Mad Max

  Cela fait un moment que je promets de vous parler de “Mad Max”.  Mais toujours, à la dernière seconde, une crainte me retient : ce sujet va si loin dans l’imitation préventive (si j’ose un tel oxymore) que je me dis “une autre fois” : le rêve d’un “blogueur” me semble être d’informer, de questionner, de “pousser au-delà”, mais pas de choquer. Or l’univers de référence qui tourne autour de cette histoire de science-fiction est à la fois trop proche de ce que devient notre réalité, et trop éloigné de ce que nous sommes prêts à “encaisser” sans nous révolter : il est difficile, parfois, de “flirter avec le défendu”. L’horreur barbare de l’assassinat de la charmante petite Lola aura agi comme le déclencheur de mon ‘’passage à l’acte’’.

Mad Max, donc… De quoi s’agit-il ? L’action –et Dieu sait s’il y en a, de l’action, dans ce “western futuro-centré”– se déroule dans un pays indéterminé, qui peut donc être n’importe où et n’importe quand ou presque, ici ou là, et demain ou le jour d’après ; donc… en France, et après-demain… À la suite d’un holocauste nucléaire – dont on ne nous dit pas s’il a commencé à Taïwan, à Pyong-Yang ou en Ukraine ! – le monde est devenu quasi-désertique et la civilisation s’est effondrée. La guerre nucléaire a achevé une société mourante, et les hommes s’organisent en tribus qui luttent pour leur survie. Des camions-citernes blindés parcourent les territoires, à la recherche d’essence (NB : les nôtres ne sont pas encore blindés. Ça va venir…).

Lors de la parution du premier film de cette série de 4 films, écrits entre 1979 et 2015, plus un qui est annoncé pour 2024, il s’agissait d’une œuvre de science-fiction dont l’hypothèse de base m’avait très fort impressionné, la première fois que je l’avais vue : en ce temps-là (1980), ce qui était raconté était  impensable, mais peut être pas impossible, à très long terme. Il n’en est plus du tout de même : chacun des films raconte une évolution pas impossible, voire déjà engagée, dans ce que deviennent les pays développés. Parfois… “on s’y croirait”, presque. !

Cette impression de familiarité est étonnante : je viens de revisiter, pour vous en parler, des bribes des 4 films existants, et j’y ai croisé plusieurs situations qui, si elles ne nous sont pas encore familières, sont déjà enclenchées. Par exemple, la toute première scène du premier film se passe dans un tribunal (Hall of Justice),ce qui fait penser à une société organisée. Mais le spectateur comprend que tout se délabre : les bâtiments sont en ruine, la radio de la police est occupée ‘’24 / 24′’ par une opératrice qui récite d’inutiles recommandations simplistes, des interdictions insensées, et des consignes décalées par rapport à la réalité. A peine l’histoire commencée, nous pénétrons dans un non-monde effroyable –et qui pourtant est déjà un peu le nôtre, où des fictions (de la Justice, par exemple) ont remplacé les anciennes fonctions, réelles, elles, mais vidées de ce qui les rendait fondamentales.

Certains vont me dire qu’on n’en est pas encore tout-à-fait là… Et pourtant… une justice-qui-n’en-est-plus-une… la litanie des interdits liberticides mais inutiles et injustifiés… un Pouvoir qui tourne en rond sur lui-même sans plus de prise sur le réel… et des recommandations infantilisantes sans le moindre rapport avec tout “vécu” et tout “réel”… tout est déjà parmi nous : toutes les humiliations que nous voyons, subissons et endurons (par exemple, qu’on nous traite comme des “demeurés et des minus habentes” à propos d’économies d’énergie, après nous avoir “confinés” sans raison à propos du covid…), tout cela était prévu. Et triste ! 

