
Lorsque nous parlons d’églises et de cathédrales nous revient facilement – trop facilement – l’expression « blanc manteau d’églises ». À dire vrai, il y a déjà matière à discussion concernant le type de vêture : manteau ou robe ? Et, deuxième discussion : couleur blanche, autre couleur ou autre blancheur que celle d’un revêtement ?
J’ai ressorti un article déjà ancien qui mérite d’être relu, dû à Anne Vuillemard-Jenn. Vous pouvez le trouver maintenant sur Internet[1]. À noter que cette blancheur provient de la citation latine « … passim candidam ecclesiarum indueret » (… eût revêtu de toutes parts une blanche robe d’églises. »
Même un non-latiniste retrouvera dans cette blancheur, notre mot actuel candide, avec toutes ses notions qui évoquent une innocence dont on ne sait quels versants de naïveté ou d’émerveillement prédominent.
Pourquoi cette introduction ? Pour des cathédrales, certes, mais surtout pour celui qui nous y guide. Il s’appelle Henri d’Anselme. J’espère que vous n’avez pas oublié son nom, et même que vous le retiendrez longtemps. Henri, c’est ce héros modeste et inattendu, qui, d’un sac à dos, repoussait tout seul ce fameux « réfugié syrien » à Annecy, occupé à poignarder un enfant dans son berceau. Encore une de ces « chances pour la France » qui se relayent pour qu’on ne les oublie pas.
Divine surprise. Il existe encore des chevaliers errants, des enfants de don Quichotte, n’ayant ni Rossinante ni Sancho pour les accompagner, mais des rêves plein le sac à dos.
Alors, ce tour de France des cathédrales, il nous invite à le faire avec lui, à l’accompagner. Quelques clics de clavier suffisent. Je l’ai fait, avec plusieurs raisons. La première comme remerciement d’un inconnu. La seconde parce qu’il avoue, tout candidement, que son premier épisode n’aura pas de suite s’il ne dépasse pas la barre des 100000 vues. Héros devant l’Éternel d’accord, mais héros devant l’Audimat, c’est une autre paire de manches. N’est pas influenceur se trémoussant pour vendre des cacahouètes qui veut. Quant je pense qu’aucun publicitaire n’a vanté le sac à dos du miracle. Pour tout dire, je n’en attendais pas moins, ayant trop fréquenté ce monde-là.
Alors, je vous le dis : il faut soutenir Henri. Il faut voir et revoir son documentaire, sa chronique, son voyage, sa mise en valeur des cathédrales. Cela « vaut le coup ».
Vous commencerez par Chartres et poursuivrez vers la Normandie. Henri, ce n’est pas Paul Barba-Negra dont la série Architecture et Géographie sacrées nous transportés dans les années 1980. Henri, c’est le jeune homme qui découvre et veut faire découvrir. Pour cela, et pour chaque cathédrale, un point, une rencontre, un problème posé, une initiation discrète, naïve, candide… nous y revoici.
Henri, c’est un grand jeune homme de 25 ans. Il a déjà de la branche, mais aussi de trop jeunes rameaux dont il ferait mieux de se débarrasser. De ces rameaux qui négligent le pluriel des mots terminés par -al (et bien sûr les exceptions). Idem, il se nourrit de ces « trop », là où des « très » iraient tellement mieux. Bref, il est de son temps, tout en restant du nôtre… à condition qu’il relise une bonne grammaire. Car il serait dommage qu’un jeune héros de cette stature se laisse porter par des vagues de « mal-lettrisme ». Si les tailleurs de pierre avaient négligé la grammaire de leur art, qu’en serait-il resté aujourd’hui ?
Il n’empêche. Il faut voir et revoir son CHANT DES CATHÉDRALES, apprécier sa simplicité, sa mise en valeur du sacré, tantôt dans une crypte, tantôt dans le clocher, sans oublier ni un vitrail, ni les ravages dus aux temps et à la dotation insuffisante.
Un bon rythme tranquille, comme doit être celui de sa marche, un regard qui s’émerveille, qui sait montrer et rappeler l’essentiel, comme la présence de cette « petite lumière rouge » témoin de l’Autre Présence.
Avec Henri, comme nous sommes loin du tapage obscène des acteurs en mal de « pub » qui fustigent et contre-fustigent. Comme on s’éloigne de la laideur hypocrite de ces castes de donneurs de leçons qui agitent leurs sales draps à défaut de meilleurs drapeaux.
En aidant ce jeune héros des temps modernes on se lave de toutes les saletés que les égouts des «élites » déversent à grand débit.
Aider Henri, c’est facile. Suivez son lien, et replongez dans la vie des cathédrales. Lire Victor Hugo, c’est bien. Accompagner Henri, c’est mieux. Et c’est d’autant mieux que, doublant ma publication, l’épisode 2 vient à point, partant du Mont Saint-Michel vers Saint-Pol-de-Léon : un nouveau CHANT DES CATHÉDRALES.
Vous savez ce qui vous reste à faire.
Antoine Solmer
[1] https://www.academia.edu/3747213/_Le_mythe_du_blanc_manteau_d_%C3%A9glises_de_Raoul_Glaber_%C3%A9tude_de_la_polychromie_des_cath%C3%A9drales_%C3%A0_travers_les_sources_m%C3%A9di%C3%A9vales_Art_sacr%C3%A9_2008_26_pp_131_139

