AU MILIEU DU GUÉ… UNE BELLE MYSTIFICATION

Aujourd’hui, je m’amuse à vous présenter deux articles de deux sources différentes Maxime Tandonnet, et Hadrien Mathoux de Marianne, deux points de vue concernant quelques cabrioles et fariboles qui ont fait la joie des cyniques, autant que des imbéciles. Pour le reste, les lucides et les désabusés, il ne reste que deux solutions : dire que le roi est à poil, en précisant qu’il ne s’est pas lavé depuis longtemps et qu’il pue, ou aller à la pêche.

Antoine Solmer

¿          ¿         ¿

Au milieu du gué
 
Alors que la nouvelle Assemblée nationale prend ses quartiers au palais-Bourbon, l’hémicycle s’ébroue déjà en marge d’un rendez-vous crucial : la distribution des postes-clefs de la chambre basse, notamment le perchoir, la questure et les présidences de commission. Décidée par un mélange de vote solennel et d’arrangement entre groupes parlementaires, la procédure illustre à quel point le système politique français se trouve entre deux eaux.

Il y a 66 ans, le général de Gaulle sifflait la fin du parlementarisme à la française, en faisant approuver par référendum le passage à la Ve République : terminé, le « régime des partis », l’Assemblée triomphante et les petites combines d’appareil. Place au face-à-face entre le peuple et ses représentants, à la démocratie plébiscitaire et à la prééminence de l’exécutif. 

Synthèse entre la tradition républicaine et la sourde aspiration monarchique du peuple français, cette Ve a profondément imprégné les mœurs politiques. Pas de coalitions ni de compromis : depuis 1958, quand on l’emporte, on applique son programme, on gouverne, et les électeurs jugent. Or nous expérimentons depuis deux ans une forme de retour en demi-teinte au parlementarisme. L’absence de majorité absolue à l’Assemblée et la tripartition du champ politique rendent impossible les pratiques traditionnelles de la Ve République. 

Mais les habitudes ont la vie dure, ce qui rend insupportable aux yeux d’une bonne partie du personnel les manœuvres de couloir et les accords entre deux portes. La gauche, en particulier, est en pleine schizophrénie : en hurlant au déni de démocratie et à la trahison du peuple après la reconduction de Yaël Braun-Pivet à la présidence de l’Assemblée nationale, elle ne fait que vitupérer contre le retour de pratiques parlementaristes qu’elle réclame (la France insoumise en particulier avec son projet de VIe République) depuis plusieurs décennies.

Hadrien Mathoux

Rédacteur en chef politique

Marianne

https://mail.google.com/mail/u/0/?pli=1#inbox/FMfcgzQVxlGxljkpZCCtfTNgDqBFFFFC

Une belle mystification

Bon. On ne va pas s’appesantir ce matin. Les dernières législatives ont été marquées par un rejet viscéral du macronisme au premier tour 13% des voix et au second, en léger mieux grâce aux arrangements avec l’ennemi d’hier le NFP: 15%. Mais le sens de ces élections était clairement halte au mépris et l’arrogance qui entraînent le pays par le fond. Or, à l’issue des magouilles arrangements et compromission en tout genre, le macronisme garde la main et la présidente macroniste de l’AN est réélue au perchoir. Au fond, rien ne change. Le vote populaire est balayé d’un revers de main. Ils se foutent du vote populaire, une fois de plus comme pour le référendum de 2005. On fait soi-disant appel aux urnes pour trancher dans le vif mais quand les Français ont mal voté, on se tape de leur vote, on en balaye les conséquences dans un éclat de rire. Excusez moi, j’écris mal car j’écris vite, je suis pressé ce matin. Dans les médias à la botte, radio télé et une partie de la presse, presque tout le monde est content! Le macronisme, condamné par les Français pour son culte autocratique et vaniteux sur fond d’effondrement général du pays (financier, sécuritaire, économique et social, diplomatique) est rayonnant ce matin et jubile. Parler de démocratie dans ces conditions est une imbécilité. On se moque des Français, cette fois encore, de manière trop flagrante, sans complexe, comme une bonne blague. Mais bien sûr! appelez donc au vote des Français pour la frime et ensuite, s’il ne vous convient pas, envoyez les paître (je reste poli, vous voyez) avec un grand bras d’honneur. Le mépris et l’arrogance sont les deux mamelles de la France politique comme dirait l’autre… Et vous ne voyez pas, vous ne sentez pas qu’un jour tout cela va se payer?

Maxime Tandonnet

https://maximetandonnet.wordpress.com/