MADRE MIA

Madre mía…

Cette interjection espagnole décrit parfaitement notre situation incompréhensible : au delà d’un certain point, il ne reste plus qu’une mère, pour apporter du secours (NDLR : le même “SOS”, dit en arabe et en onomatopées, n’est pas mal non plus : “Taï taï taï… Ya ouili, ouili, ouili…”). En français, on dispose de la magnifique “Une fois qu’on a passé les bornes, y’a plus de limites” d’Alphonse Allais. Mais aujourd’hui, on a besoin de toute la richesse de toutes les langues pour tenter de décrire le méga bordel (Si vous avez un mot aussi précis, je suis preneur !) qu’est la France, en ce lendemain des “Européennes”..

Il y a 3 ou 4 jours, je vous avais timidement prévenus (cf. “Les dangereuses Européennes”), mais qui aurait pu prévoir que, seule parmi les nations du monde civilisé – dont la plupart votent, ces temps-ci – la France n’était même plus capable de résister au choc (?) indirect d’une élection totalement indépendante de ses règles de fonctionnement. Son chef, qui passe le plus clair de son temps à donner des leçons – sans queue ni tête, mais très coûteuses et très risquées – au monde entier, qui s’en fout, et à dépenser en Ukraine l’argent qu’il s’est arrangé pour que… nous ne l’ayons plus… n’est même pas capable de résister 24 h à la poussée démocratique et parfaitement légale d’un parti politique parfaitement légitime… et classé premier dans son pays ! À titre purement personnel, j’ai espéré, contre toute raison, que l’intelligence “Marion-Éric” ferait une percée. Je savais mon pari perdu, il l’a été. Dommage pour tout le monde. Il nous reste à digérer une super gueule de bois.

Mais les lecteurs réguliers de ce blog savent ma confiance profonde dans l’existence, invisible mais efficace in fine, d’une “justice immanente” qui finit par rattraper ceux qui ont échappé à la soi-disant “justice” des hommes, des États et, le cas échéant, de Dupont-Moretti (je dis ça pour rigoler !). Les anciens disaient “Il est puni par où il a péché”, et la sagesse des nations a effectivement remis les choses en place : après sept trop longues années durant lesquelles il a passé son temps à vomir sur un quart, devenant pas sa faute un bon un tiers, des français (càd. ceux qui refusaient ses visions changeantes d’un avenir qui ne pouvait conduire qu’à la catastrophe collective et au malheur individuel), notre président-ado se retrouve seul devant le méchant destin qu’il nous avait concocté à grands coups de mauvaises décisions, d’analyses foireuses, de croyances progressistes et (donc) de solutions perverses, pires que le mal…

Et maintenant ? La révolte des braves gens a, une fois de plus, écarté la menace immédiate d’un macronisme pervers… Mais – ce qui n’était pas prévu, et même jugé et juré impossible par les “ceux-qui-savaient”– toutes les digues ont lâché, d’un coup, en cinq minutes-chrono ! Il ne voulait pas d’une victoire même minoritaire du Rassemblement national ? Il a réussi à fabriquer un tsunami-RN qui risque de tout emporter… Car si –comme beaucoup le supposent – le triomphe européen du tandem Le Pen-Bardella se confirme aux législatives annoncées et bricolées à la hâte, quelle autre issue lui restera-t-il que de (se) démissionner lui-même, après avoir démissionné la bande de nullissimes qu’il traînait derrière lui et dont il nous imposait, contre notre gré mille fois répété, les effroyables idées, l’arrogance méprisante, les références mortifères et la bêtise inculte… encore que, entend-on dire, ici ou là, “n’est pas De Gaulle qui veut”.

