LE NOMINALISME AGRESSIF ET SES DÉRIVES (2)

IBM ET SA FIERTÉ DÉPLACÉE
IBM ET SA FIERTÉ DÉPLACÉE

Après avoir vu une des dérives du nominalisme, prenons aujourd’hui un autre exemple, celui du mot fierté.

UNE FIERTÉ QUI SE DÉSAGRÈGE

Il fut un temps où l’on pouvait être fier de son pays, fier de sa réussite professionnelle ou de celle de ses enfants, et de tant d’autres choses encore. La fierté ne vivait pas d’elle-même, sans substrat, sans précision. Un complément s’imposait pour que les termes fier et fierté ne se réduisent pas à une vaine gloriole ou à une exaltation pathologique du moi.

Puis vinrent les kidnappeurs en bande de l’arc-en-ciel, le groupe des dysalphabétisés. Au début ils se tenaient encore un peu : fiers de… de s’enchanter et de chanter à tort, à travers et à reculons tous les couplets et plus du Plaisir des dieu1. Je le répète, dans la chambre, entre adultes consentants, les limites sont aussi élastiques que ceux des sous-vêtements. Et si quelqu’un en profite pour glousser des cocoricos (mezzo voce et sans réveiller les voisins) grand bien lui fasse.

Mais les dysalphabétisés se sont mis à vociférer sans retenue, à pied, à cheval et en voiture. Comme le chantait Brassens, c’en est devenu « une sale manie ». La foire d’empoigne commençait à casser les pieds (restons polis).

Et comme si cela ne suffisait pas, le complément autrefois nécessaire à la définition de la fierté a disparu. Vive les « marches de la fierté ».

Il faut que chacun comprenne que ces m’sieurs dames et autres auto-qualifiés ont décidé de s’emparer de la « fierté ». On devine les panneaux : Fierté, propriété privée ! Vive les Fiers, honte aux non-fiers ! Et autres La Fierté c’est nous, la honte c’est vous !

Nous reconnaissons sans difficulté la tactique de dégradation culturelle de la Gauche. Je ne dis pas de l’extrême-gauche, mais bien de la Gauche, de la plus gentillette en apparence jusqu’à la plus agressive… ce qu’elle finit toujours par devenir, puisque Gauche, Fascisme et autres Hitlérismes sont la fratrie d’une même famille : celle des tendances mortifères et des pouvoirs écrasants. Dans ce troupeau, il n’y a pas de liberté pour les ennemis de « leur » liberté… de nuire.

UNE FIERTÉ QUI DEVRAIT SE FAIRE OUBLIER

Évidemment, les gros malins ont flairé les gogos et les gros sous. C’est à qui montrera le plus vite son attirance pour les attributs intimes des clients, par devant et par derrière (comme chantait Marie-José Neuville) et par dessus et par dessous, à inclinaison variable, pour les plus doués en gymnastique.

Parmi ceux-là, la firme IBM qui « a toujours mis un point d’honneur à prendre la défense de la cause LGBT pour lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres. 2»

À tel point que : « Les managers reçoivent une formation spécifique. Tous les nouveaux arrivants sont sensibilisés à la question. Tous les salariés savent quoi faire en cas de discrimination. « Il y a effectivement un téléphone, un email… »

Qu’on comprenne bien la leçon : nul sourire narquois ne sera permis, nulle interrogation oiseuse, nul détournement ni fixité du regard, nul comportement qui serait jugé susceptible de gêner quelques personnes ! On vous fera marcher au pas.

Au pas de l’oie, peut-être. Car la si vertueuse compagnie IBM n’a pas échappé au regard acéré d’Edwin Black, un journaliste américain, Juif, qui a mis les pieds dans les disquettes en publiant en  2001 : IBM et l’Holocauste.

Car il y eut un temps où IBM a vendu à l’Allemagne nazie machines et cartes bien utiles pour recenser les mauvais citoyens qui avaient l’outrecuidance d’être Juifs, et promis à un peu plus qu’un mauvais regard.

Pour citer Edwin Black en personne, apprécions les premières lignes d’un de ses articles parus dans The Village Voice 3

« When Adolf Hitler came to power in 1933, most of the world saw a menace to humanity. But IBM saw Nazi Germany as a lucrative trading partner. Its president, Thomas J. Watson, engineered a strategic business alliance between IBM and the Reich, beginning in the first days of the Hitler regime and continuing right through World War II. This alliance catapulted Nazi Germany to become IBM’s most important customer outside the U.S. IBM and the Nazis jointly designed, and IBM exclusively produced, technological solutions that enabled Hitler to accelerate and in many ways automate key aspects of his persecution of Jews, homosexuals, Jehovah’s Witnesses, and others the Nazis considered enemies. »

Traduction rapide :

« Quand Adolphe Hitler arriva au pouvoir en 1933, le monde dans sa majorité y vit une menace pour l’humanité. Mais IBM vit l’Allemagne nazie comme un partenaire commerciale intéressant. Son président Thomas J. Watson mit au point une alliance commerciale stratégique entre IBM et le Reich, dès les premiers jour du régime d’Hitler et se poursuivant pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Cette alliance permit à l’Allemagne nazie de devenir le plus important client d’IBM hors des USA. IBM et les Nazis échafaudèrent en commun, et IBM produisit exclusivement les solutions techniques qui permirent à Hitler d’accélérer et d’accéler de multiples manières l’automatisation de sa persécution des Juifs, homosexuels, Témoins de Jehovah et autres que les Nazis considéraient comme ennemis. »

Plutôt édifiant, isn’t it ?

Alors, je me permettrais de recommander à la bande en gaie folie des dysalphabétisés de toute tendance de bien réfléchir. On ne sait jamais jusqu’où la fierté peut mener lorsque qu’un bon coup commercial est en vue.

Et pour enfoncer le clou, écoutez Edwin Black, 20 ans après la sortie de son livre : « IBM n’a jamais présenté d’excuses. Au contraire, elle a caché son rôle dans l’Allemagne nazie 4 . »

Comprenne qui peut, comprenne qui veut.

Antoine Solmer

1  : Les amateurs avertis auront reconnu la bonne et vieille paillarde. Charge à chacun d’en retrouver les paroles plus qu’osées. Vous êtes prévenus.

2  : https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/c-est-mon-boulot/ibm-geant-americain-de-l-informatique-et-defenseur-de-la-cause-lgbt_2837545.html

3  : https://writing.upenn.edu/~afilreis/Holocaust/black.html

4  : http://techrights.org/2021/04/25/edwin-black-2021/

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