UN AMI EST PARTI… CLAUDE HENRION

La tristesse est grande. La perte l’est plus encore. Claude Henrion, ce blogueur infatigable mais surtout cet homme profond et majuscule, a quitté ce monde, comme il nous y préparait depuis longtemps. La maladie ne l’a pas épargné, et certains médecins non plus, comme il nous l’avait révélé. Personne n’est parfait, mais certains moins que d’autres.
Claude était un ami. Je n’oublierai jamais le jour où il vint me rencontrer dans un salon littéraire en m’apostrophant ainsi : « je veux que vous me publiiez ! » C’est ainsi que tout a commencé. C’est ainsi que nous avons passé des heures de travail, de rigolades et de tristes diagnostics sur l’état de notre civilisation, le tout assaisonné de jeux de mots et de retours vers « chez nous », avec notre accent et nos expressions d’un monde révolu. Et c’est ainsi que le temps nous emporte.

Mais ce qu’il emporte à court terme n’est que la poussière promise à la poussière. Il le faut pour bénéficier du temps éternel. Et de ce point de vue — au propre et au figuré — le temps ne lui manquera pas pour suivre de haut les catastrophes annoncées ici-bas. Le temps et la foi le portent déjà vers là où il le fallait.
Certains nous dirons que, à 92 ans, etc. Je leur répondrai à la manière de Zorba : « Des hommes comme lui devraient vivre mille ans ». Mais que représentent mille ans ? Une seconde dans l’éternité.

Alors, que représente la seconde où l’on apprend le départ d’un tel homme ? Le KO debout qui en annonce d’autres et que doivent ressentir aussi sa famille, ses amis et même ceux qui ont eu la chance de le connaître.

Parmi les membres de sa famille, ma pensée se focalise vers celle que j’ai eu la chance de rencontrer, Alexandra, une belle femme de haute vertu, mais aussi une des scientifiques les plus honteusement attaquées par les infâmes de toute espèce. Je sais qu’elle prie pour lui.

Triste consolation, mais consolation cependant, Claude a retrouvé sa chère Évelyne, dont nous avions apprécié la beauté, la distinction, et ensuite, le courage.

Qu’ils reposent en paix

Antoine Solmer

Très chers amis, lecteurs et correspondants, 

C’est avec une profonde tristesse que nous vous faisons part du rappel à Dieu de votre fidèle ami et serviteur de ce blog, Claude Henrion, ce dimanche 4 mai au petit matin.

Notre Papa et Bon Papa était devenu récemment nonagénaire ou non-agenaire, c’est-à-dire “sans âge” comme il l’avait écrit ici-même. Sa soif de partage et connaissance, ainsi que sa volonté de continuer à communiquer avec vous tous via ce blog nous avait laissés finir par croire que ses lignes ne s’arrêteraient jamais. Mais “fugit irreparabile tempus”…

Nous garderons ses milliers de blogs comme un héritage unique et particulier: sa vision précurseure, en-dehors de tout carcan contemporain, qui était irrésistiblement libre et cultivée. Vision elle-même fruit d’un héritage civilisationnel qu’il chérissait tant et qu’il nous encourageait à protéger et connaitre. Son humour aussi et ses multiples jeux de mots qu’il aimait essaimer tout au long de ses missives. Tout cela nous manque et nous manquera terriblement.

Pour dire lui dire adieu, une cérémonie religieuse sera célébrée le mercredi 7 mai à 15 heures en l’église Saint-Honoré-d’Eylau à Paris (16e).

L’inhumation aura lieu le vendredi 9 mai à 13h30 au cimetière Saint-Roch de Pontarlier (Doubs)

Famille Henrion

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2 réponses sur “UN AMI EST PARTI… CLAUDE HENRION”

  1. Merci pour ces mots.

    Ils m’ont profondément touchée. Vous avez su, avec justesse, tendresse et vérité, évoquer mon grand-père. Il aurait aimé ce que vous avez écrit.

    Merci d’avoir rappelé l’homme qu’il était : entier, passionné, drôle, lucide… Et profondément libre. Merci aussi pour avoir parlé de ma grand-mère Évelyne, qu’il a tant aimée et qu’il retrouve aujourd’hui.

    Votre hommage n’est pas seulement un adieu : c’est une trace, précieuse et vibrante, de ce qu’il a semé autour de lui. Je suis fière d’être sa petite-fille, et émue de voir que ses mots, ses combats et son humanité continuent de résonner.

    Avec reconnaissance,

    Victoria Caude

    1. Il est des commentaires que nous n’aurions pas souhaité quand ils répondent à un article que nous n’aurions jamais voulu écrire. Mais telle est la vie. Si ce blog peut tant soit peu compléter le regard que nous avions sur Claude, ne regrettons rien. Le temps va passer, va jouer son rôle. Nous nous habituerons, c’est-à-dire que nous ne serons pas détruits, au contraire, nous ferons revivre. De temps à autre je reprendrai des articles de Claude, puisque j’en avais son autorisation. De temps à autre… alors que j’aurais aimé vous les transmettre tous, tant ils pétillaient d’intelligence et de lucidité. Surtout, j’aurais aimé poursuivre, qu’il poursuive.
      Une chose me rassure. Quoi que j’écrive, quoi que je reprenne, il y aura « du Claude » quelque part. Car nous nous sommes dit tant de choses qu’elles ne peuvent pas être perdues, qu’elles se ravivent d’elles-mêmes. Et c’est comme cela que les idées survivent. Entre une flamme olympique théâtralisée et notre petit flambeau, je crois savoir où est la vraie lumière.
      Antoine Solmer

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