UNE DÉCLARATION DE GUERRE
Je me demande quelle mouche a piqué notre président. Le revoici en guerre. Enfin, il s’y croit. Lui, en guerre ? Pauvre petit bonhomme ! Une guerre, c’est se coltiner avec des ennemis qui veulent ta peau, s’est vouloir leur rendre la pareille, au risque de se faire trouer la paillasse. Une guerre, c’est « de la sueur, du sang et des larmes ». Churchill savait de quoi il parlait, lui qui passe par l’Académie royale militaire de Sandhurst, reçoit son premier grade de sous-lieutenant au 4th Queen’s Own Hussars, et n’aura de cesse que de se trouver au coeur de l’action. De la même façon, Thédore Roosevelt – le fameux Teddy – qui démissionne de son poste de secrétaire d’État à la marine pour participer à la guerre Hispano-américaine en 1898. Ces deux-là ont pu parler de la guerre, la faire, et en être responsables. Bref, ils « en avaient dans le pantalon, et aussi dans la caboche. »
Mais notre pauvre président ? Hé, coco, t’as déjà entendu des balles te siffler aux oreilles ? Tu t’es déjà trouvé dans le champ de tir d’une 12,7… si jamais tu sais de quoi on parle ? Et de près, à cinq mètres, au corps à corps… là, ça ne rigole plus.
DE BONS ET VIEUX CONSEILS
Enfin, s’il y tient… Alors, rien que pour lui, j’ai retrouvé le texte d’une conférence tenue en 1948 à l’université Saint-Andrews (une sacrée référence dans le monde anglo-saxon) par un certain Montgomery, maréchal de son état, et accessoirement vainqueur d’un autre oiseau de belle volée, le général Rommel. Rien que du beau linge. Le titre de cet article : « Le commandement militaire ».
Alors, peut-être, si cela ne dérange pas trop sa Hauteur, notre petit président pourrait oublier quelques minutes son galimatias habituel, descendre de son Olympe de pacotille, et prendre 22 secondes de son temps pour tirer la quintessence de ces 18 pages. Il est si intelligent.
À tout hasard, j’en présente quelques extraits. Il s’agit « du commandement supérieur, celui qui s’exerce sur des armées ou un groupe d’armées… »
Le maréchal Montgomery insiste en premier sur une étrange affaire : « Pendant ·cette guerre, j’ai eu l’occasion de mettre mes idées à l’épreuve. J’ai découvert que, si l’on aspire à commander des soldats, il faut étudier de près la nature humaine, car c’est la matière première dont un chef dispose pour arriver à ses fins. Quiconque néglige le facteur humain échouera dans ses fonctions de commandement. Les rapports personnels entre un chef et ses soldats sont et ont toujours été un des facteurs les plus importants du succès dans la guerre. »
Bigre ! Ça commence fort pour notre président ! Étudier de près la nature humaine… ne pas négliger le facteur humain… Toute une éducation à refaire, en combien de temps ? Et par qui ? C’est mal parti, et ça empire car Monty « suggère, comme qualités requises d’un chef : la volonté de dominer, alliée à la force de caractère qui inspire confiance. »
Pour volonté de dominer, ça va peut-être passer. Encore que… Mais pour la force de caractère qui inspire confiance, c’est fichu, totalement fichu. Il n’y a qu’à voir les résultats : les bêtises se suivent et ne se ressemblent pas.
Et après les qualités requises, le vieux soldat observe la capacité d’un homme à commander. Il en distingue deux parties :
– « sa volonté de dominer les·hommes et les événements qui l’entourent, la volonté de s’entraîner lui-même et d’entraîner ses hommes jusqu’à la limite de leurs possibilités à une fin donnée, et dans le refus de se laisser détourner par quoi que ce soit de son but. ».
– « En second lieu, elle réside dans la force de son caractère orienté· vers·le bien ou le mal, à inspirer aux autres une confiance·absolue en lui et dans ses capacités de les conduire à la victoire, et à susciter l’enthousiasme de ses hommes pour la tâche à accomplir. »
Vous savez quoi ? Avec un gugusse comme le nôtre, autant demander tout de suite les conditions de la défaite.
ET LA CONCLUSION QUI EN CLOUE CERTAINS AU PILORI
Je passe sur les nombreux exemples historiques, sur les considérations entre le politique et le militaire, sur la gestion par l’intermédiaire de l’état-major, et autres point passionnants. Et j’en viens à la conclusion du vieux Monty :
« Je ne crois pas qu’aujourd’hui un chef militaire puisse inspirer de grandes armées, de simples unités, voire des hommes pris individuellement, et les entraîner à remporter de grandes victoires, s’il ne possède un sentiment authentique de la vérité religieuse ; et il doit être prêt à la reconnaître et à conduire ses troupes à la lumière·de cette vérité. Il doit· toujours garder le doigt sur le pouls spirituel de ses armées et être très sûr que le but spirituel qui les inspire est vrai·et juste, et apparaît clairement dans l’esprit de tout un chacun. Faute de quoi, il ne peut espérer de succès durable.
Car toute autorité, à mon sens, est fondée sur la qualité·spirituelle, le pouvoir d’entraîner les autres à suivre; et cette qualité spirituelle peut être·orientée vers le bien ou vers le mal.
En de nombreux cas, cette qualité fut consacrée à servir des intérêts personnels, et partiellement ou complètement malfaisante ; et chaque fois qu’il en fut ainsi, l’aventure aboutit à un échec. Car l’autorité malfaisante, si elle peut réussir temporairement porte toujours en elle ]es germes de sa propre destruction. »
Ça, c’est envoyé ! On se demande si le maréchal Montgomery n’avait pas prévu le rôle de sinistres trublions.
En tout cas, Macron chef de guerre… Laissez nous rire, ou pleurer. Il suffit de le voir recevoir des insultes à Oran et lever son regard halluciné pour remercier à de multiples reprises, ne rien comprendre lorsque son service de sécurité le pousse dans sa voiture. Quel fantastique chef de guerre !
ALLEZ ! SANS RANCUNE !
Eh ! Chef de guerre. T’as fumé du Saint-Maclou ? Ou c’est pire ?
Finalement, ne soyons pas trop méchant, pour notre chef de guerre. Un cheval à bascule et une épée en carton lui iront à merveille.
À cheval sur son bidet, il tire même pas son épée…
Antoine Solmer


