L’UKRAINE : UNE “PETITE RUSSIE” EN QUÊTE D’IDENTITÉ, OU LA TENTATION DE LA GUERRE ?

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L’Ukraine : une “petite Russie” en quête d’identité, ou la tentation de la guerre ?

Ce Poutine, tout de même… quel salopard ! Quand on pense au mal qu’il se donne pour remettre la Russie au niveau et au rang qui devraient être les siens (ramenés à sa surface, à son histoire, à sa puissance, et à cette agression permanente dont l’accablent ceux qui ont décidé qu’il fallait les abattre, elle et lui…), il y a de quoi se faire du souci ! Pensez ! Un patriote… dans le monde d’aujourd’hui, où tous nos progressistes, et avec eux tout ce qui pense de traviole sur terre, n’ont pas de mots pour critiquer Nation, Patrie, Histoire, fierté, amour d’un drapeau, d’une Terre, d’un roman national… Ça leur ferait mal de réaliser enfin que l’URSS est morte et que la Russie ne demande qu’à l’oublier, autant que nous. Cette faute contre la pensée peut nous mener à la guerre ! Sont-ils stupides, à force de se croire intelligents ! 

Regardons les choses en face : le communisme est bien mort, heureusement enterré et, comme son alter ego de gauche, le nazisme d’atroce mémoire (aussi), pas près de renaître de ses sales cendres. Sur les ruines de la si peu regrettée URSS, la Russie, un autre pays – nouveau autant qu’il est ancien– a voulu rejoindre le concert des nations. Ah ! la pauvre ! Elle ne savait pas à quoi elle s’attaquait, ayant commis la double erreur (impardonnable aux yeux grand fermés de tous les progressistes rétrogrades… qui ont su s’ emparer des leviers de commande de l’Europe) de se recommander de l’Histoire non réinventée de manière politiquement correcte – donc farfelue – et de se souvenir des racines chrétiennes de sa Patrie –ce que les Jospin, Chirac et leurs successeurs (sauf un…) ont refusé, puisque c’était la vérité : on sait à quel point la Gauche peut avoir horreur de tout ce qui est vrai !

Tentative après tentative, refus après refus, soufflet après soufflet… Poutine, judoka et joueur d’échecs, a préféré faire cavalier seul : il a enfin compris que les idéologies perverses, masochistes, inefficaces et mortifères en vogue dans le camp de ceux qui tiennent par système à être ses ennemis ne peuvent mener à rien de bon, et il a donc choisi de “tenter le coup” d’une  authentique renaissance de la Russie, avec quelques excès, bien entendu (qui n’en fait pas, n’est-ce pas ?), mais aussi avec des résultats que nos lamentables dirigeants auraient intérêt à méditer... Pourtant, grâce à des campagnes de presse incessantes, le sentiment général, en Europe, est plus négatif qu’au temps maudit des cocos, comme si Vladimir Poutine était plus répressif, répulsif et dangereux que Lénine, Staline, Khrouchtchev et Brejnev réunis…  alors que, parallèlement, pour en revenir à notre sujet, on peut parler d’un effondrement symétrique, parfois mafieux, de l’Ukraine…

D’abord, l’habituel “retour sur images”. L’Ukraine, pays un peu plus vaste que la France (600.000 km2) mais moins peuplée (45 millions d’habitants), s’étend au nord de la mer Noire, de part et d’autre du Dniepr. À cause de leur parenté étroite avec la Russie, ses habitants ont été longtemps désignés par “Petits-Russiens”, ce qui est déjà un début d’indication. Mieux encore, c’est autour de Kiev, l’actuelle capitale de l’Ukraine, que la nation russe est née, aux alentours de l’An Mil, avant de se diviser en trois groupes principaux : les ‘’Russes russes’’ proprement dit, les Ukrainiens, et les Biélorusses, dont les langues nationales ont lentement et très légèrement dérivé par rapport à l’ancienne langue commune. Les tout premiers “Ukrainiens” revendiqués furent des paysans qui, au XVIe siècle, se constituèrent en communautés indépendantes, les Cosaques zaporogues (‘’les hommes libres au delà des rapides’’), devenus sujets polonais, après bien des sursauts de l’Histoire.

