DÉMOCRATIE = DÉMOGRAPHIE MAIS…(4)

AU XVIe SIÈCLE, JEAN BODIN

« Il n’y a de richesses que d’hommes », écrivait Jean Bodin au XVIe siècle en prônant un libre échange protégé par le principe d’autorité. Cela ressemblerait à du capitalisme avant la lettre. Encore faudrait-il revenir sur les définitions du mot et sur les adjectifs qui l’accompagnent. Intoxiqués par La Gauche comme nous le sommes, l’adjectif sauvage, est le premier qui vient à l’esprit. L’équation gauchie devient donc capitalisme = capitalisme sauvage. Un capitaliste deviendrait donc un sauvageon. Ici, attention ! Ce mot pourrait être connoté, controversé, plus que controversé, racisé, dégradant, etc.

UN CAPITALISME ENSAUVAGÉ ?

Donc le capitalisme est sauvage par essence et par pratique, alors que le suspecté sauvageon est une victime multidimensionnelle. Tout y passera : la colonisation du colonialisme par des colons, la frustration, la non-reconnaissance, l’exclusion de tout qui expliquerait jusqu’à le self-service nocturne dans des boutiques ou grands magasins ayant par mégarde fermé pour la nuit, y compris les lumières, ce qui a obligé ces pauvres malheureux à allumer quelques brasiers… juste pour voir.

Au fond, je me demande si ces braves petits gars et leurs copains de rencontre n’étaient pas en mission d’alerte en faveur du capitalisme pas assez sauvage. Voyez le nombre de clients que vous perdez en n’ouvrant pas la nuit. Finalement, cela vous coûtera moins cher qu’une série de discussions stériles avec les crânes d’œuf du gouvernement. Ça passera comme politique de la ville, comme une lettre à la poste… si nous ne brûlons pas le bureau.

JUSTICE, CALME ET ÉLITES !

Et la Gauchiennerie veut la justice, et pas le calme. Quelle justice ? Quelle absence de calme ? Quand on a pris pour emblème l’insoumission, on comprend tout de suite.

On comprend, mais quoi ? On comprend que notre bien aimé président et ses dévoués collaborateurs sont piégés dans leur système de référence : l’incompréhension, la fatuité, le mépris, la fabulation communicante, la mobilisation des conseils de bras-cassés et autres toutous de service, l’engluement dans la machine à pondre des lois, des arrêtés, des décrets, des circulaires, bref dans le néant de leurs vies dont nous nous passerions bien.

Mais ils ont été élus. Ce sont des « élites ». Foutre ! Que le sens de ce mot s’est dévoyé ! Des « élites » sous forme de zéro à gauche, élues par un peuple qui ne comprend rien, se complaît dans sa trouille, s’énerve quand il ne faut pas et se tapit quand il faudrait se lever.

Quand je parle de ce « peuple » je devais dire « niche pour chiens couchants ». Car il existe encore un vrai peuple, qui ose espérer. Et j’espère qu’il osera prendre les moyens pour que cet espoir se traduise en actions et en résultats suffisant pour renverser la vapeur. Espérons que cela se fera dans une urne… à moins qu’il ne faille s’en passer. Et si cela arrive, cela sera la faute de cette série de dirigeants ineptes dont la Ve République n’a pas été avare, le dernier en date dépassant tous les autres par son mépris de basse envergure. Au moins, de Gaulle si méprisant fut-il (c’était sa marque de fabrique) volait plus haut.

En fait, tout cela tient en une ligne : démocratie = démographie.

Et dans cette démographie nous devons tenir compte celle des chiens couchants, et de celle des pillards dont nous n’avons encore vu que des échantillons. Je rappelle que si la France ne se réveille pas pour siffler la fin de la récréation, les populations dont ils sont issus se tourneront vers la force réelle, celle des zones dites « de non-droit » qui y établissent déjà « leurs droits et leurs lois ».

Il y a des années que chaque avion de chasse qui passe au-dessus de ma tête m’oblige à cette pensée : cela ne sert à rien si nous ne sommes pas capables de tenir les banlieues. Cela servirait seulement si nous étions capables, par ces avions et ce qu’ils représentent, de faire comprendre aux pays qui les soutiennent, d’avoir à prendre leurs cliques et leurs claques et de s’en tenir là.

Mais, nous n’arrivons pas à tenir les banlieues et nous voulons faire la guerre à la Russie. Pauvres grenouilles !

UN REGARD D’ORIENT

Et « en même temps », pour faire plaisir au « enmêmetempiste de service », voilà que l’Algérie, la Turquie et l’Iran, lui envoient des coups de pieds « quelque part » diplomatiques, mais bien sentis. Peut-être aime-t-il ça ? Allez savoir, avec cet étrange bonhomme à l’air béat qui salue à Oran les gens qui le huent.

Et, toujours en même temps, il devrait lire l’article de Clara Hage, dans L’Orient-Le Jour1. J’en extraits pêle-mêle :

« limites d’un système démocratique, défaillant sur ses propres valeurs… déchéance d’un État trop permissif… reflet de la faiblesse de l’autorité centrale et du respect décroissant des institutions de l’État… voies législatives et judiciaires trop complaisantes, transformant les manifestations en un état de guerre civile sur le terrain… l’échec sécuritaire en France vient d’un échec culturel…pointant l’immigration dont souffrent les pays européens… dont les manifestants les plus violents seraient issus… la naturalisation des personnes immigrées est un danger existentiel qui menace et détruit n’importe quel pays. »

Et comme si les « coups de pied quelque part » ne suffisaient pas, l’article cite d’autre voies plus agressives (le racisme systémique de l’État français à l’égard des populations notamment d’origine maghrébine… Une posture que semble relayer le Haut-Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’Homme : il est temps pour la France de s’attaquer aux profonds problèmes de racisme et de discrimination parmi les forces de l’ordre. »

Et l’ectoplasme fait de la com’ !

UNE AUTRE FORME D’HOMME

Revenons à l’homme en le plaçant hors du champ commercial. Revenons à ce qu’il fut depuis la nuit des temps : une créature se construisant en construisant et protégeant un monde… quitte à le détruire de temps à autre. Alors la formule de Jean Bodin, ainsi réactivée, nous oblige à l’élargir, à considérer un homme de Vitruve autant soutien que prisonnier du monde dans lequel il s’inscrit, l’ensemble homme-monde étant lié par des forces et des fatigues, des positions de défense autant que de fuite, un esprit d’entreprise ou de démolition suivie de reconstruction, une volonté de maintien supérieure à celle de démolition, et finalement, plus d’amour que de haine, a minima, une sympathie constructive.

Et c’est sur ce type d’homme que s’appuie la démocratie, ou du moins devrait s’appuyer. Ce n’est pas en France macronisée que c’est possible.

Antoine Solmer

PS : Rien ne vous empêche de lire un autre article de L’Orient-Le Jour intitulé : « Des migrants africains chassés de Sfax après la mort d’un Tunisien2 »

1  : https://www.lorientlejour.com/article/1342200/les-emeutes-en-france-vues-par-le-monde-arabe.html

2  : https://www.lorientlejour.com/article/1342479/tunisie-des-migrants-africains-chasses-de-sfax-apres-la-mort-dun-tunisien-temoins.html