20 POIREAUX ?

GÉNÉRAL
GÉNÉRAL

UNE LETTRE OUVERTE

Ce titre – 20 poireaux – n’impliquant aucun manque de respect, est un souvenir d’argot militaire pour non-initiés, un clin d’œil pour les autres qui savent qu’un poireau, en ce cas, est un général.

Si je parle de 20 généraux, c’est en référence à la lettre ouverte à l’exécutif et aux parlementaires, publiée entre autres – mais si peu – par Valeurs Actuelles[1], et commentée par un certain Poirot, Thibaut et non Hercule, plus proche du réflexe pavlovien que des petites cellules grises[2]. Christie ! Le voilà qui parle d’une tribune-torchon « infâme », d’une « bande de…», etc. Ah ! Le brave homme… dopé au gauchisme binoclard, tout fier de s’être déplacé et d’avoir participé en 2014 à la table-ronde « le rôle des enseignants dans la transmission de la mémoire et des valeurs » avec le Ministre de l’éducation nationale. [3] Passons ! Il en faut partout. Mais marchons, marchons… à côté, et oublions. Nous ne sommes pas superstitieux.

Retour à cette lettre ouverte qui n’a d’infamant que la description, que tout un chacun peut observer, du délitement de la France, et des forces de rupture qui la minent… au point qu’un projet de loi sur le séparatisme s’est auto-censuré pour devenir un « truc » sur les valeurs de la République. Des trucs comme ça, c’est comme les c… plus on en parle moins on en a.

Sur le fond, cette lettre me plaît. Elle a « de la gueule » et elle sonne juste :

« … notre honneur aujourd’hui tient dans la dénonciation du délitement qui frappe notre patrie. »

« … si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national. »

« … il n’est plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers. »

Au fond, c’est tout simple : La France qui était au début du XXe siècle l’un des pays les plus puissants et respectés du monde, sinon le premier, est devenu un bateau ivre et percé, prêt à couler, sans aucun honneur.

Il est assez normal qu’un orchestre joue un air martial sur ce Titanic d’occasion. Mais cela suffira-t-il à renflouer le rafiot ? Rien n’est moins sûr.

DÉNOMBREMENT RAPIDE

20 généraux ? Eh bien, non ! Le site Place-Armes [4] en compte déjà 25, et il serait utile qu’il en compte plus.

À deuxième vue, il y a deux généraux de corps d’armée (quatre étoiles) et aucun général d’armée (cinq étoiles). C’est peu. Mais plus on monte, plus certains se sentent pris de vertige, sinon d’une certaine pudeur… bien utile.

Sur Wikipedia, on trouve une liste, non exhaustive, des généraux en France au XXIe siècle[5]  On y trouve 30 généraux d’armée (cinq étoiles) et 38 de corps d’armée (quatre étoiles). Sans l’affirmer faute de documents probants, il y a une certaine disproportion dans notre liste de base.

Hors, les généraux, on trouve plus de mille signataires, de tous grades, jusqu’aux « deuxième classe » et toutes les armes sont représentées.

RÉFLEXIONS SECONDES

Marine le Pen a pris la balle au bond. Elle est forcément dans son rôle, en tant que candidate à la présidence. Si elle ne l’avait pas fait, elle se serait déconsidérée. Elle a cependant pris soin de préciser qu’il s’agissait « d’une bataille… politique et pacifique », ce qui ne veut rien dire ou tout dire. Et elle a eu recours à la parodie d’un discours ancien : « La bataille de la France… ». Encore de la récup’ qui n’augure rien de bon.

Mais des voix, surtout des aboiements, se sont élevés, depuis des cervelles légumières maniaco-gauchistes, jusqu’aux habituels imprécateurs. Citons le foudroyant Mélenchon (« stupéfiante déclaration de militaires s’arrogeant le droit d’appeler leur collègue d’active à une intervention contre les islamogauchistes »). Citons le « tout-en-Hamon » terrorisé dans son sarcophage politique (« 20 généraux menacent explicitement la République d’un coup d’état militaire. » Citons aussi Florence Parly, une personne qui se croit partie pour le maréchalat, qui transite par le ministère des armées et qui sort cette bourde : « Lorsque des généraux à la retraite – se réclamant d’une institution qu’ils ont quittée ou qui les a radiés – disent vouloir se mettre “à la disposition des femmes et des hommes politiques”, ils nient leur condition même de militaire. » [6]

« On » se dit ministre des Armées, mais « on » se prend les pieds dans le tapis. Car ces généraux ne sont pas « à la retraite », mais en deuxième section, ce qui est autrement différent.

« La deuxième section a été créée en 1839 par Louis-Philippe dans l’objectif de rappeler facilement les généraux compétents en temps de guerre. »[7]

« Ils sont maintenus à la disposition du ministre des Armées ; lorsqu’ils sont employés pour les nécessités de l’encadrement, ces officiers généraux sont replacés en 1re section pour une durée déterminée dans les conditions et selon les modalités fixées par décret en Conseil d’État. »[8] D’après l’article L414-1 du Code de la défense [9]

  Que Mme Parly fasse une retraite dans un grand centre commercial de région parisienne. Elle s’y sentira plus à l’aise.

