LA MAISON BLANCHE DIT LA VÉRITÉ SUR LE CLIMAT

La Maison Blanche dit la vérité sur le climat.

Attention ! Ne vous étranglez pas ! Le titre et l’article sont ma traduction de celui du professeur Steven E. Koonin publié dans le Wall Street Journal du vendredi 7 juillet 2023. Quand vous le lirez vous comprendrez que quelques journalistes du Point ou de l’Express se soient sentis verts. Je n’ai pas perdu de temps à dépiauter leurs papiers. J’ai préféré vous donner ma traduction de l‘article du Pr Koonin qui commence ainsi :

Le journaliste Michael Kinsley est bien connu pour avoir lancé : « une gaffe c’est quand un politicien dit la vérité. » Si l’on suit cette affirmation, la Maison Blanche en a commis une parmi les meilleures en mars, quand elle a laissé passer un document sur les effets du changement du climat sur l’économie des USA. Ce rapport a été produit par le Comité des conseillers économiques et le Bureau du management et du budget. Il stipule que les conséquences économiques des changements climatiques peuvent être intégrées dans le budget fédéral.

Jusque-là on imagine que cela ne porte pas à conséquence.

Un schéma accompagne ces possibles modifications. Il a été revu par 12 pairs indépendants bien connus qui ont estimé le déclin possible du PNB américain (produit national brut) en fonction de la montée globale des températures. Bien entendu avec 12 personnes reprenant les calculs il y a quelques différences. Mais chacune de leurs estimations montre que l’impact économique serait d’un faible pourcentage pour quelques degrés de réchauffement. Leur consensus, à deux exceptions près, est que le réchauffement actuel de 2,2° Fahrenheit a réduit le produit global brut de moins de 0,5 %. C’est négligeable en considérant que ce même produit global brut a augmenté de plus de 800 % depuis 1950. Si la température se réchauffe de 4,5°F ­– projection approchée de celle du Comité pour le climat des Nations Unies pour 2100, qui prend en compte les scénarios probables pour les émissions globales futures – le consensus l’estime à moins de 2 %. En d’autres mots si la moyenne d’accroissement annuel du produit global brut est de 1,5 % dans les quatre-vingts années prochaines, l’économie augmentera de 232 %. Un effet climatologique de 2 % réduirait cette augmentation à 225 %. Comme le disent les physiciens c’est une différence qui se trouve « dans le bruit ».

Cela signifie qu’elle est négligeable, due à des conditions d’expérience et dont il ne faut pas s’occuper. L’article continue.

Les estimations combinées de l’économie et du climat peuvent être décrites comme une entreprise doublement lamentable, pleine d’incertitudes et d’hypothèses non testables. Le rapport de la Maison-Blanche montre des avertissements appropriés à ces projections, incluant le fait que les estimations d’impact sont incertaines, que les conséquences du climat peuvent être inégales selon les secteurs et les régions, que le produit national brut n’est pas la seule mesure des effets du climat et que d’autres types d’impact ont été omis.

Mais de façon critiquable le rapport omet aussi l’étonnante capacité de l’Amérique à s’adapter et même à prospérer sous un climat changeant. Les États-Unis, en excluant l’Alaska et Hawaï, se sont réchauffés de 2° Fahrenheit depuis 1901. Malgré ce réchauffement la nation s’est développée, sa population a quadruplé, son espérance de vie moyenne a augmenté de 48 jusqu’à 79 ans, et son activité économique par tête a été multipliée environ par 7.

Le Comité intergouvernemental sur les changements liés au climat projette un réchauffement comparable pour les prochaines pour le début du siècle prochain mais l’expérience de notre nation devrait nous conduire à croire que le changement du climat sera un inconvénient mineur pour le bien-être national. Même d’hypothétiques seuils de bascule des changements pratiquement irréversibles comme la désintégration de la couche glaciaire du Groenland montrent en projection n’avoir qu’un effet minimum sur l’économie globale.

Une section complémentaire du rapport de la Maison Blanche insiste :

Nous nous attendons à ce que les émissions futures de gaz à effet de serre affectent l’économie américaine dans les décennies à venir. Elle projette aujourd’hui que le rapport de la dette globale de la nation à son produit intérieur brut augmenterait à 111,2 %t en milieu de siècle si le monde réussissait à atteindre une émission de 0 en 2075, tandis qu’il montrait à 112,6 % dans un scénario différent de hautes émissions. Il n’y a aucun doute que beaucoup de facteurs autres celui du climat, par exemple la technologie et le commerce, auront beaucoup plus de conséquences pour l’économie et les dettes pour les prochaines 25 années . La différence de 1,4 % entre ces deux scénarios extrêmes est une fois de plus « dans le bruit ».

Les auteurs de ce rapport devraient être loués pour leur honnêteté à délivrer un message inattendu et vraisemblablement peu importun, même s’il n’en ont pas fait tout un spectacle. Le reste de l’administration Biden et ses alliés climato-activistes devraient modérer leur rhétorique apocalyptique et mettre fin à la crise du climat qui s’ensuit. En exagérer l’importance, l’urgence et la certitude des menaces du climat encourage des politiques inconsidérées qui pourraient être plus dommageables et coûteuses que n’importe quel changement climatique.

Le Wall Street Journal précise que M. Koonin est professeur à l’université de New York, chercheur principal à l’institut Hoover et auteur de Malaise : ce que la science du climat nous dit, ce qu’elle ne dit pas, et pourquoi cela nous importe. (« Unsettled:What Climate Science Tells Us,What It Doesn’t, and Why It Matters”. Titre du livre en français : La part d’incertitude.

Antoine Solmer

Une différence de 2° F correspond à 1,1.