Ce scrutin européen et ses conséquences totalement imprévues nous ont tout de même apporté quelques bonnes nouvelles : la joie, en premier, de savoir que la bande de cuistres gauchisants qui avaient été élus dans le sillage de Macron – et à qui nous devons tant de décisions aux conséquences souvent mortelles pour la Nation – va disparaître en grande partie. Un nombre grandissant de Français n’en pouvaient plus, de les voir se pavaner à nos frais en mettant aux voix les pires idées possibles. Une autre bonne nouvelle, c’est le ratatinement des “écologistes punitifs” qui ont fait tant de mal à notre jeunesse (combien d’enfants ont grandi dans un univers de terreur, par leur faute ? Il ne faut jamais le leur pardonner), comme aussi à notre industrie, à nos agriculteurs, à notre économie, à nos choix politiques, etc… Mais ils nous ont tant fait de mal, à nous et à la France, qu’il est presque normal qu’on leur en veuille.

Essayons de rester dans les sujets fondamentaux : Emmanuel Macron nous a “baladés” pendant son quinquennat et demi dans les horreurs de sa pensée narcissique et erratico-progressiste : pas de programme, pas de buts, pas de direction générale – autres que cette Europe anthropophage, invivable et dystopique, qu’il a prétendu nous imposer aux dépens de notre France, dont nous sommes si nombreux à vouloir la pérennité. Nous lui devons l’effondrement de notre diplomatie et de notre poids dans le monde, une déroute absolument dramatique en Afrique de l’Ouest, notre humiliation permanente devant l’Algérie confite dans la haine pathologique qui reste la seule raison d’être d’un personnel politique corrompu et, plus récemment, ses prises de risque illimitées devant un adversaire qui nous surclasse sur tous les chapitres, en multipliant sans raison objective (Poutine n’a pas la possibilité de nuire à d’autres pays : il ne parvient pas à prendre plus de 10 ou 20 km² en Ukraine. On agite devant nous un épouvantail…) des engagements intenables auprès d’un pays croupion avec lequel nous n’avons jamais eu de relations autres que mercantiles et à court terme…

Son bilan – le jour où il faudra le faire – se résumera sans doute à son affirmation péremptoire de ramener le RN à trois fois rien… Bravo, l’artiste ! Que croyez-vous qu’il en tire comme leçon ? Le fait d’être écrabouillé à plates coutures est pour lui une raison suffisante pour – surtout – ne pas changer de stratégie… et en remettre une couche, en confiant aux chaînes d’un “Sévice Public” à sa botte (argent illimité oblige !) ses “conseils pour le vote à venir”… que tout le monde attend, pour rigoler d’abord, puis les transgresser ensuite. Il refuse de voir à quel point il est rejeté – presque trop, même, d’après moi. Mais allez percer la logique d’un ado trop gâté par la vie…

Le futur immédiat est clair : on peut supposer que, quelles que soient les paroles jetées en pâture aux gogos, la Gauche va reprendre ses habituelles magouilles sans foi ni loi : la seule chose qui compte, c’est de garder les sinécures et de nuire autant que possible à la France, au profit (?) d’idéologies plus perverses les unes que les autres… et la Droite va continuer à “déconner un max” en refusant toute démarche de rapprochement qui pourrait tout remettre sur pied et dans le bon sens. Et Macron risque fort de se retrouver avec une Assemblée encore plus ingouvernable que l’actuelle, sans aucun bricolage possible en vue d’une majorité… Ou alors (aujourd’hui, c’est le plus probable), une majorité pour le RN qui ne laisse qu’un seul “choix” : ’’Jordan à Matignon” (et Fabius, qui s’autorise à paralyser le choix du peuple français, au nom de sa démocratie partisane.).

Et là… la haine anti-Droite de Macron + la haine pathologique de l’extrême Gauche pour tout ce qui n’est pas elle… risquent d’ouvrir la porte aux pires excès, aux mouvements les plus destructeurs, à la phraséologie la plus génératrice de haines-à-venir qui soient. Une fois encore… notre ultime chance reste de demander à Dieu de sauver la France. On peut espérer un résultat, mais il n’est pas certain que ça marche en 2024 aussi bien qu’en 1428 avec Jehanne d’Arc ! On va donc attendre. Mais quoi ?

H-Cl.