RÉFLEXIONS TIERCES

Parmi les noms manquant à l’appel, on ne trouve pas le général Pierre de Villiers. Nous verrons bientôt si et comment ce silence se maintient.

 Allons plus loin :  « Au titre des obligations qui leur incombent, il convient de mentionner en l’espèce la soumission des officiers généraux de la deuxième section à l’obligation de réserve exigée par l’état militaire et à l’obligation de discrétion pour les faits ou informations dont ils ont connaissance à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions (Article L. 4121-2 du Code de la Défense). »

Il s’ensuit que, si ces généraux, et militaires de tous grades ont décidé de s’exposer ainsi, c’est qu’ils ont jugé la situation assez grave, bien plus grave que tous les risques « légaux » qu’ils peuvent encourir.

Ce sont des spécialistes de différentes armes, avec des expériences et des connaissances que nous n’avons pas.

La situation dépasse une simple tribune d’une vingtaine de généraux. Ils disent leurs conclusions de conseillers militaires et de citoyens. Ainsi l’impose la devise « honneur et patrie » portée sur le revers du drapeau spécifique de l’armée de terre.[10] Si l’on y rajoute « Honneur et fidélité » de la Légion, on a tout compris.

Nous voyons bien que le fond du débat est ailleurs. C’est celui de la survie, non de la République, mais de la France en tant que nation, en tant que pays. Car qui a vu dans l’histoire que la survie d’une civilisation dépende d’un nombre plus ou moins fourni de députés ? Elle ne dépend que d’un moral soutenu, d’une volonté de vivre ou de survivre, et des moyens qu’elle prend.

Il est cocasse, pour ne pas dire attristant, et plus encore, caractéristique d’une gauche prête à toutes les trahisons – une fois de plus – de hurler au loup, alors que les vrais loups, gris ou autres, sont déjà « entrés dans Paris. » Il serait temps de leur retourner le qualificatif de « social-traître » que leurs grands ancêtres pré-staliniens, staliniens ou post-staliniens, maniaient à l’envi, en même temps que les parodies de procès et la finale balle dans la tête. Mais quel silence abyssal devant ces faits historiques !

Il serait temps de comprendre qu’un président qui veut « déconstruire notre propre histoire » – sous un prétexte de racisme agité pour faire du vent – devrait plutôt faire hurler les Français de cœur. Et s’il est compréhensible que la lettre ouverte des généraux soit adressée au président pour des raisons protocolaires, il l’est beaucoup moins que d’autres voix que celle de Marine le Pen ne se soient pas élevées pour préciser la gravité de la situation.

Car, la terrible réalité est « coluchienne ». Ce « pitre » était aussi un « fou du roi » quand il déclarait : « Avant il y avait l’Algérie française. Maintenant il y a la France algérienne. » [11]

Et s’il y a guerre, ce n’est pas contre un virus, en dépit des victimes, mais bien contre des forces de fracture qu’il faut impérativement combattre. Non par racisme, ce qui serait abject, mais par volonté de vivre dans la civilisation de notre choix. Chacun doit pouvoir exprimer ses racines, mais la situation est depuis longtemps dépassée.

Quel que soit le futur responsable (président, homme fort, majesté ou citoyen) il aura à mener cette guerre avec les lois et les armes de la guerre. Ce ne sera pas facile. Rien ne sera gagné d’avance, en sachant qu’aujourd’hui, avec Macron ou des zombies de son espèce, tout est déjà perdu.

Qui ne les écoutera devra en répondre devant les urnes, d’abord, et surtout devant le tribunal de l’histoire.

 

 

 

[1] https://www.valeursactuelles.com/politique/pour-un-retour-de-lhonneur-de-nos-gouvernants-20-generaux-appellent-macron-a-defendre-le-patriotisme

[2] https://www.huffingtonpost.fr/entry/cette-tribune-dex-generaux-dans-valeurs-actuelles-fait-jubiler-lextreme-droite-la-gauche-scandalisee_fr_60840932e4b0ccb91c249a7f

[3] https://ens-lyon.academia.edu/ThibautPoirot/CurriculumVitae

[4] https://www.place-armes.fr/post/lettre-ouverte-a-nos-gouvernants

[5] https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_g%C3%A9n%C3%A9raux_fran%C3%A7ais_du_XXIe_si%C3%A8cle

[6] https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/florence-parly-madame-le-pen-larmee-de-la-republique-est-au-service-de-la-nation-et-de-personne-dautre-20210426_SB6YH4FSMJADTGHVK6I6DWAFJQ/

[7] https://www.mdmh-avocats.fr/2016/03/30/officiers-generaux/

[8] https://fr.wikipedia.org/wiki/Officier_g%C3%A9n%C3%A9ral_(France)

[9] https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006071307/LEGISCTA000006166982/

[10] https://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_de_la_France

[11] José Voss, Graffiti, Publibook, p. 395