Ce western qui n’en est pas un décrit une société d’une violence extrême où la criminalité est comme une seconde nature et où le chaos est devenu la règle.  (NDLR : nous sommes, là, en terrain connu !). Dans un monde dévasté (bien connu aussi !), des sectes, des clans et des gangs de pillards s’affrontent dans des ruines remplies de carcasses de voitures incendiées (Tiens, donc !), pour la possession d’essence et d’eau (NB : toute comparaison avec des circonstances proches est un effet du hasard). Soi-disant pour éviter règlements de compte, luttes entre bandes rivales et vendettas qui mèneraient à l’effondrement de cet embryon de société qui ne tient que par des slogans simplistes –qui font penser à “1984” ou à “La ferme des animaux” de George Orwell– conflits et querelles entre personnes sont réglés (?) par des duels à mort dans une arène (Ne pas confondre avec des ‘’règlements de compte’’ à Marseille-Nord !). Ne hochez pas la tête : la violence sur nos stades tient lieu d’Arène, et nous nous rapprochons de ces horreurs à une vitesse “grand V”. Et notre refus de le voir n’empêchera pas que ça arrive, bientôt.

Si nous n’avons pas encore atteint ce stade ultime de folie, de violence, de brutalité, d’agressivité, de haine de l’autre parce qu’il est “autre”, de décadence et de déchéance (NDLR : avant de décider que nous ne l’avons pas encore atteint, il est prudent de prendre le temps de revisiter ce qui se passe de plus en plus souvent, dans nos villes –ou hier, dans le XIX è arrondissement, en plein Paris !), la lente et très rapide prise du pouvoir par les tenants du Woke et leur haine sélective, et notre abandon devant l’islamisme de conquête et d’autres comportements aussi destructeurs de toute humanité “vont dans le bon sens du pire”. Si ces théories (ou d’autres, pires encore, qui arrivent), ne sont pas stoppées très vite, le monde ne s’en relèvera pas :  on a touché aux fondements… les digues ont toutes cédé !

Et si on passe un peu de temps à étudier la vitesse de propagation des drogues ravageuses dans ou sur notre ex-belle jeunesse ou parmi les “gens de la nuit”, “fêtards”, “noceurs” et habitués des “boites”, on est ahuri du développement de ce phénomène totalement destructeur… GHL, GBL, Fentanyl, Krokodil, Miaou-miaou (mais oui !) et Méphédrone, W18, ou, plus connu, le Crack (de très loin ni la plus dangereuse ni la plus addictive, pourtant)… force est de se dire que nous sommes en présence d’un cataclysme d’une violence et d’une persistance inconnues. La vitesse d’addiction semble croître exponentiellement, et les effets semblent de plus en plus destructeurs de tout ce qui fait qu’un homme ne devrait être ni un animal, ni un zombie… En revanche, il semble devenir très vite un “Mad Max” prêt à tuer pour s’offrir quelques secondes dans son rêve-cauchemar. Dans cet univers de fous, la vie d’un homme n’a plus de valeur, la propriété n’existe plus, et la morale a été oubliée… Dites-moi ce qui nous séparera, demain, dans un an, de “Mad Max” ?

Devant de telles menaces, qui sont là, devant nous, dans nos villes, et dans nos maisons dans les cas les plus graves, il n’est même plus besoin d’imaginer une guerre nucléaire pour détruire toute mémoire de “civilisation”. La question qui ne va pas tarder à se poser est : “avons-nous encore une chance d’échapper à des mondes de fous et pour fous, où la violence et la haine seront les seules choses qui ’‘rapprocheront” (?) les humains ?“. Et si ’’Oui” –comme persiste à l’espérer l’indécrottable optimiste que je reste, qui croit en l’homme  contre toutes les preuves qui s’accumulent–… ce sera à quel prix et moyennant quelle prise de conscience de tout ce que nous avons raté depuis ¾ de siècle, et que nous continuons à laisser ravager, sous des ‘’tsunamis’’ de fausses bonnes raisons ?

H-Cl

PS : Voici revenu le temps des vacances scolaires… et de mon silence, pour ne pas vous harceler sur vos lieux de villégiature. Je vous propose que nous nous retrouvions, si Dieu le veut, le mercredi 9 Novembre prochain, anniversaire de la dédicace de la Cathédrale Saint Jean de Latran, construite en l’an 320 et premier édifice monumental chrétien construit en Occident. Elle est est parfois désignée comme “la Mère” de toutes les églises, et son fronton proclame : ’‘Omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput’’ (= mère et tête de toutes les églises de la ville et du monde). C’est un symbole puissant pour la suite : les sujets de nos “billets” s’annoncent… tendus, en ces temps incertains ! En attendant, Bonnes Vacances.