CATHÉDRALE DE NANTES : UN BRASIER FRANÇAIS

CATHEDRALE DE NANTES
CATHÉDRALE DE NANTES

LES FAITS FONDAMENTAUX

Incendie d’une cathédrale en France. Un citoyen rwandais est arrêté une première fois, nie contre toute évidence, est relâché.

Me QUENTIN CHABERT : PREMIER ÉPISODE

Dans cette séquence, la mise en scène de son avocat, Me Quentin Chabert, vaut l’écoute pour en démontrer la construction bancale.

Avant les aveux, il pose quatre arguments : l’absence de lien direct entre son client et l’incendie, la miséricorde attendue de la communauté catholique envers l’auteur, la relativisation nécessaire par rapport au politique et l’absence de mise en danger de vie humaine.

En bref, il fait son travail, ce que personne ne peut lui reprocher. Mais au prix d’une gymnastique mentale où le sophisme cède la place au mépris le plus profond.

  • L’absence de lien direct entre son client et l’incendie : argument de sophiste, car l’exclusion de tout autre lien entre cet incendie volontaire et toute autre personne impose le lien avec son client, seule personne en place.
  • la miséricorde envers l’auteur attendue de la communauté catholique : sophisme encore, qui confond des appréciations à tendance transcendantale et le jugement immanent du légal.
  • la relativisation nécessaire par rapport au politique : baillon artificiel que ce personnage voudrait imposer à ceux qui sont chargés de gérer la sécurité des biens et du patrimoine culturel de la France et qui ont le droit de parole, comme tout citoyen.
  • l’absence de mise en danger de vie humaine : ici explosent le mensonge et le mépris du petit bureaucrate que nous aimerions voir participer au combat des pompiers contre le feu. Ce n’est pas parce que « personne n’a perdu la vie » que les vies des 120 pompiers n’ont pas été mises en danger. Elles le sont à chaque sinistre.

Autant les trois premiers arguments ressortent du minimum syndical de l’avocat et de son « enfumage » si bien adapté à la situation, autant le quatrième qui méprise la vie des pompiers est profondément méprisable. Qu’en est-il de l’homme ? À chacun sa vérité.

Me QUENTIN CHABERT : DEUXIÈME ÉPISODE

Le citoyen rwandais est arrêté une deuxième fois et avoue être l’incendiaire. Un incendiaire parfaitement organisé, ayant choisi de façon quasi-professionnelle les sites des trois foyers.

Les aveux du « présumé-envisagé-suspecté-annoncé-coupable-innocent » étant enregistrés, Me Quentin Chabert – plus favorisé que l’orgue de la cathédrale – change de registre pour évoquer son client : « Il y a une sorte de soulagement, c’est quelqu’un qui est apeuré, il est en quelque sorte dépassé… C’est un soulagement évidemment de faire preuve, comme il le dirait, de repentance. Pour le croyant qu’il est, c’est important qu’il ait pu faire preuve de cette force. »

L’homme transparaît sous l’homme, mais lequel ? Voilà qui ouvre la porte à une réalité interdite : celle de l’homme réel dans le système des idéologues impuissants. Franchissons-la !

LA VALSE DES INCENDIAIRES

Le citoyen rwandais a incendié un monument national de la France. Son avocat nous affirme qu’il est « soulagé, apeuré, dépassé, repentant, croyant, fort. » Bigre ! Quel amoncellement de vertus dignes de la meilleure morale… à condition d’y croire. Peut-être pourrait-il jouer la comédie ? Après celle de l’innocent, celle du « repentant express » ? Quelle valeur donner à la compétence psychologique de Me Chabert, lui qui ne comprend pas que des hommes risquent leur vie pour sauver un monument, lui qui relativise à tout-va ? N’est-il pas en train de retourner sa robe – en l’occurrence son déguisement de prolo du dimanche – pour nous fabriquer un saint de pacotille ? Allons, Me Chabert, ne vous prenez pas pour un témoin digne de foi recueillant les premières déclarations de saint Paul sur le chemin de Damas. C’est assez misérable.

Parlons plus réel, donc plus juste.

Ce réfugié rwandais a 39 ans. Il est donc né vers 1981 (à quelques mois près). Il était un jeune adolescent pendant le génocide de 1994. Qu’en est-il de ce passé atroce ? Bizarrement personne n’en parle. En France depuis 2012, à 31 ans, comment y est-il entré ? Pour quel motif exact ? Comment ont pu jouer dans son esprit les extraordinaires accusations portées contre la France lors du génocide ? Accusations relayées au Rwanda et par bien d’autres pays qui ont intérêt à se faire oublier.

Il est administrativement décidé qu’il ne peut rester. Et il reste, oublié plus que protégé par l’ineffable incurie du système judiciaire français, et par la bisounourserie à l’eau de rose du clergé local : des paroles d’impuissance ahurie et l’incompréhension totale d’une troupe de zombies.

Le futur incendiaire laisse exploser sa « rancœur » avant de passer à l’acte. Un important courriel adressé au diocèse et aux autorités administratives. « Problèmes personnels… manque de soutien… cercle vicieux inexorable… cris de détresse. Je compte vivement sur vos prières pour que l’Esprit saint m’accompagne. »[1]

L’incendiaire est organisé, efficace, agit dans le silence et la solitude. Il choisit le grand orgue, merveilleuse construction de bois organisé comme un bûcher en attente, le petit orgue, pour faire bonne mesure, et un panneau électrique. Qui y aurait pensé ? Et il part en refermant soigneusement la porte.

On aimerait vraiment savoir comment et pourquoi il a choisi ces cibles si logiques, mais aussi si fortes ? Ainsi à travers les orgues, les vitraux et le panneau électrique est atteinte une triade symbolique : les orgues et la musique sacrée, le vitrail et la lumière surnaturelle, l’électricité, fluide invisible qui conduit la force. Et surmontant le tout, la cathédrale, vaisseau cosmique laissé entre des mains de caoutchouc.

On aimerait savoir si la pensée d’allumer un feu symbolique devant un quelconque tribunal (je n’ai pas dit « dans ») ou autre lieu significatif lui est venue à l’esprit. Et, si oui, pourquoi, et quels en ont été les freins ?

Nous sommes ici devant la manifestation de forces qui participent de la destruction de cet homme et par cet homme. Je ne le défends pas, car il doit être jugé, et vite, et sévèrement, et sans le verbiage des circonstances atténuantes ni des parties de ping-pong judiciaire qui épuisent « justiciables » et victimes. Certes elles justifient les honoraires des uns et les prébendes des autres, mais au prix d’une désorganisation de la société et d’une rancœur croissante.

Car, n’en déplaise à Me Chabert, il y a des victimes par cet acte criminel. Il y en a même quelques millions : ces citoyens français qui payent des impôts si mal employés, ces citoyens de toutes religions fiers de leur patrimoine culturel et tristes de le voir soumis à ces forces brutales, et aussi la France qui se dégrade chaque jour davantage à laisser croître des situations pareilles.

L’incendiaire doit être condamné. Mais ses complices aussi, que sont les acteurs de la pièce, dont n’apparaît au balcon qu’une minorité agissante.

Finalement, Emmanuel (ce Rwandais) est le témoin-acteur incorrect d’un drame qui le dépasse, et qui nous embrase. Attendons le silence avant le grand fracas.

[1] https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/07/26/incendie-a-la-cathedrale-de-nantes-un-e-mail-des-prelevements-et-des-images-au-c-ur-de-l-enquete_6047327_3224.html