
MARINE ENTRE ZEMMOUR ET JUPITER
Dans un entretien avec Le Point, [1] le titre est éloquent « Marine Pen craint que les propos d’Éric Zemmour ne lui causent du tort. » L’a-t-elle prononcée ainsi, ou sous-entendue assez fort pour que le journal en titre son article ? Peu importe, la synthèse s’impose.
Comment dire à la candidate qu’on ne peut que l’approuver ? Voilà une phrase de bon sens, à condition de détourner Descartes de son droit chemin, et de comprendre que le bon sens de Marine ne signifie aucunement raison, mais surdimension d’ego.
Nous aurions bien compris que Marine Le Pen craigne un abaissement de la puissance française, un séparatisme forcené, irrémédiable, irrécupérable, l’irruption à l’Élysée de loqueteux fricotant avec le président (inimaginable), l’agenouillement devant tout dictat émanant des USA, ou d’un autre « Plus-Que-Grand », l’invasion d’un virus tuant 99% de la population, enfin tout ce qu’un potentiel responsable national devrait vouloir garder en ligne de mire.
Mais non, Marine Le Pen craint pour Marine Le Pen, comme ma concierge craint pour son chat qui traverse la route entre les poids-lourds : en se collant son fichu sur les yeux, et en ameutant les voisins, au lieu de faire le ménage dans les étages.
Ce n’est pas très responsable. Mais c’est du Marine Le Pen depuis quelques années, telle que nous la montre sa descente à gauche, qui ne l’a pas empêchée de se faire descendre en flamme par Macron lors de ce fameux tête-à-tête pré-présidentiel. Ah ! Quel feu d’artifice de pétards mouillés ! Ah ! Quel assaut d’étincelles et de flammèches ! Malgré quoi, elle n’a pu que se faire carboniser. Une fois de plus son ego voulait jouer au char d’assaut. Un fleuret bien dirigé d’une main bien droite eût suffi. Mais…Quos vult perdere Jupiter dementat (Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre).
PAROLES ET PAROLES ET PAROLES…
On aurait pu imaginer qu’elle s’en tienne à une phrase bien sentie, qu’elle oublie la démonstration de trop. Mais non ! Je poursuis la lecture de l’article :
Elle ne le considère pas comme un adversaire politique, mais craint malgré tout qu’il ne cause du tort à sa candidature…. »
« « La seule crainte que je peux avoir, c’est que les propos qui sont souvent très radicaux, et que je ne partage pas avec Éric Zemmour, puissent être assimilés aux miens… » « Éric Zemmour a une vision pessimiste de notre pays ».
« Cette croyance qu’il a dans la guerre civile n’est pas la mienne, sa vision de l’islam qu’il considère comme incompatible avec la République n’est pas la mienne. Moi, je lutte contre l’islamisme radical, qui est une idéologie. Je ne lutte pas contre les musulmans, je ne lutte pas contre l’islam. Je suis très attachée à la liberté religieuse et à la liberté de conscience. »
Comme le disait le vieux proverbe : « Il vaut mieux entendre ça que d’être sourd. »
Mais il eût mieux valu que la candidate ouvrît grand les yeux sur le pays qu’elle dit vouloir défendre, et qu’elle les plissât moins vers le pouvoir, au risque de la grande dégringolade : celle qu’elle nous ferait partager.
Je reviendrai sur les phrases de Marine le Pen dans cet article, car elles valent à elles seules une démonstration d’incompétence.
[1] https://www.lepoint.fr/politique/marine-le-pen-juge-les-propos-d-eric-zemmour-tres-radicaux-14-06-2021-2430946_20.php

