loin au dessus de la base de Whiteman, qui abrite la flotte de bombardiers nucléaires B-2. Et il a même survolé, sans être embêté, la base Offutt, siège du Strategic Command du nucléaire américain ! Quel beau voyage il a fait !

La Chine a ainsi fait le plein d’informations utiles, en vue (?) d’une première  frappe éventuelle (puis d’une deuxième, et d’une troisième, tant qu’ils y sont : quand on “nem”, on ne compte pas !) sur les sites nucléaires américains. Si on ajoute que les « lasers verts » ont collecté des données atmosphériques utiles à une frappe par un engin volant hypersonique sur Hawaï (« Remember Pearl Harbor ! »)… les grosses têtes ont en main (si j’ose ce raccourci !) tous les éléments pour être alarmés. Car après le ballon espion, trois autres « machins-trucs » ont traversé l’espace aérien nord-américain. Ces intrus, ont également été abattus, mais leur origine demeure, officiellement – tu parles !– un mystère. (NB : Qui sait ? Des Martiens, peut-être ?)

Pourquoi la Chine a-t-elle « attaqué » au laser un volcan endormi sur la grande île d’Hawaï ? Le Parti communiste chinois, dans son honnêteté intellectuelle reconnue, s’est immédiatement mobilisé en criant à la provocation, au mensonge, et à une agression du grand Satan… Personne, bien sûr, n’a pu penser que la pluie de lasers du 28 janvier était à des fins civiles ou climatiques, mais personne ne doute, non plus, que de telles incursions arrivent souvent, beaucoup, partout… Mais ce qui est le plus grave, c’est que le Pentagone a été pris au dépourvu : ce n’est qu’après que le ballon espion chinois eut pénétré, profond, l’espace aérien américain qu’a été fait le lien avec plein d’autres intrusions, souvent, depuis longtemps. Ce manque de vigilance et d’intelligence stratégique ne sont pas un bon signal, mais la preuve d’une impréparation grave, en temps de crise : on comprendrait que la Chine ait envie de tester cette inertie : ce serait une faute, mais que ça doit être tentant !

Conclusion : on est soudain projeté dans un film de science-fiction où quelque docteur Folamour peut « péter un câble » à chaque seconde… déclenchant ainsi un enchaînement qui serait sans doute « le der des ders »… Et pourtant… toutes les informations disponibles – sauf celles citées plus haut – des « Nostradam-US » galonnés et couverts de décorations à en avoir du mal à marcher – tendraient à démontrer que « c’est pas demain la veille » que les armées du « Trente-et-unième empereur chinois »’ (Xi JinPing, d’après mon ami Bernard Brizay) vont être fin prêtes pour un remake de la formidable Opération Overlord d’Eisenhower, en juin 1944…

Si on accepte les chiffres qui sont admis dans et par tous les états-majors, le ratio incontournable pour réussir un débarquement sur une côte bien défendue serait de 9 ou 10 (à Taïwan, cela signifie 10 soldats « populaires » pour un « nationaliste » – et il y a 2 millions de réservistes entraînés !), et les capacités de transports en mer de la marine chinoise sont très loin de ce genre d’hyper-performances, ce qui rend un débarquement improbable. Reste, bien sûr, le blocus maritime et aérien (NB : des grandes manœuvres ont testé, la semaine dernière, les uns et les autres). Mais là, la supériorité des Américains est irrattrapable pour le moment. Et, n’en déplaise à M Macron, ils n’auraient besoin de la France que pour un habillage diplomatique !

En toute logique, il semblerait donc que si de nombreuses menaces, jeux de rôle, bruits de bottes moulinets, rodomontades et discours enflammés soient au menu dans la Mer de Chine, le déclenchement d’un conflit ouvert ne soit pas pour demain. Seulement voilà… les hommes proposent… mais les dieux disposent : personne ne peut assurer qu’un enchaînement imprévu, un coup de « pas de bol », une succession de hasards « que personne n’a voulus mais… » ne vont pas perturber ce beau calme statistique : le destin se moque pas mal de la logique, et la pluie de lasers verts sur Hawaï pourrait être un avertissement de plus que, quelque part dans notre futur, il y a une guerre entre ces deux géants à la puissance jamais imaginée dans l’Histoire de l’humanité. Et le fait qu’elle ne soit, sauf accident, pas pour demain, n’est pas une raison pour ne pas se préparer très sérieusement à une telle éventualité qui, dans l’échelle des probables, est tout en haut du podium.

“Si vis pacem, para bellum”, recommandait Publius Fabius Végèce (c’est un autre Fabius : le nôtre serait bien incapable de tant d’intelligence !) dans son Epitoma Rei Militaris : si tu veux la paix, prépare-toi à la guerre. Mais une fois encore, l’Occident post-moderne brille par son in-intelligence stratégique, et la France progressiste par son incapacité à prévoir, le manque absolu de « vista » de ses chefs et leur court-termisme mortifère. En cas de coup dur, tous ces responsables irresponsables (s’il reste des habitants sur la Terre !) répéteront « Nous ne savions pas », comme ils l’ont fait pour le covid, pour l’actuelle bronca sociale généralisée, pour la guerre en Ukraine, pour leur refus de voir l’immigration pour ce qu’elle est… et comme ils s’apprêtent à le refaire pour les drames qui vont surgir, les fausses pandémies qu’ils vont fabriquer pour nous terroriser à nouveau, et les « viols » qu’ils vont nous faire subir pour nous imposer toutes les mauvaises idées qu’ils n’ont pas encore eu le temps de nous imposer… « Ne rien savoir » est leur deuxième nature !

Mais comme à chaque fois, ils savaient : tout était prévisible et annoncé… à la seule condition de vouloir voir ce qui est visible. Il est vraiment urgent d’envisager un autre mode de sélection de nos « élites » (?), que l’ENA (même rebaptisée) ou l’adhésion à un système de pensées mortifères et vieux de 3 siècles, qui a fait cent fois la preuve de son inadaptation totale aux problèmes du monde. Mais ceci est un autre sujet. « Aloh’a », comme on dit à Hawaï…

H-Cl.