En 1654, las d’être maltraités par les Polonais, ils se placent sous la protection du tsar “de toutes les Russies”. Les Romanov, en pleine ascension, récupérèrent la rive orientale du Dniepr et, vingt ans plus tard, Kiev et Smolensk, ex-polonaises redevenues russes. Dans l’esprit des tsars, l’Ukraine a toujours été terre russe et n’a donc droit à aucun statut particulier (le métropolite de Kiev, chef religieux de l’Église orthodoxe ukrainienne, est placé sous l’autorité du patriarcat de Moscou). Avec l’échec en 1709 du “Hetman” (= chef cosaque) Mazeppa (célèbre grâce aux sublimes “Études transcendantales Mazeppa”, de Liszt), la reconquête de l’Ukraine par Moscou est totale, et tous les territoires ukrainien et biélorusse reviennent sous l’autorité du tsar. Il faudra attendre la première Révolution russe de 1905, pour que Nicolas II s’engage à respecter “les nationalités” (pas les nations). La révolution de 1917 verra la Rada centrale (copie des soviet russes) proclamer une République populaire ukrainienne, aussitôt dévorée, et russifiée “à mort” (dans le vrai sens du terme) par l’hydre communiste et par Staline : entre 5 et 6 millions d’ukrainiens vont mourir de faim (littéralement !) entre 1917 et 1933. Devant cette histoire tellement complexe, j’admire (enfin… un peu !) ceux qui prétendent qu’il n’y aurait pas la plus petite consanguinité entre Russie et Ukraine… et aucun droit de l’une sur l’autre.

Le mot “Ukraine” veut dire “frontière”. Marche entre les mondes orthodoxe et catholique, ce pays s’étire de fait aux marges du monde russe dont il a été le berceau, et ce n’est qu’en 1989 que la libéralisation du régime soviétique permit aux ukrainiens d’exister un peu (on se souvient de la blonde Ioulia Timochenko qui fit découvrir ce pays – et le rendit sympathique). N’étant indépendant que depuis 1991, il peine à trouver une place entre un Occident attirant mais lointain et une Russie proche mais crainte. Rappel : une des conditions mises par Gorbatchev à l’ouverture du monde communiste était “que jamais l’OTAN ne cherche à attirer les pays du Pacte de Varsovie dans son escarcelle”… promesse et engagement qui ont été clairement compris, alors, comme risquant d’être un possible “casus belli”. Mais  les politiciens ont la mémoire sélective, et Biden, alors que tout va mal pour lui, est sans doute ravi de ressortir un vieil ennemi détesté depuis la guerre froide !

Reste le cas de la Crimée, cet autre caillou dans les chaussures des cuistres qui nous dirigent. Russe depuis le XVIIIe siècle après avoir été possession ottomane pendant 300 ans (les pauvres !), elle est devenue un “oblast” (= territoire) de la République socialiste soviétique de Russie que Staline, jouant la simplification géographique, a rattaché à l’Ukraine, qui était alors partie intégrante de l’URSS : on changeait un meuble de place, à l’intérieur de la maison, rien de plus ! Ce n’est qu’en 1991 – c’est hier – la Crimée devint une ’’République autonome de Crimée’’, avec Simféropol pour capitale. Mais Sébastopol, le grand port de la Mer Noire, a le statut spécial de “ville fédérale”, comme le sont aussi Moscou et St-Petersbourg.

Je sais que c’est le “must” à la mode d’afficher un anti-poutinisme militant, en évoquant une brutalité que l’Histoire explique sans la justifier (et qui nous permet d’oublier tout ce qui, chez nous, n’est pas vraiment meilleur !). Il n’empêche : au regard de l’histoire-à-venir, son dossier “tient la route” bien mieux que celui des Occidentaux, soumis au bon vouloir des différentes Administrations US  qui, le plus souvent, poursuivent des objectifs qui ne sont pas les nôtres, et qui, encore plus souvent, commettent des erreurs énormes de lecture de l’Histoire et d’interprétation de réalités dont la complexité leur échappe. En fait, rien n’est jamais simple, ni tout blanc ou tout noir (il faut le dire aux tenants des théories racialistes anti blanches !).

Poutine, va-t-il persister dans son envie évidente de remettre de l’ordre dans cet État-croupion qui a tant de mal à ne pas exister, et de le faire “revenir au bercail” – tel que lui voit les choses ? L’OTAN, qui n’a rien à faire dans cette galère, va-t-elle céder à la tentation de voler au secours d’un État qui s’est engagé à ne jamais en être membre ? (NB : où est “l’Atlantique-Nord”, dans ce “montage” ?). Les pauvres européens vont-ils se laisser entraîner –par suivisme et par absence de colonne vertébrale– dans une spirale “à qui perd, perd”  voulue par les américains… et où ils n’ont vraiment rien à foutre et tout à perdre ? À la question :Devons-nous nous préparer à ’’mourir un jour pour Sébastopol”, ou pour Simféropol, Kiev, le Donbass, ou qui vous voudrez ?“… la réponse ’’NON” ne va pas de soi…

H-Cl

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