ZEMMOUR À PLEURTUIT LE 29 10 2021 : RÉCONCILIER LES DEUX FRANCES

ÉRIC ZEMMOUR POUR RÉCONCILIER LES DEUX FRANCES
ÉRIC ZEMMOUR POUR RÉCONCILIER LES DEUX FRANCES

RAYNALD SECHER POSE UNE QUESTION

Comme le dit Raynald, pour cette question, il n’a pas de réponse, mais « toi, en aurais-tu une à nous proposer ? »

Il prend exemple de la « double France » depuis 1792-93 après les guerres de Vendée, et autres joyeuses noyades, massacres, et volonté génocidaire. Et pour revenir à l’arrivée aujourd’hui, d’une émigration « extrêmement conséquente, forte et violente  [1]» la question essentielle s’impose : « Comment arriver à maintenir l’identité française ? »

RÉPONSE D’ÉRIC ZEMMOUR

               NOS ANCÊTRES, LESQUELS ?

En France – et probablement dans bien des pays – les affrontements politiques et les guerres civiles sont d’abord le produit des guerres de l’histoire.

Au début, surgissent des affrontements purement intellectuels. Par exemple, au XVIIIe siècle certains historiens affirment les nobles sont les descendants de Francs qui ont vaincu les Gallo-Romains, ancêtres, eux, du Tiers-État. Ainsi s’expliqueraient – ou se justifieraient selon le point de vue – les privilèges des premiers.

La Monarchie qui comprend le danger, envoie sur ce front intellectuel des historiens pour affirmer que la Monarchie française est l’héritière de Rome, qui comprend toutes les origines ancestrales.

À ce moment l’affrontement reste circonscrit à une petite centaine d’historiens.

En 1789, dès les premiers travaux, les affrontements reprennent au entre Noblesse et Tiers-État pour la question des privilèges. Seyès, déclare alors : « Si les nobles ne sont pas contents, qu’ils retournent dans leurs forêts de Franconie ! »

Et cela, débutant par une querelle d’historiens, se poursuit par des discussions dans les fameux salons, comme celui de Mme du Deffand, et débouchera sur des massacres et une guerre civile, couronnée par la guillotine.

Ici Éric remet en scène les Vendéens qui « se font massacrer car ils n’ont pas vocation à être considérés comme des êtres humains, puisqu’ils sont avec les aristocrates. »

Ensuite la guerre des historiens reprendra entre ceux qui défendent la Révolution et ceux qui défendent la Monarchie… jusqu’à se réconcilier en une histoire commune.

D’où la formule : « un Français est celui qui vibre au sacre du roi à Reims, et celui qui sa de l’émotion en regardant la fête de la Fédération en 1790. »

Péguy sacralise cette réunion : « La République, notre Royaume de France. »

On pouvait espérer une happy end hollywoodienne.

               UN DOUBLE MOUVEMENT

Mais ce qui nous arrive est pire que l’affrontement passé. Cela provient d’un double mouvement :

  • Presque plus personne ne connaît l’histoire de France. Elle n’est plus enseignée depuis quelque 40 ans, sauf quelques éléments volontairement déconnectés de toute chronologie, trafiqués à la sauce moderne, antiraciste, islamo-gauchiste, décoloniale, LGBT, frappée de développent durable. Donc la plupart des enfants ignorent autant le sacre de Reims que la fête de la Fédération, et nous avons une nouvelle guerre historique, celle que l’on voit tous les jours et qui prélude à celle qui nous attend.
  • L’histoire de France est-elle celle des Français, avec ses grands hommes, ses guerres, ses défaites et ses victoires ? Ou, au contraire, est-elle celle des nouveaux arrivés ? Celle qui nous impose une vision culpabilisante et voudrait nous rendre responsables de tous les malheurs de ces pays du sud.

Ainsi, de nombreux enfants dans les banlieues refusent d’apprendre « cette histoire des Gaulois ». Pire, l’Éducation nationale crédite cet apprentissage du « dialogue des mémoires ».

               REGARD EN FORME D’ACTION

Il faut apprendre l’histoire de France, « et c’est tout ». Sinon, on n’est pas Français. C’est le meilleur service à rendre à ces enfants des banlieues (et même aux autres).

Ils doivent apprendre et s’approprier cette histoire pour vivre Français et s’approprier les querelles historiques que nous avons connues.  

L’histoire nous détermine par ce qu’elle a fait de nous, mais aussi par le souvenir qu’on en a.

De 1789 aux années 1970 on a vécu sur le souvenir de la Révolution française. À toutes les générations, on a refait la Révolution française, en 1830, en 1848, jusqu’en 1968, où les enragés étaient persuadés d’être les héritiers de Danton et de Robespierre. Ils se voyaient les continuateurs de 1789, 93, de la commune, etc.

Puis nous avons changé de tempo historique. Et Zemmour cite une phrase à méditer longuement, extraite de René Girard qu’il recommande fortement de lire :

« Nous devons entrer dans un nouvel esprit du temps où Charles Martel et les Croisades seront plus proches de nous que la Révolution française et que le souvenir de la révolution industrielle. »

CONCLUSION

Ce quatrième compte-rendu clot la conférence d’Éric Zemmour présentée par Raynald Secher à Pleurtuit, fin octobre 2021.

Le moins qu’on puisse dire est qu’elle fut riche et « programmatique » pour satisfaire ceux qui veulent des programmes. Un programme peut être utile, mais tout de même, c’est le film qui compte.

Je ne me lancerai pas ici dans un récapitulatif plus personnel, car l’actualité nous y mènera certainement.

Pour savourer la verve d’Éric Zemmour, vous pouvez retrouver cet enregistrement à :

https://www.zemmour.fr/video/la-croisee-des-chemins/la-croisee-des-chemins-pleurtuit-29-octobre-2021/amp/

Ou d’autres vidéos sur :

https://www.croiseedeschemins-ez.fr/

 

[1] Expression reprise de Michèle Tribalat.