Tout va bien… (sic !)
Ces mots vous font sourire ? Ils ne sont pas de moi, vous vous en doutez. Il s’agit d’un cocktail savamment dosé de bouts de phrases empruntés à des discours récents de Darmanin, de Lemaire et de Macron (tous les autres, y compris notre sinistre première ministresse en titre, sont tellement transparents, inexistants et ectoplasmiques que personne ne sait même comment ils s’appellent, ce qui n’est pas grave : ils sont là pour faire foule, pour faire croire aux naïfs, impressionnés par leur nombre, qu’il y aurait un équipage dans l’avion… On découvre parfois leur nom… lorsqu’ils démissionnent ou sont démissionnés pour faute grave –mais jamais pour cause de nullité profonde : en Macronie, “être nul” n’est pas un péché !
Cela dit, permettez-moi d’ouvrir ce “billet” sur deux historiettes qui me sont tout-à-fait “perso”, mais qui ont un lien –pour le moment encore, invisible– avec notre sujet, on le verra plus tard. La première est musicale : il se trouve que, par le plus pur hasard, je me suis retrouvé récemment “travaillant” au piano (et au chant) la merveilleuse chanson de Jacques Brel “L’inaccessible étoile” (NDLR – je m’imagine, dans mes rêves, que si les airs que je travaille sont beaux, le résultat le sera aussi… mais en y repensant, je doute que mes voisins partagent cet optimisme !). La seconde est plutôt professionnelle : il y a très longtemps, directeur général des magasins “Nouvelles Galeries”, il m’arrivait, dans mon désir/besoin de visiter le plus possible des 187 grands magasins que je dirigeais, de foncer dans le brouillard et malgré lui, en sachant que je ne contrôlais rien et surtout pas mon destin immédiat ! (NDLR 2 : je frémis encore au souvenir d’un Paris-Arras-Amiens un 31 décembre, avec 2 mètres de visibilité, par –3° : je m’étonne d’être encore là pour en parler !)
Mais pour le moment, le sujet qui doit obligatoirement nous passionner, c’est la réforme des retraites. Impossible d’y échapper, bene volens, male volens : c’est cet après-midi, mardi 10, qu’on nous ouvre le pot-aux-roses, alors que non seulement personne ne peut dire à ce jour de quoi il s’agit et si c’est tout bon, tout mauvais, ou… tout les deux, mais qu’il est évident qu’aucun membre du gouvernement ne le sait, non plus. Jusqu’au sommet de l’État, il n’y a pas un seul clampin (ou “pas une seule clampine”, pour être c…idiot comme le maire de Pantin et de Gauche qui a “con-cocté” le borborygme “pantine” pour avoir l’air féministe. NB : On attend avec impatience la réaction des maires de Mâcon et de Juan les Pins, entre autres !), et pas un seul de nos génies ès-nullitude qui puisse nous expliquer le pourquoi et le comment de ce changement présenté comme un progrès… pas plus que les (trop) nombreuses marches arrière stratégiques (ou pas !) qui étonnent tous ceux qui s’imaginent encore, contre toute expérience, qu’il y aurait une direction générale derrière cette opacité qui mélange “être sérieux” et “se donner un air sérieux”.
Le peu qu’on sait, le peu qui “a fuité”, intentionnellement ou pas, sur cette réforme, pose plus de questions qu’il ne fournit de réponses, alors que le texte dit définitif est déposé et présenté ce jourd’hui. Par exemple : cette “réforme-là’’ est-elle vraiment inévitable, obligatoire, incontournable et urgente, et si “Oui”, pourquoi (les avis sont, pour le moins, partagés !) ? À quoi va-t-elle servir ? Qui va-t-elle concerner, et qui “pas”… et à partir de quand ? La Loi est censée être votée dans les heures et les jours qui viennent, mais “on” consulte, pour pouvoir dire qu’on va en retirer ce qu’on y remettra en douce : la seule chose qui compte est de savoir qui va la voter, “c’te p… de Loi”, et ce qu’en pense le pauvre Éric Ciotti, projeté dans un double rôle drôle d’intermittent du spectacle et de variable d’ajustement qu’il n’avait pas prévu.
Je trouve cette péripétie tout simplement magnifique, car on commence de fait à se rapprocher pour de bon d’un chef d’œuvre à l’état pur, du prototype de tout ce qui ne se fait pas, d’une quintessence de brouillon d’épure, de la perfection en matière de sacs de nœuds indémerdables, d’un OVNI – Objet à Voter (mais) Non Identifié – contre qui chacun se dresse avec des raisons opposées à son voisin… mise à part la constatation morose que, comme tout ce qui est issu de la mitterrandie, le départ en retraite à 60 ans a été une des plus grandes fautes de l’histoire, un paroxysme de “tout ce qu’il fallait éviter à n’importe quel prix”. On retrouve, dans ce pseudo – psychodrame, la double dépendance, dans le genre du “je t’aime… moi non plus”, qu’ont les Français pour l’État qu’ils adorent critiquer… tout en attendant tout, de lui !
Et pourtant… on en est arrivé, dans l’échelle de l’absurde, à un point tel qu’il serait dommage de s’arrêter en si bon chemin… ne serait-ce que pour déplorer jusqu’où l’ignorance peut faire dégringoler un pays (le seul risque serait d’accélérer un peu la chute !)… ou jusqu’où de mauvaises analyses et des conclusions encore plus mauvaises peuvent dresser un pays contre lui-même. Comme le disait il y a peu et si poétiquement notre président dans ses vœux, “Unis, nous vaincrons”, la question suivante étant alors : “unis”, ça veut dire quoi, pour lui ? “Se foutre sur la gueule” ?
En ces heures graves où, dans le Donbass, se prépare sous nos yeux une réédition motorisée de la retraite de Russie – sans qu’on puisse savoir, dans les torrents de désinformation qui nous emportent vers une fin absurde, qui va retraiter et dans quel sens–… il est permis de se demander si nos politicards, comme fascinés par la résistible ascension d’Arturo Ui – en version “2-0”, c’est l’espèce de starification de Zélensky–, ne vont pas tous se mettre à vouloir leur propre “retraite de Russie”, pour recevoir des milliards. Pour ma part, je profite de la situation pour me payer un coup de jeunesse en forme de “retour sur images”, la situation du monde me faisant irrésistiblement penser à ce jour, raconté plus haut, où je fonçais sur une route dans le brouillard, sans rien voir, ce qui semble le passe-temps exclusif des “leaders” occidentaux. Ou alors… dans ma quête persistante d’une “inaccessible étoile”… qui occupe, en ce moment, ma retraite, sauf que moi, c’est “en chanson” – eux, c’est contre un Poutine prêt à pas mal de choses, semble-t-il… Finalement, à travers mes souvenirs, je pourrais presque comprendre le quotidien de Macron : poursuivre des chimères dans la purée de pois ! Il faudra que je cherche et trouve pour quelles raisons “ça accroche”, avec lui… au point de ne vraiment pas du tout accrocher !
À propos… Vous même, sincèrement… êtes-vous pour ou contre ce qu’on désigne par “la réforme des retraites” (NB : ce qui ne veut pas du tout dire “résoudre à tout jamais un problème récurrent, mais signifie exclusivement ’‘montrer à l’Europe qu’on la suit dans ses folies”, à travers non pas une solution, mais à travers cette seule réforme-là, qui ne coche que les cases requises par la grosse “Commission” bruxelloise) ? Et si “Oui” ou “Non”… pour quelles raisons précises ? Réponse dans un, trois ou six mois… ou bien dans la rue, très vite : le chaos, le bordel… ou pas !
H-Cl.

