Les médias avaient fait monter la sauce, battu le rappel des lecteurs, annoncé à tort et à travers que Macron allait parler. Il a parlé. C’est sans importance, car la même petite politique de faux sauveur est à l’œuvre. Avec des étapes, pour faire sérieux. Mais tout peut être annulé du jour au lendemain.
Je renvoie mes lecteurs à mon article sur La Peste de Camus où il était question de l’isolement, ancienne mesure médicale et administrative. Je renvoie aussi aux différentes prises de position de personnages sérieux (il en reste encore) qui ont prouvé et précisé la nécessité d’un isolement organisé en fonction des données spécifiques de cette maladie (voir mon article : « Covid, il faut savoir être chinois ». Je les renvoie aussi vers les seuls médias encore indépendants (ils ne sont pas en odeur de sainteté élyséenne) qui évoquent la façon dont la Chine s’est débarrassée d’une nouvelle vague épidémique (tests systématiques et isolement des cas positifs).
En fait, l’important est ailleurs, dans tout ce que Macron ne dit pas. Il y a le choix : le délire bureaucratique des attestations dérogatoires de sortie, ou des produits dits essentiels par rapport aux non essentiels, la pavane des gendarmes et autres flics piqués à la moraline de trottoir et à la contredanse médico-citoyenne, mais leur disparition des quartiers dits « sensibles » où le seul respect du confinement est celui de faire la guerre aux intrusions des « forces de l’ordre ». Il ne parle pas non plus de la disparition programmée et maximisée du papier monnaie, de l’envol des aides, et autres prêts à dénomination variable qui retomberont en avalanche sur les cochons de payants. Il ne parlera pas non plus des stocks de vaccins, du scandale du remdesivir, et de toutes les arnaques et autres pactoles financiers qui ont dû trouver des poches adéquates pour les contenir. Tout cela pour avoir confiné, dans une « spontanéité » et une quasi-simultanéité qui donneraient de mauvaises idées au dernier des béats de la crèche. Et il est bien bizarre que les questions de fond ne soient pas posées.
Il veut jouer le rôle du sauveur alors qu’il reste le hallebardier de service. S’il avait vraiment compris la marche d’une épidémie virale, c’est par la pratique du test généralisé et de l’isolement spécifique limité qu’il aurait gagné ses galons de président. Mais c’était sans doute trop demander.
Parmi les gros problèmes de ce banquier reconverti, il en est un de taille, mais insoluble. Il ne connaît pas la différence entre l’État et les obligations régaliennes d’une part, et le maquignonnage politique d’autre part. Pratiquer « en même temps « l’un et l’autre est impossible.
Alors, Macron a parlé. C’est vraiment sans importance.

